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Les Autochtones pressent Ottawa et Québec d'agir sans plus attendre

Johnny Wilde de Val d'Or, dont la fille Sindy Ruperthouse est disparue depuis 18 mois

Radio-Canada
Mis à jour le 

À Val-d'Or, les Autochtones lancent un cri du cœur au premier ministre désigné Justin Trudeau : ils veulent sans attendre une enquête nationale sur le sort réservé aux femmes autochtones à travers le pays.

C'est un père éprouvé qui en a formulé la demande vendredi en conférence de presse. Johnny Wilde, dont la fille Cindy Ruperthouse est portée disparue depuis 18 mois, a déclaré avec émotion : « M. Trudeau, notre nouveau premier ministre du Canada, allez tenir vos promesses de lancer sans attendre une enquête publique nationale sur les cas des femmes autochtones, disparues et assassinées ».

Cet appel déchirant s'inscrit dans la foulée de la diffusion d'un reportage à l'émission Enquête sur des allégations d'agressions sexuelles et d'abus de pouvoir qu'auraient perpétré des policiers de la Sûreté du Québec à l'encontre de femmes autochtones de Val-d'Or.

David Kistabish, chef de la Première Nation d'Abitibiwinni, demande lui aussi à Justin Trudeau de mettre sur pied l'enquête qu'il a promise « sans attendre davantage ». M. Kistabish réclame une « grande commission d'enquête publique » qui mènerait à un « sommet extraordinaire » réunissant tous les leaders du Québec.

« Le gouvernement du Québec ne peut plus rester indifférent et se cacher derrière le gouvernement fédéral, a déclaré David Kistabish. Il est temps de faire le point de nation à nation. MM. Couillard et Trudeau : je vous demande de passer immédiatement aux actes ».

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) invite toute personne désirant transmettre de l'information au sujet de ce dossier à communiquer avec les enquêteurs au 1 844-615-3118.

« Est-ce un cas isolé? » - Ghislain Picard 

Une enquête conduite par le Service de police de la Ville de Montréal a été enclenchée à la suite d'allégations portées contre huit policiers de la Sûreté du Québec de Val-d'Or. Ces agents sont soupçonnés d'agressions sexuelles et d'abus de pouvoir à l'endroit de femmes autochtones de cette région. Un neuvième agent, qui aurait été impliqué dans cette affaire, est décédé.

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard, se demande si les situations qui se seraient produites à Val-d'Or constituent « un cas isolé » ou bien si elles ne seraient pas « plutôt le reflet d'un malaise beaucoup plus large qui pourrait impliquer qu'il y ait des agissements ailleurs au Québec »?

Ghislain Picard se demande également si les policiers visés par les allégations reçoivent toujours leur salaire pendant qu'ils font l'objet d'un « retrait administratif », comme l'a annoncé la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault vendredi. « Je ne suis pas sûr de comprendre, d'expliquer le chef de l'APNQL, quand on dit que les policiers sont assignés à domicile, j'imagine qu'ils vont continuer à être payés? Ça n'a pas été clair. »

Il y a eu des situations dans certaines familles où il y a eu des enquêtes qui ont pu être bâclées. Des enquêtes dont on a fermé les dossiers trop rapidement ou qui traînent. Nous insistons sur l'importance d'effectuer un sérieux examen de l'application générale de la loi et de la justice lorsqu'il s'agit des communautés autochtones.

Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador

Dans un premier temps, vendredi, l'APNQL estimait que la commission parlementaire annoncée par Québec n'était pas suffisante, l'enjeu de la justice envers les Premières Nations dépassant ce cadre, dit l'Assemblée. Lors d'une entrevue, plus tard en journée, le chef Picard a expliqué que les chefs de l'APNQL préciseront leur position d'ici trois semaines quant à leurs demandes auprès des gouvernements. 

Les centres d'amitié autochtones se mobilisent

La directrice générale du Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or, Edith Cloutier, presse aussi Québec d'instaurer une enquête indépendante.

Elle croit par ailleurs qu'une « enquête gouvernementale qui aborderait spécifiquement le contexte de Val-d'Or devrait débuter rapidement. Pour Mme Cloutier, pareille enquête permettrait de se pencher non seulement sur les évènements malheureux mis au grand jour, mais aussi de créer un espace permettant de recueillir d'autres témoignages.

Au Regroupement des centres d'amitié autochtones du Québec (RCAAQ), on rappelle que les femmes autochtones qui vivent ou qui sont de passage dans les villes font l'objet de racisme et de discrimination, en plus d'éprouver des difficultés créées par la barrière de la langue ou encore par la difficulté de se trouver un emploi et un logement. Le RCAAQ cite « des préjugés et des comportements abusifs à l'égard des femmes autochtones, plus particulièrement de la part des autorités policières chargées de leur protection ».

Enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées

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Abitibi–Témiscamingue

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