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Fusillade à Moncton : la GRC a testé des armes qui peuvent devenir automatiques

Des centaines de citoyens de Moncton défilent devant la GRC en hommage aux 3 policiers tués
Des centaines de citoyens de Moncton défilent devant la GRC en hommage aux 3 policiers tués Photo: Sophie Langlois
Radio-Canada

La GRC a effectué des tests sur un éventail d'armes à feu semi-automatiques vendues au Canada et elle confirme que certaines peuvent être temporairement converties en mode automatique, selon une technique improvisée décrite sur Internet.

C'est la conclusion d'un rapport interne de la GRC produit à la suite du meurtre de trois de ses agents à Moncton l'an dernier. Le rapport a été présenté au ministre de la Sécurité publique.

Le commissaire de la GRC Bob Paulson a écrit au ministre Steven Blaney en décembre dernier pour lui communiquer le résultat des tests sur six armes à feu semi-automatiques, et il a recommandé que le gouvernement envisage des lois qui interdiraient la technique de modification de ces armes.

La GRC a aussi prévenu les autres corps policiers du pays. Selon M. Paulson, des criminels peuvent utiliser cette technique pour contourner l'interdiction des armes automatiques, ce qui augmenterait les risques de violence et de tueries.

Le ministre Blaney a toutefois répondu six mois plus tard que les changements proposés n'étaient pas nécessaires. Dans une lettre rédigée le 29 juin dernier, il affirme que les lois actuelles suffisent pour protéger le public.

CBC/Radio-Canada a obtenu cette correspondance grâce à la Loi sur l'accès à l'information. Certaines informations sont cependant raturées, dont le nom et la description de la technique de modification.

Dans un courriel, le ministre Blaney souligne qu'il est déjà illégal au Canada de modifier une arme semi-automatique pour qu'elle devienne automatique. Les contrevenants sont passibles d'une peine maximale de 10 ans de prison.

Justin Bourque, qui a tué trois agents de la GRC et qui en a blessé deux autres à Moncton en juin 2014, avait dit aux enquêteurs qu'il avait envisagé de modifier son arme à feu semi-automatique, mais il ne l'avait pas fait.

Notre dossier

En 2009 et en 2013, le Canada a interdit deux armes que l'on jugeait trop faciles à convertir en mode automatique. Dans un troisième cas, le ministre Blaney a autorisé pendant deux ans de plus la possession de deux autres modèles d'armes dont la GRC recommandait l'interdiction.

Le gouvernement Harper a par la suite adopté la loi C-42, en vertu de laquelle le Cabinet a le dernier mot lorsqu'il est question d'interdire ou non une arme à feu.

Dans leur plateforme électorale, les libéraux de Justin Trudeau promettent des mesures pour resserrer le contrôle des armes à feu, mais sans ressusciter le registre des armes à canon long que les conservateurs ont aboli. Les libéraux entendent notamment revenir sur les changements apportés par la loi C-42 afin que la décision sur l'interdiction d'armes relève des policiers au lieu des politiciens.

Avec les informations d'Alison Crawford et de Dean Beeby

Avec les informations de CBC

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