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Les bureaux de vote sont-ils assez accessibles aux personnes handicapées aujourd'hui?

Deux personnes handicapées se rendent dans un bureau de scrutin

Photo : Valérie Ouellet, ICI Radio-Canada

Radio-Canada

Rampe d'accès difficile à trouver, bénévoles mal préparés ou isoloir trop sombre...les défis peuvent être nombreux pour les électeurs handicapés qui veulent voter de façon autonome aujourd'hui. En ce jour d'élection, ils réclament des changements. 

Nos journalistes ont demandé à des électeurs handicapés de partager leur expérience.

Un dossier de Laurence MartinTwitterCourriel et de Valérie OuelletTwitterCourriel

#1 Maayan Ziv, électrice dans Richmond Hill

Légende. Photo : R-C/Valérie Ouellet

À sa première expérience, Maayan Ziv remarque déjà une faille importante pour elle : la difficulté à trouver une rampe d'accès pour se rendre à son bureau de vote.

La jeune femme se déplace en fauteuil roulant. Elle était d'ailleurs munie de son formulaire d'accessibilité d'Élections Canada.

Maayan Ziv s'est aussi butée à des portes non automatiques, plutôt qu'à des portes munies d'un bouton pour les ouvrir ou qui s'ouvrent toutes seules grâce à un oeil magique.

Elle a finalement pu entrer après avoir sollicité l'aide d'électeurs qui se rendaient au même endroit qu'elle.

#2: Ari Margolis, électeur dans Toronto St-Paul

Légende. Photo : R-C/Valérie Ouellet

Ari Margolis est malvoyant et pour lui le vote s'est bien passé, mais « je ne savais pas qu'il y avait un formulaire que je pouvais remplir ».

« Ils avaient une loupe. J'ai dû demander au début, mais ils ont été capables de m'aider », ajoute-t-il, regrettant toutefois qu'il n'y ait pas de machine électronique, comme pour les scrutins provincial et municipal pour que les personnes handicapées puissent voter.

#3 Neil Mercer, électeur dans Toronto-Centre

Légende. Photo : R-C/Valérie Ouellet

Neil Mercer se déplace en fauteuil roulant et il a de la difficulté à bouger ses mains.

Il aurait aimé voter de façon complètement autonome, mais il a dû demander à quelqu'un d'Élections Canada de cocher la case de son choix dans l'isoloir.

Aux élections provinciales, ils ont des machines électroniques qui permettent de voter seul. Je n'ai qu'à appuyer sur un bouton. C'est beaucoup plus secret comme façon de voter.

Neil Mercer, électeur handicapé dans Toronto-Centre

#4 Rachel Esdaille et Christene Rowntree, électrices dans Toronto-Centre

Légende. Photo : R-C/Valérie Ouellet

Rachel Esdaille et Christene Rowntree se sont rendues à l'adresse écrite sur leur carte électorale, avant de constater que l'entrée au bureau de scrutin était plus loin.

Elles disent que les employés d'Élections Canada étaient serviables, mais les ont fait attendre quelques minutes sans leur expliquer ce qui se passait. 

C'est un peu humiliant pour moi d'entrer là et de dire ''oui j'ai besoin d'aide''. Automatiquement, les gens assument que tu ne comprends pas ce qui se passe, que tu n'es pas informée. Mais je peux le faire! 

Christene Rowntree, électrice handicapée dans Toronto-Centre

Elles croient que voter par courriel au moyen d'un site web protégé serait une option plus rapide, facile et efficace. 

#5 Julie Lanoix, électrice dans Algoma-Manitoulin-Kapuskasing

Julie Lanoix est malvoyante. Elle a constaté de « graves lacunes en matière d'accessibilité » dans son bureau de vote de Hearst.

Lorsque je me suis rendue à l'isoloir, j'ai constaté qu'il n'était pas du tout éclairé. La lumière de la salle ne s'y rendait pas du tout. À titre de personne malvoyante, cela me pose de sérieux problèmes.

Julie Lanoix, électrice handicapée dans Algoma-Manitoulin-Kapuskasing

Elle a demandé à voter dans un isoloir mieux éclairé. On lui a plutôt offert de lui lire la liste des candidats sur le bulletin de vote en ordre et de l'aider à cocher la bonne case.

Une situation déplorable selon Julie Lanoix. Elle suggère qu'au prochain scrutin, Élections Canada fasse appel à des personnes handicapées pour vérifier si un bureau est bel et bien accessible, avant le jour du vote.

À quel point les lieux de scrutin sont-ils accessibles?

En 2010, une décision du Tribunal canadien des droits de la personne exigeait qu'Élections Canada revoie son approche sur l'accessibilité des bureaux de scrutin au pays, après une plainte d'un homme handicapé de Toronto.

À la suite de cette plainte, Élections Canada a mis sur pied une nouvelle grille d'accessibilité et réévalué quelque 28 000 lieux de scrutin selon 15 critères obligatoires. 

Selon les résultats présentés en septembre, près de 96 % des lieux de scrutin au pays respectent les critères obligatoires, notamment la présence d'un accès sans escalier, une porte d'entrée qui s'ouvre aisément et des allées sans obstacle.  

Cliquez ici pour voir notre infographie (Nouvelle fenêtre)

De nouvelles mesures ont aussi été mises en place cette année, explique la porte-parole d'Élections Canada, Nathalie De-Montigny.

Nous avons de nouveaux outils de vote : des loupes qui grossissent les caractères des bulletins de vote, des bulletins de vote en braille ou en gros caractères.

Nathalie De-Montigny, porte-parole d'Élections Canada.

Élections Canada encourage les électeurs handicapés à rapporter les problèmes en se servant de son nouveau formulaire de commentaires sur l'accessibilité disponible dans tous les lieux de vote ainsi qu'en ligne.

On souligne également que l'accessibilité du vote fera partie du rapport émis par le directeur général des élections après le scrutin. 

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