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De jeunes enseignants abandonnent le métier : témoignage d'une ex-enseignante

Radio-Canada

Une nouvelle étude soutient que près 25 % des enseignants qui ont moins de 5 ans d'expérience abandonnent leur fonction. Selon le Centre de recherche interuniversitaire sur les enseignants, la lourdeur liée à la gestion des classes est l'un des facteurs qui amènent les nouveaux professeurs à décrocher. Une jeune enseignante de la région qui a abandonné son travail récemment témoigne de ce qu'est la réalité du domaine de l'éducation.

Avec les informations de Vanessa LimageTwitterCourriel

L'ex-enseignante en anglais langue seconde à Rouyn-Noranda, Marie-Pier Belisle n'est pas étonnée par les conclusions de l'étude. Elle confirme que le nombre d'étudiants par classe lui a semblé démesuré.

Beaucoup d'élèves dans les classes... moi je trouvais que ça n'avait pas vraiment d'allure d'avoir 28 en 5e ou 6 année. Ce qui est difficile aussi, c'est la précarité d'emploi. On ne sait jamais d'une année à l'autre à quoi on va s'attendre. Moi, mes premiers contrats c'était 50 % de tâche. Alors 50 % de salaire, au premier échelon, ce n'est pas une paye qui fait en sorte que tu peux être autosuffisant. De paqueter ses choses à la fin de chaque année scolaire en ne sachant pas ce qui nous attend l'automne prochain, ça vient lourd, ça vient grugeant.

Marie-Piere Belisle

Mme Belisle a abandonné le métier après l'avoir pratiqué durant 2 ans.

Selon le syndicat de l'enseignement de l'Abitibi-Témiscamingue, ces données ne sont pas nouvelles. Par contre, le président du syndicat, Luc Gravel, rappelle l'importance d'agir rapidement pour changer la donne.

En amont, on pourrait penser au niveau de la formation des maîtres peut-être d'intégrer davantage de cours au niveau de la gestion de groupe, de la gestion de crise. Aussi, en aval, on pourrait demander à certains enseignants en fin de carrière de laisser aller un groupe, de réduire leur tâche, pour accompagner des enseignants qui commencent. Mais vous comprendrez qu'actuellement, des solutions comme celles-là, quand on a affaire à un gouvernement qui a une logique comptable et qu'il n'y a seulement que la colonne des dépenses qui compte, bien, quand on parle de réduire les tâches, ça entraîne des coûts supplémentaires... il y a une fermeture du côté gouvernemental.

Luc Gravel

Le Bureau du ministre de l'Éducation soutient que c'est « une préoccupation » et que cet automne un nouveau projet de loi « permettra aux écoles d'avoir une plus grande flexibilité dans l'organisation des services ».

Marie-Piere Belisle, ex-enseignante

Marie-Piere Belisle, ex-enseignante

Photo : ICI Radio-Canada / Vanessa Limage

Abitibi–Témiscamingue

Éducation