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La malaria comme remède contre le cancer?

Mads Daugaard est le scientifique qui a dirigé la recherche sur la protéine de la malaria comme cure contre le cancer.

Mads Daugaard est le scientifique qui a dirigé la recherche sur la protéine de la malaria comme cure contre le cancer.

Photo : UBC

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une protéine issue de la malaria pourra potentiellement soigner le cancer, selon des scientifiques de l'Université de la Colombie-Britannique (UBC), de la Régie de la santé Vancouver Coastal et de l'Agence britanno-colombienne de lutte contre le cancer.

Les chercheurs indiquent qu'une protéine de la malaria, mélangée à plusieurs toxines, a permis d'arrêter le développement de tumeurs de plusieurs tailles chez des souris auxquelles on avait implanté des tumeurs cancéreuses humaines.

« C'est presque ironique de voir qu'une maladie aussi destructive que le paludisme peut potentiellement être exploitée pour traiter le cancer », a commenté Ali Salanti, professeur en immunologie et microbiologie à l'Université de Copenhague, partenaire de UBC dans cette recherche.

Découverte inattendue

La découverte a surpris les équipes de chercheurs qui y sont parvenus presque par hasard, alors qu'ils tentaient d'expliquer pourquoi les femmes enceintes sont particulièrement susceptibles d'attraper la malaria. Les équipes ont, en fait, découvert que cette maladie transmise par les moustiques produisait une protéine qui se fixe sur une molécule de sucre présente dans le placenta.

« Cette même molécule est également présente dans la plupart des cancers », indiquent-ils dans un communiqué de presse (en anglais) (Nouvelle fenêtre). Ce trait commun peut s'expliquer par le fait que le cancer, comme les placentas, a tendance à grandir et se développer très rapidement, grignotant bien souvent d'autres tissus sur leur passage.

Depuis des décennies, des scientifiques cherchent à établir des similarités biochimiques entre le placenta et le cancer. Mais nous n'avions pas la technologie pour y parvenir.

Une citation de :Mads Daugaard, chercheur en chef, UBC, Vancouver Prostate Centre, Régie de la santé Vancouver Coastal

Les chercheurs se sont ainsi rendu compte que la molécule de sucre pouvait représenter une cible sur laquelle la protéine de la malaria appelée VAR2CSA viendrait se fixer. Autrement dit, VAR2CSA pourrait être un bon vecteur pour s'attaquer aux molécules de sucre et donc aux tumeurs cancéreuses.

La malaria, aussi appelée paludisme, est une maladie infectieuse transmise par le moustique qui peut être mortelle. Elle se caractérise par des accès de fièvre, des maux de tête ou encore des vomissements. Selon l'Organisation mondiale de la Santé, cette maladie a été à l'origine de 600 000 décès en 2013, dont une grande majorité en Afrique subsaharienne.

Essais sur les humains à venir

Contrairement à la chimiothérapie, le composé à base de protéine VAR2CSA et de toxines, développé par les scientifiques, permet de détruire les cellules cancéreuses sans abîmer les cellules saines du malade. Une manière d'offrir un traitement contre le cancer bien plus supportable et moins nocif pour la santé.

Deux compagnies pharmaceutiques, Kairos Therapeutics à Vancouver et VAR2 Pharmaceuticals à Copenhague, sont déjà en train de développer ce composé en vue de procéder à des essais cliniques sur l'humain. La procédure devrait prendre trois à quatre ans.

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