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Déversement d'eaux usées : les Autochtones s'en mêlent

Pancarte à l'entrée d'Odanak
Radio-Canada

Une autre épine dans le pied de la Ville de Montréal : les Abénaquis du Québec, dont le territoire comprend le lac Saint-Pierre, exigent d'être consultés dans le dossier du déversement des eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent. Ils demandent aussi à Québec de révoquer son autorisation pour le rejet d'égouts de huit milliards de litres.

Un texte de Thomas GerbetTwitterCourriel

Dans deux lettres adressées à la ministre fédérale de l'Environnement Leona Agglukaq et à son homologue provincial David Heurtel, le chef Denis Landry rappelle que les membres de sa nation pêchent et chassent des espèces de sauvagines dans le lac Saint-Pierre en plein durant la période visée par le déversement. « Nous nous inquiétons pour la santé de nos membres », écrit-il.

Quand on parle de déchets solides, on parle aussi de seringues, d'aiguilles souillées qui vont se ramasser sur les berges. On retrouve déjà des vieux préservatifs, puis du papier de toilette quand on va à la pêche. Pourtant, les villes n'ont toujours pas l'autorisation de laisser aller des déchets solides.

Denis Landry, chef de la Nation Abénaquis du Québec

Les Abénaquis du Québec, qui vivent dans les communautés d'Odanak et de Wôlinak, regrettent d'avoir appris dans les médias la planification de ce déversement.

De même, les municipalités en aval de Montréal n'avaient pas été prévenues avant que l'affaire soit révélée, mais contrairement aux Abénaquis, elles ont été informées par la suite.

La biosphère du Lac Saint-Pierre, à vue d'oiseauAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La biosphère du Lac Saint-Pierre, à vue d'oiseau.

Photo : Tourisme Sorel-Tracy

Obligation de consulter

Le chef Denis Landry rappelle aux représentants de la Couronne leur « obligation de consulter » les Premières nations et, le cas échéant, « d'accommoder les peuples autochtones ».

Sa nation considère que le certificat d'autorisation émis par le gouvernement du Québec à la Ville de Montréal pourrait avoir « des effets gravement préjudiciables » sur l'exercice de ses droits ancestraux et de ses droits issus de traités.

Le lac Saint-Pierre a été désigné Réserve mondiale de la biosphère par l'UNESCO en raison de son écosystème, des espèces et sa biodiversité. Il est considéré par plusieurs experts comme les « reins » du fleuve en raison de son action de filtration des eaux.

Au Québec, la nation abénaquise délimite son territoire ancestral de Rivière-du-Loup jusqu'à la rivière Richelieu (limites est-ouest) et du fleuve Saint-Laurent jusqu'à Boston (limites nord-sud).

Les maires de Sorel-Tracy et de Trois-Rivières ont aussi dénoncé les intentions de la Ville de Montréal de déverser le tiers des égouts de la métropole durant sept jours.

Le rejet est planifié du 18 au 25 octobre, mais Environnement Canada en a demandé la suspension, le temps de vérifier s'il existe des alternatives.

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Mauricie et Centre du Québec

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