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Santé mentale : Louis-Philippe Gingras raconte son combat contre la maladie

Louis-Philippe Gingras
Louis-Philippe Gingras
Radio-Canada

En cette semaine de la sensibilisation aux maladies mentales, Louis-Philippe Gingras, auteur-compositeur-interprète originaire de Rouyn-Noranda, a accepté de témoigner à propos de ses expériences en tant que porte-parole de l'Association québécoise des programmes pour premiers épisodes psychotiques (AQPPEP). Johanne Gagné, de l'organisme Le Portail, ainsi que Solène Bernier, qui a reçu un diagnostic de trouble de l'humeur, ont aussi parlé des préjugés et de la stigmatisation liés à la maladie mentale.

Louis-Philippe Gingras vit avec un trouble bipolaire, une maladie qui se caractérise par des épisodes « up et down, c'est-à-dire des hauts de montagne et des creux de montagne », dit-il.

Après avoir fait une première psychose en 2013, M. Gingras a été soigné à la clinique JAP pour jeunes adultes ayant connu un épisode psychotique, à Montréal. Celle-ci fait partie du réseau de l'AQPPEP.

« L'AQPPEP, c'est un organisme et c'est aussi un réseau de cliniques qui sont spécialisées en intervention précoce lors de psychoses dans leur premier épisode, c'est-à-dire souvent de jeunes adultes qui en sont à leur première psychose », explique le musicien.

Le réseau de l'AQPPEP est composé d'« environ 12 cliniques au Québec, mais il n'y en a malheureusement pas en Abitibi-Témiscamingue, déplore-t-il. Mais il y a encore des cliniques qui s'ouvrent un peu partout, alors j'ai espoir que peut-être un jour il y ait une ouverture pour qu'il y en ait une en Abitibi. »

Plusieurs facteurs l'ont mené vers son premier épisode psychotique. Il cite notamment une dépression mal soignée, des épisodes affectifs difficiles et même la consommation de certaines drogues.

Le fait d'avoir un diagnostic précis lui a permis de commencer à travailler sur sa maladie et de connaître la médication qui pourrait l'aider, notamment.

J'ai été vraiment chanceux, j'ai eu un super bon support tant au niveau professionnel qu'amical et familial. Ce qui m'aide beaucoup c'est d'en parler publiquement pour aider à démystifier ce qui s'est passé. Les tabous baissent tranquillement, mais ça persiste encore. Moi, j'ai clairement manqué une opportunité de travail parce que l'employeur pensait qu'une personne vivant avec une maladie telle n'était pas employable.

Louis-Philippe Gingras

Voici notre entrevue complète avec Louis-Philippe Gingras.

Le Portail de Rouyn-Noranda, qui est un regroupement de personnes et amis de la personne qui souffre de troubles de santé mentale, s'attaque cette année aux préjugés et à la stigmatisation liés à la maladie mentale. Johanne Gagné, directrice de l'organisme, soutient que les proches de personnes vivant avec une maladie mentale hésitent à parler de la maladie.

Plus que jamais les gens sont confrontés aux préjugés. La maladie mentale, peu importe le type de maladie mentale, la population, n'est pas très ouverte. Par exemple, si un de nos proches a le cancer, c'est sûr que ce n'est pas facile d'en parler. Mais on va en parler quand même. 73 % des gens vont parler à leurs proches, leur employeur, à leur entourage qu'une de leur proche a le cancer. Alors qu'il y en a très peu qui vont exprimer ouvertement qu'un de leurs proches est atteint de maladie mentale.

Johanne Gagné

Solène Bernier, de Rouyn-Noranda, a reçu un diagnostic de trouble de l'humeur. Elle a également accepté de témoigner quant à sa situation. « Ça fait sept ans que je suis rétablie [...], c'est à partir du moment où j'ai commencé à en parler, et je voulais en parler pour démystifier ce qu'est un trouble mental, et que les gens se sentent plus à l'aise d'en parler [...], que j'ai eu à faire face à quelques préjugés. Je pense que les préjugés sont vraiment liés à la méconnaissance, et donc, à la peur », a-t-elle dit.

Mme Gagné a insisté sur l'importance de parler de la maladie mentale.

Voici notre entrevue complète avec Johanne Gagné et Solène Bernier.

Abitibi–Témiscamingue

Santé