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Chéticamp : une communauté oubliée par les politiciens

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La politique fédérale ne semble plus être une priorité pour les résidents de Chéticamp, en Nouvelle-Écosse. Ces électeurs représentent qu'une infime partie de la vaste circonscription de Cape Breton-Canso et ils se sentent souvent oubliés par les politiciens.

La politique fédérale ne semble plus être une priorité pour les résidents de Chéticamp, en Nouvelle-Écosse. Ces électeurs représentent qu'une infime partie de la vaste circonscription de Cape Breton-Canso et ils se sentent souvent oubliés par les politiciens.

Un reportage de Audrey RoyTwitterCourriel

Presque tout le monde se connaît dans ce petit village de 3040 âmes, dont la majorité est francophone. Au café du coin, les retraités se rencontrent pour échanger sur divers sujets, mais la politique prend rarement une place importante dans leurs discussions. 

Trois résidents de Chéticamp rencontrés au café du coin.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Trois résidents de Chéticamp rencontrés au café du coin.

Photo : ICI Radio-Canada/Peter Dawson

Difficile de croire qu'il y a une élection fédérale dans une dizaine de jours. Il n'y a que deux affiches électorales dans le village; toutes deux libérales.

« On ne les voit pas, les autres candidats, on voit juste le libéral », lance Patrick Leblanc. « C'est le seul candidat qu'on voit, de temps en temps il vient à Chéticamp. Les autres on ne les connaît pas, on ne les a jamais vus. On les verrait sur la rue et on ne les reconnaîtrait pas », ajoute André Camus.

« Je ne vois pas de sign du NPD, je ne vois pas de sign de conservateur, tu ne vois rien! Il y a un sign de libéral, tu le vois ici et là, et c'est tout ce que tu vois. Alors on ne sait pas qui est dans la course », fait remarquer Philippe Camus.

C'est peut-être ce qui explique ce désintérêt de la part des électeurs de Chéticamp. Ils seront donc nombreux à voter pour le seul candidat qu'ils connaissent : le candidat libéral.

« Je ne pense pas que l'intérêt est là, des promesses, des promesses, des promesses... après un bout de temps, les gens ne vont plus voter. J'entends encore les mêmes histoires. Promets-moi le pas si tu ne le feras pas! Il [le candidat] te promet la lune et ne te donne rien », ajoute André Camus.

« La plupart du monde n'est pas intéressé pantoute. Est-ce que les gens vont voter? Ça reste à voir », affirme Jean-Paul Babineau, un camionneur d'expérience. Moi j'ai envie de prendre une chance et de voter pour quelqu'un qui a plus de bon sang que le faux. Et il n'y en a pas beaucoup! »

Affiche électorale du candidat libéral, Rodger Cuzner.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les seules affiches électorales à Chéticamp sont à l'entrée et à la sortie de la ville, toutes libérales.

Les libéraux ont remporté les cinq dernières élections dans la circonscription Cape Breton-Canso. Elle est représentée depuis 2004 par le libéral Rodger Cuzner, qui était député dans l'ancienne circonscription de Bras d'Or-Cap Breton depuis 2000. Il affronte le conservateur Adam Rodgers, la néo-démocrate Michelle Smith et le candidat du Parti vert, Maria Coady.

Le professeur de science politique de l'Université du Cap-Breton David Johnson croit que cette circonscription est un siège assuré pour les libéraux.

Les résidents de Chéticamp veulent des emplois

L'économie de Chéticamp est principalement basée sur la pêche et le tourisme. « Si tu ne vis pas de la pêche ici, tu ne peux pas survivre », note Patrick Leblanc.

La saison de la pêche est maintenant terminée et la saison touristique tire à sa fin. Les restaurants et les hôtels s'apprêtent à fermer leurs portes pour la saison morte. De nombreux travailleurs se retrouvent donc sans emploi pour les prochains mois.

Les emplois payants sont très rares, ce qui pousse les jeunes à partir. Ils sont très nombreux à travailler dans l'Ouest, où il y a du travail bien rémunéré. Par contre, avec la baisse de prix du pétrole, ils sont de plus en plus nombreux à revenir à la maison, même s'il n'y a pas plus de travail qu'avant.

Il n'y en a pas d'emplois, donc les jeunes vont ailleurs. C'est triste, mais c'est ça

Marie-Cécile Haché, résidente de Chéticamp

Les résidents de Chéticamp aimeraient que les gouvernements amènent des industries dans la région pour pouvoir garder les jeunes. Mais avec le transport qui coûte cher, peu d'entrepreneurs veulent venir s'installer au Cap-Breton.

Les enjeux principaux de Cape Breton-Canso

  • La création d'emplois
  • La démographie
  • La pêche

La population de Chéticamp se fait donc vieillissante et la majorité des résidents sont retraités. Certains d'entre eux n'osent pas imaginer de quoi aura l'air leur village dans une dizaine d'années. « Dans cinquante ans, il n'y aura pas grand-chose ici », croit Mme Haché.

Mme Laurette Bourgeois souligne qu'il faudra investir dans la santé et les soins longue durée. Elle rappelle que la résidence pour aînés déborde déjà et que la liste d'attente est longue. « Il va falloir accommoder les vieux, je crois bien », affirme-t-elle.

À moins de deux semaines des élections fédérales, les électeurs de Chéticamp craignent d'être encore une fois oubliés par les politiciens. Ils ont peu d'espoir de voir du changement dans leur région. C'est sans doute pourquoi un grand nombre d'entre eux ne voteront pas le 19 octobre, ou voteront les yeux fermés.

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