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Coderre donne trois jours à Ottawa pour régler avec lui le dossier des eaux usées

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Un navire arrive à Montréal.

Un navire arrive à Montréal.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Trois jours : voilà le temps que donne Denis Coderre à la ministre fédérale Leona Aglukkaq, ou à quiconque d'Environnement Canada, pour venir discuter du projet controversé de déversement de huit milliards de litres d'eaux usées dans le fleuve St-Laurent.

C'est que Leona Aglukkaq a soulevé l'ire du maire de Montréal mardi en demandant, par voie de communiqué à Montréal, de surseoir à ce projet, prévu entre le 18 et le 25 octobre prochains. La ministre trouve « très préoccupante » cette intention de la Ville de Montréal et de Québec et elle réclame que soit menée une évaluation appropriée de la situation.

Pour Denis Coderre, le communiqué de la ministre de l'Environnement « n'a pas de valeur juridique ». À la question de savoir s'il irait jusqu'à défier la requête d'Ottawa, le maire a tranché que le cas échéant il ferait « une autre conférence de presse », sans répondre plus précisément.

« Il n'y a pas d'autres options » que ce déversement rendu nécessaire par la construction d'une nouvelle chute à neige dans le cadre des travaux de réaménagement de l'autoroute Bonaventure », insiste le maire Coderre.

Rappelons que les travaux majeurs pour abaisser la structure de l'autoroute Bonaventure exigent de déplacer la chute d'un méga-égout du sud de la municipalité, située directement dans la zone de travaux.

Le maire se dit prêt à en débattre avec le fédéral mais il soutient du même souffle qu'en s'objectant au projet, Ottawa « met en péril nos usines d'épuration d'eau » Car, dit-il en substance, plus on attend, plus il peut y avoir des bris et plus notre capacité à traiter les eaux dans l'usine d'épuration risque d'être compromise. 

J'en appelle au sens de la responsabilité d'Environnement Canada, je m'adresse aux fonctionnaires : si on veut s'asseoir une dernière fois pour quelques jours, on va le faire en anglais ou en français, pas de problème et on vous donnera d'autres réponses et vous nous proposerez des réponses ou des solutions. Venez vous asseoir. 

Denis Coderre, maire de Montréal
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Pourquoi ce déversement d’eaux usées?

« Des petits points politiques »

Le maire de Montréal soutient qu'Environnement Canada « a ce dossier-là entre les mains depuis septembre 1994 ». Or, si le fédéral ne réagit que maintenant, c'est parce qu'une campagne électorale est en cours, argue Denis Coderre qui s'insurge contre le fait qu'on confère un aspect politique à cette affaire.

On a un gouvernement canadien qui veut gagner des petits points politiques parce qu'ils sont à la croisée de leur chemin.

Denis Coderre, maire de Montréal

Ottawa se dit préoccupé

« J'ai demandé à Environnement Canada d'explorer différentes options qui permettraient de prévenir ce déversement pendant que nous recueillons plus d'information sur les conséquences environnementales des plans élaborés par la Ville de Montréal, a affirmé la ministre par voie de communiqué. Je demande au maire (de Montréal Denis) Coderre d'interrompre l'exécution de ses plans pendant la tenue d'une évaluation en bonne et due forme ».

L'article 36.3 de la Loi des Pêches stipule qu'il est interdit d'immerger ou de rejeter une substance nocive dans des eaux où vivent des poissons. À la demande de la ministre, Environnement Canada a contacté la Ville pour obtenir plus d'informations sur ses plans et évaluer les conséquences environnementales possibles.

Denis Lebel, ministre de l'Infrastructure et des Affaires intergouvernementales, parlant au nom de la ministre Aglukkaq

« On s'est basés sur des faits », dit David Heurtel

Le ministre de l'Environnement du Québec, David Heurtel, n'a pas tardé à réagir en affirmant qu'à son avis, le fédéral n'avait pas pris de décision à proprement parler.

Le ministre a répété que Québec avait accepté la proposition de l'administration Coderre, « la seule décision possible dans les circonstances », a-t-il répété, rappelant que son ministère s'était « basé sur des faits et des évaluations sérieuses ».

Maintenant qu'Ottawa a demandé une suspension, David Heurtel s'inquiète des délais. Car, explique-t-il en substance, tant les experts de l'environnement que ceux de la faune ont recommandé que le déversement se fasse dans la période la plus courte possible et, surtout, à une période de l'année où il entraînerait le moins d'impact possible. Ce qui explique la raison pour laquelle Québec et Montréal ont porté leur choix sur la semaine du 18 au 25 octobre.

David Heurtel se demande maintenant ce qu'il adviendra. « Si on prend trop de temps ça pourrait avoir un impact encore plus néfaste sur l'environnement », dit-il. 

Philippe Couillard a « complètement » confiance en M. Heurtel

Déversement d'eaux usées dans le fleuve Saint-LaurentAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Déversement d'eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent

Photo : ICI Radio-Canada

De son côté le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a refusé d'obtempérer aux demandes de la Coalition Avenir Québec (CAQ) qui réclame la démission du ministre Heurtel.

Le premier ministre a rétorqué qu'il a « complètement » confiance en M. Heurtel et que ce dernier a « très bien travaillé depuis un an ».

Mais pour François Bonnardel, « la gifle » qu'inflige Mme Aglukkaq à David Heurtel constitue « un autre échec » pour ce dernier.

Pour manifester son opposition au déversement, le député caquiste, François Bonnardel y va d'une image sans équivoque : « c'est comme s'il y avait 1,5 milliard de Montréalais qui en même temps "flushaient" leur bol de toilette dans le fleuve St-Laurent et le ministre et le gouvernement nous disent on veut redonner le fleuve aux citoyens ».

Est-ce qu'on veut faire du fleuve St-Laurent le Gange du Québec ? Le Gange qui est le fleuve le plus pollué au monde.

François Bonnardel, député de la CAQ dans Granby

Selon Mathieu Traversy du Parti québécois (PQ), David Heurtel est un ministre « isolé » qui « manque de transparence ». Les Libéraux du Québec sont en train de faire des Conservateurs à Ottawa un parti vert, raille-t-il en susbtance. 

Paris Match consacre un texte sur la question

L'intention de l'administration montréalaise de rejeter 8 milliards de litres d'eaux usées dans le fleuve a attiré l'attention de Paris Match qui la souligne dans son édition de mardi sur Internet. « L'équivalent de 2600 piscines olympiques », cite Paris Match, qui note également que « les Canadiens ont lancé une pétition pour contester cette décision ».

Avec les informations de La Presse canadienne

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