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Un club privé manitobain aux prises avec un conflit sur l'admission des femmes

La statue de colons de Selkirk sur la promenade Waterfront, au pied de l'avenue Bannatyne.

La statue de colons de Selkirk sur la promenade Waterfront, au pied de l'avenue Bannatyne.

Photo : Google Street View

Radio-Canada

Un club privé manitobain ira devant les tribunaux pour tenter de résoudre un différend interne quant à sa décision de permettre aux femmes d'y être admises.

Le conseil d'administration de la St. Andrew's Society de Winnipeg, le plus ancien club privé écossais de l'Ouest canadien, a approuvé la candidature de quatre femmes au début de septembre.

Jusque-là, durant ses 145 ans d'existence, ses quelque 300 membres ont toujours été des hommes d'origine écossaise.

La décision d'admettre des femmes a été prise lors de l'assemblée générale annuelle de l'organisation en novembre 2014, une décision qui ne faisait pas l'unanimité.

« Un groupe minoritaire dissident a, depuis ce temps et jusqu'à aujourd'hui, maintenu son opposition à cette décision. Ils ont tenté de contourner les objectifs et de faire dérailler les activités du club », affirme la St. Andrew's Society dans un communiqué publié lundi.

Le président du conseil d'administration du club, James Christie, explique que le différend est en partie dû à des interprétations divergentes d'un vieux règlement.

« Il suggère que les anciens présidents de l'organisation ont un droit de veto, non seulement sur les décisions du conseil de gérance prises entre les assemblées générales, mais qu'ils ont également un droit d'approbation ou de refus des décisions prises par l'ensemble des membres du club », explique-t-il.

« Une sagesse autoperçue »

James Christie soutient que c'est un petit groupe composé d'anciens présidents et de quelques autres personnes qui soulève constamment le débat lors des réunions.

M. Christie affirme avoir tenté à plusieurs reprises de régler le désaccord « de bonne foi », en vain.

« Franchement, ce conflit commence à perturber la capacité du club à travailler sur ses principaux objectifs, soit la préservation et la promotion de la culture et du patrimoine écossais au Manitoba », dit-il.

Nous sommes convaincus que ce petit, très petit groupe de membres dissidents ne souhaite tout simplement pas faire le saut au 21e siècle et comprendre que « les personnes » signifie autant « les femmes » que les hommes de descendance écossaise.

James Christie, président du conseil d'administration de la St. Andrew's Society de Winnipeg

La plupart des membres dissidents sont « très âgés », ajoute James Christie.

Leur point de vue sur les femmes dans la société canadienne est mort et devrait être mort.

James Christie, président du conseil d'administration de la St. Andrew's Society de Winnipeg

Un souper pour hommes seulement

Le club privé organise bientôt un souper de collecte de fonds pour fêter ses 145 ans d'existence. Toutefois, les membres rebelles ont prévu un événement séparé pour hommes seulement.

Pour le président actuel, il est clair que ce conflit ne se résoudra pas à l'interne. De plus, les statuts, tels que rédigés, pourraient conduire à des conflits futurs. Ce sont ces raisons qui l'ont poussé à demander aux tribunaux de trancher.

Quatre autres femmes sont censées devenir membres de la St. Andrew's Society de Winnipeg la semaine prochaine.

Radio-Canada a tenté de joindre deux anciens présidents du club, David M. Kilgour et Don Comack.

M. Kilgour a refusé de se prononcer sur la tourmente actuelle, mais affirme avoir voté pour l'admission des femmes en novembre 2014.

Quant à M. Comack, il n'était pas joignable, mais il a indiqué à Radio-Canada par l'entremise de M. Kilgour qu'il ne commenterait pas le conflit.

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