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L’Occident demande à la Russie de ne viser que l'EI en Syrie

Moscou affirme viser l’organisation EI et les autres groupes djihadistes .

Moscou affirme viser l’organisation EI et les autres groupes djihadistes.

Photo : Hadi Al-Abdallah

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Russie a effectué vendredi en Syrie une troisième journée de frappes aériennes en visant essentiellement des zones tenues par des mouvements rebelles autres que le groupe armé État islamique (EI) qu'elle dit viser, s'attirant une réponse de plus en plus irritée de la part de l'Occident.

Barack Obama a critiqué la politique menée par la Russie en Syrie lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche tandis que la coalition internationale menée par les États-Unis, qui bombarde l'EI en Syrie, a appelé la Russie à cesser ses frappes sur les cibles autres que celles de l'EI.

« Nous appelons la Fédération de Russie à cesser immédiatement ses attaques contre les civils et l'opposition syrienne et à concentrer ses efforts sur la lutte contre l'EIIL », a déclaré la coalition, qui comprend les États-Unis, les grandes puissances européennes, des États arabes et la Turquie.

« Nous exprimons notre profonde inquiétude en ce qui concerne le déploiement militaire russe en Syrie et particulièrement les attaques par l'armée de l'air russe sur Hama, Homs et Idlib depuis hier qui ont fait des victimes civiles et ne visaient pas Daech », poursuit le communiqué de la coalition qui utilise des acronymes pour désigner l'État islamique.

Plusieurs mouvements bombardés vendredi combattent à la fois le régime de Damas et les djihadistes de l'EI, ce qui accrédite les accusations des Occidentaux selon lesquels la lutte contre l'EI n'est qu'un prétexte utilisé par la Russie pour entrer en guerre au côté de Bachar Al-Assad. Certains de ces groupes ont reçu des armes et une formation de la part d'États ennemis de Bachar Al-Assad et notamment des États-Unis.

À Paris, François Hollande et Vladimir Poutine ont tenté de rapprocher leurs points de vue sur la transition politique en Syrie en marge d'un sommet quadripartite sur l'Ukraine.

La France et l'Allemagne ont dit au président russe que l'État islamique était l'ennemi à combattre en Syrie, ont déclaré vendredi François Hollande et Angela Merkel à l'issue du sommet sur l'Ukraine.

« Bourbier »

L'Élysée rapporte que les deux hommes ont eu des « échanges approfondis sur la base des trois conditions » posées par la France pour envisager une coopération franco-russe sur le théâtre syrien : frapper Daech et non d'autres objectifs, assurer la sécurité des civils et mettre en œuvre une transition politique claire qui suppose le départ du président syrien Bachar Al-Assad, soutenu par Moscou.

L'opposition syrienne en exil a réaffirmé vendredi qu'elle refusait que Bachar Al-Assad joue un rôle quelconque dans un futur gouvernement de transition.

Au troisième jour de l'intervention militaire russe, le ministère russe de la Défense a indiqué que douze objectifs appartenant à l'EI avaient été ciblés, quand bien même la plupart des objectifs désignés, dans l'ouest et le nord de la Syrie, ne se trouvent pas dans des régions où le groupe djihadiste est implanté. L'EI est surtout implanté dans l'est.

Des Soukhoï-34, Soukhoï-24M et Soukhoï-25 ont procédé à 18 sorties, touchant un poste de commandement et un centre de communication dans la province d'Alep ainsi qu'un camp d'entraînement à Idlib et un poste de commandement dans la province de Hama, a précisé le ministère dans un communiqué.

Par la suite, un responsable du ministère russe de la Défense a déclaré que l'armée de l'air russe avait effectué 14 vols en Syrie vendredi et effectué six frappes contre l'EI. La différence avec les chiffres précédents n'a pu être éclaircie.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui suit le conflit grâce à son réseau d'informateurs sur le terrain, l'EI n'est pas du tout présent dans les régions de l'ouest et du nord de la Syrie où les avions russes ont frappé.

Les avions russes ont toutefois mené quelques raids contre des positions de l'EI plus à l'est, a déclaré le directeur de l'OSDH, Rami Abdoulrahmane, faisant état de douze djihadistes tués jeudi dans la province de Rakka.

« La tentative de la Russie et de l'Iran de soutenir Assad et de tenter de pacifier la population ne va faire que les enfoncer dans un bourbier et cela ne marchera pas », a déclaré Barack Obama lors de sa conférence de presse à la Maison-Blanche.

La guerre civile en Syrie ne doit pas tourner à une « guerre par procuration » entre les États-Unis et la Russie, a ajouté le président américain.

Conflit syrien : onde de choc au Moyen-Orient

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