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Sauver les chevaux un à la fois

Patrice Roy s'est entretenu mardi soir avec la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

C'est entouré de trois chiens qui aboient et qui courent autour de la fourgonnette de Radio-Canada que nous faisons notre entrée dans le refuge pour chevaux « Hooves & Hounds », situé à quelques kilomètres de Saint-Malo dans le sud du Manitoba.

Un texte de Martin BruyèreTwitterCourriel

Gérald Tétrault, son épouse Jessi et leurs quatre enfants s'assurent du bon fonctionnement de ce refuge d'environ un kilomètre carré. Le couple s'est donné comme mission de sauver les chevaux qui sont mis en vente dans les encans pour être ensuite abattus pour leur viande.

Donner une 2e chance aux chevaux

En 2013 Jessi s'est rendue dans un encan pour acheter un cheval pour leur jeune fille de 12 ans Zoé. Une fois sur place, elle s'est aperçue qu'un bon nombre de chevaux était vendus pour l'abattoir. Bouleversés et bien résolus à les aider, Jessi et son mari ont mis sur pied le refuge.

Le duo se rend maintenant régulièrement dans les encans et sélectionne des chevaux qui seront rapportés au refuge. Lors d'un encan, il peut y avoir une centaine de chevaux qui seront vendus. C'est impossible pour le couple de tous les sauver. Jessi examine minutieusement tous les chevaux et sélectionne ceux qui seraient de bons candidats pour le refuge.

« On cherche les chevaux les plus calmes, nous dit Jessi. Les chevaux gentils ont généralement la tête basse, en guise de soumission aux humains. J'examine leur apparence physique. L'état des sabots, la couleur est très importante aussi. »

Lors d'une visite, une jument et sa pouliche étaient à vendre. Même si la pouliche n'était pas encore prête pour être séparée de sa mère, les encanteurs avaient comme objectif de les vendre séparément. Jessi et Gérald ont fait tout ce qui était possible pour les acheter afin qu'ils ne soient pas séparés.

La mère et sa pouliche étaient très maigres, extrêmement sous-alimenté et pratiquement à l'article de la mort. Leurs réadaptations prendront plusieurs années.

« Certains chevaux ont subi de mauvais traitements et sont devenu très craintifs envers l'humain nous dit Gérald. D'autres étaient sous-alimentés. Une fois que la bête est rétablie et qu'elle a reçu sa formation, nous pouvons la vendre à une personne qui en prendra soin. On ne veut pas que l'animal se retrouve dans un encan dans quelques années ».

Le refuge est divisé en quatre pâturages qui tentent le plus possible de reproduire un environnement naturel pour les chevaux. Les infrastructures du refuge ont tous été construites par Gérald qui avoue ne pas trop s'y connaître dans la construction. Il affirme qu'il réussit à se débrouiller avec l'aide de vidéo tutoriel dans Internet.

De l'argent et beaucoup de temps

Le couple avoue que cette passion qui leur demande un engagement à 100 % a un prix. S'occuper de chevaux coûte cher. La nourriture et les soins sont très dispendieux. Un des chevaux s'est récemment blessé à la patte. L'animal s'est effrayé dans sa stalle et en donnant un coup, sa patte s'est retrouvée en contact avec une bordure de métal sur sa porte. Sa patte a nécessité une quarantaine de points de suture. Coût total de la visite du vétérinaire : 500 $. Les dépenses ne s'arrêtent pas là puisqu'il faut faire le suivi avec le vétérinaire et acheter des antibiotiques pour prévenir l'infection.

Afin de réduire les coût de production, Hooves & Hounds diversifie son offre et propose des services de gardiennage pour les animaux. Il est possible de laisser son chien pour la fin de semaine ou plus longtemps. Les chiens ne sont pas en laisse ou dans des cages. Ils sont libres de courir et de se promener partout. Le refuge offre également un service de pensionnat pour chevaux.

Le couple envisage d'offrir prochainement un zoo pour les enfants. Beaucoup de gens fréquentent le village de Saint-Malo durant l'été notamment à cause de la plage publique et les touristes cherchent des activités durant la journée. Les gens pourront venir visiter le refuge et faire des promenades à dos de cheval.

Il y a un coût en argent, mais également en temps. La journée du couple débute vers 5 h. Jessi travaille comme infirmière dans les réserves autochtones. Chaque jour elle doit prendre l'avion pour rencontrer et s'occuper des gens malades. Gérald est agent des services frontaliers. Une fois leur journée de travail terminée, ils reviennent à la maison pour poursuivre en quelque sorte leur 2e emploi. Ils doivent notamment nourrir les animaux jusqu'à 6 fois par jour.

Le refuge compte une dizaine de chevaux pour le moment. Trois d'entre eux font maintenant partie de la famille. Ils appartiennent aux enfants et habitent au refuge d'une façon permanente.

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