•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Déçue de Duceppe, Elizabeth May veut surtout attaquer Harper au débat

La chef du Parti vert, Elizabeth May

La chef du Parti vert, Elizabeth May

Photo : La Presse canadienne / PATRICK DOYLE

La Presse canadienne

Elizabeth May se dit « franchement horrifiée » par la position de Gilles Duceppe sur le port du niqab, mais elle n'entend pas l'attaquer sur ce sujet au débat des chefs jeudi, préférant diriger ses salves uniquement contre Stephen Harper.

La chef du Parti vert a confié être « déçue » par M. Duceppe, un homme politique qu'elle a « toujours aimé », mais qui, à ses yeux, se livre à un jeu « dont il n'est pas digne ».

Mme May en a particulièrement contre la publicité bloquiste qui s'attaque aux néo-démocrates, où l'on voit du pétrole sortir d'un pipeline puis prendre la forme d'un niqab.

« Je ne pense pas avoir déjà vu une publicité politique qui m'ait à ce point horrifiée », a lancé Mme May en table ronde, mercredi, à La Presse Canadienne.

Image tirée de la publicité du Bloc québécois Photo : Radio-Canada/Bloc québécois

Le thème du port du niqab aux cérémonies de citoyenneté s'est invité dans la campagne électorale depuis le jugement de la Cour fédérale d'appel donnant raison à Zunera Ishaq, cette femme d'origine pakistanaise voulant porter à son assermentation ce voile qui ne laisse paraître que les yeux. Les conservateurs ont annoncé qu'ils portaient ce jugement en appel et qu'ils proposeraient une législation interdisant l'assermentation à visage couvert s'ils étaient réélus le 19 octobre.

Le Bloc québécois est le seul autre parti fédéral à se ranger derrière eux, M. Duceppe arguant que les Québécois ne veulent pas que les femmes s'effacent ainsi de l'espace public. Il aimerait pousser plus loin en interdisant aussi le vote à visage couvert.

Pour Mme May, le port du niqab n'est tout simplement pas un enjeu. Elle rappelle que le pays est en récession économique et qu'il est par ailleurs à la croisée des chemins dans le dossier des changements climatiques. Voilà les réels défis pour le Canada, croit-elle. Le niqab? « Excusez-moi, ce n'est pas un enjeu. C'est de la manipulation cynique », a-t-elle avancé.

Selon elle, les femmes ont tout simplement le droit de choisir comment elles veulent se vêtir. « Il n'y a aucun avantage à ce que quelqu'un qui prête un serment de citoyenneté le fasse déguisé en quelqu'un d'autre. »

Débat des chefs

À la veille du débat des chefs - son dernier avant le scrutin puisqu'elle n'est invitée ni à celui du Munk Debate ni à celui du réseau TVA - elle a toutefois insisté sur le fait que c'est vers le premier ministre sortant qu'elle allait décocher ses flèches.

« Je ne perds pas mon temps à attaquer M. Trudeau ou M. Mulcair, parce que je veux travailler avec eux après les élections », a noté la politicienne.

Elle espère qu'un gouvernement minoritaire sera élu pour qu'elle soit en mesure de faire bouger des dossiers qui lui tiennent à coeur, comme les changements climatiques et la réforme démocratique. Mais elle ne tend pas sa main au chef conservateur. « Nous ne collaborerions ou ne soutiendrions jamais Stephen Harper. C'est critique qu'il soit parti avant les négociations de Paris [sur le climat], pour la santé de ces négociations. »

Mme May se targue d'avoir une excellente mémoire et elle entend rappeler aux électeurs le bilan des neuf ans au pouvoir du chef conservateur.

Son parti est peu connu au Québec, mais elle soutient que l'espoir d'une percée est permis pour sa formation politique pour ces élections. « Nous avons un grand espoir cette fois au Québec parce que c'est la première fois que nous avons des candidats extraordinaires », a-t-elle expliqué, énumérant les écologistes André Bélisle et Daniel Green, le comédien JiCi Lauzon et le député anciennement néo-démocrate José Nunez-Melo.

« C'est très important, évidemment, de faire une "bonne job" en français dans les débats des chefs sur Radio-Canada, parce nous n'avons pas le même niveau de sensibilisation au Québec que, par exemple, en Colombie-Britannique. »

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique