•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le français, une langue fragile mais qui progresse en Alberta

Bilinguisme

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La communauté francophone de l'Alberta est « grandissante » et « vivante » soulignent des membres des administrations régionales de l'Association canadienne-française de l'Alberta (ACFA), à la veille du Francothon 2015 et du Congrès annuel de la francophonie albertaine qui se déroulent cette fin de semaine à Edmonton.

Un texte de Geneviève NormandTwitterCourriel

Les représentants des ACFA régionales ont été nombreux à le souligner : la communauté francophone s'accroît en Alberta. De Lethbridge à Canmore, en passant par Grande Prairie, le nombre de francophones en sol albertain augmente.

Selon les dernières données de recensement collectées par Statistiques Canada en 2011, plus de 238 000 personnes parlent français en Alberta. L'agence fédérale rapporte que « de toutes les provinces canadiennes, c'est en Alberta que le taux d'accroissement de la population ayant le français comme langue maternelle ou comme langue parlée le plus souvent à la maison a été le plus important entre 2006 et 2011 ».

À l'exception du Québec, l'Alberta a la troisième plus grande population de francophones après l'Ontario et le Nouveau-Brunswick.

Cette hausse des francophones a été remarquée par le directeur de l'ACFA de Lethbridge, Stéphan Rondeau. « Quand je suis arrivé à Lethbridge il y a 15 ans, il y avait deux organismes. Il y avait le CREFL [Conseil régional pour l'éducation française à Lethbridge] et l'ACFA. Aujourd'hui, on a six groupes différents avec des conseils d'administration », a-t-il affirmé.

[En 2014-2015], on a reçu 450 nouveaux arrivants francophones à Grande Prairie qui ont à 84 % trouvé du travail. [...] Ils viennent pour le travail et la qualité de vie.

Une citation de :Michelle Margarit, directrice de l'ACFA régionale de Grande Prairie

Ce constat démographique s'applique aussi à Canmore, cette petite municipalité des Rocheuses qui enregistrait en mai 2014 une population permanente de 13 000 habitants.

« La communauté est grandissante et elle se renforce aussi », a affirmé la présidente de l'ACFA régionale de Canmore-Banff, Geneviève Poulin. « Les gens essaient de se rencontrer; il y a plusieurs petits réseaux de gens francophones qui se rencontrent ». Mme Poulin a par exemple souligné la mise sur pied d'équipes francophones de hockey et de baseball dans la région.

Le français en Alberta en quelques citations


Un travail d'équipe avec les écoles francophones

Un point qui semble être partagé d'une région à l'autre de l'Alberta est la proximité qui existe entre les ACFA régionales et le réseau de l'éducation. Qu'elles développent des activités en partenariat ou qu'elles partagent des locaux, les ACFA régionales et les 40 écoles francophones de la province ont souvent des projets en commun.

« On travaille avec 3 écoles francophones et près de 18 écoles d'immersion », a affirmé la directrice de l'ACFA régionale de Centralta Cathy Pellerin, qui cite en exemple le Festival d'automne, organisé avec l'école La Mission de Saint-Albert.

Ce type de collaboration entre écoles francophones et organismes se vit également à Lethbridge. L'ACFA régionale et l'École La Vérendrye, toutes deux situées dans La Cité des Prairies, mettent sur pied des projets et des activités de promotion de la langue française, comme la radio étudiante à laquelle six jeunes participent.

C'est très à la mode de parler français alors on a une croissance incroyable dans notre école francophone et dans nos écoles d'immersion. Les jeunes familles poussent les enfants vers l'éducation bilingue. C'est vraiment encourageant.

Une citation de :Michelle Margarit, directrice de l'ACFA régionale de Grande Prairie

La bonne santé du français en Alberta se traduit notamment par le nombre d'inscriptions dans les écoles francophones, qui est en forte hausse cette année. À titre d'exemple, le conseil scolaire FrancoSud a vu son nombre d'élèves augmenter de 10,96 % par rapport à l'an dernier. En tout, 3310 élèves sont inscrits pour l'année scolaire 2015-2016.

Des étudiants du Campus Saint-Jean ont suivi le débat des chefs en français le 24 septembre.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Quelques dizaines de personnes ont suivi le débat en français des chefs fédéraux, jeudi, à la télévision au campus St-Jean de l'Université de l'Alberta.

Photo : Ève-Marie Forcier/ICI Radio-Canada

Toutefois, le président de l'ACFA provinciale apporte un bémol. « Quand on compte que seulement 23 ou 24 % des ayants droit [à l'école française] fréquentent nos écoles francophones, il y a de quoi s'inquiéter », a-t-il affirmé.

Il a aussi rappelé que, si l'éducation primaire et secondaire en français en Alberta est accessible, celle au niveau postsecondaire l'est bien moins. « Le Campus Saint-Jean a un très grand rôle à jouer, mais on connecte mal au niveau communautaire, a-t-il dit. [...] Il faut trouver des moyens pour décentraliser l'offre de services postsecondaire ».


Des projets communautaires rassembleurs

Les ACFA régionales s'entendent sur l'importance des activités communautaires et culturelles pour garder la francophonie vivante dans une province majoritairement anglophone.

Chaque année, bon nombre de francophones se donnent rendez-vous par exemple à Nordegg pour la Fête franco-albertaine ou encore à Saint-Isidore pour son célèbre Carnaval.

Les francophones des petites régions se rassemblent dans des événements communautaires, comme à cette cabane à sucre de Morinville.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les francophones des petites régions se rassemblent dans des événements communautaires, comme à cette cabane à sucre de Morinville.

Photo : Facebook/ACFA de Centralta

Des festivals de musique, des événements cabane à sucre et des épluchettes de blé d'Inde sont des exemples d'activités annuelles organisées aux quatre coins de la province. Certaines, bien sûr, sont plus populaires que d'autres. « À nos cabanes à sucre, on a entre 500 et 700 personnes! », a affirmé avec fierté la directrice de l'ACFA régionale de Bonnyville, Thérèse Dallaire.

Le carnaval des sucres de Red Deer est aussi bien en vue. « On a déjà été approchés par le comité organisateur des Jeux du Canada pour faire les activités du carnaval pour toute une semaine », a expliqué Bruno Collet, directeur de l'ACFA de Red Deer. La ville située à mi-chemin entre Edmonton et Calgary sera l'hôte des Jeux d'hiver du Canada en 2019.

D'autres activités ponctuelles sont aussi organisées par les cercles locaux, comme des ateliers divers et des cours de français destinés à un public anglophone.

Nos activités, c'est ça qui est primordial pour nous parce qu'elles ont un effet rassembleur pas seulement pour les francophones, mais aussi pour les anglophones.

Une citation de :Bruno Collet, directeur de l'ACFA régionale de Red Deer

Des dossiers à surveiller

Outre la cause Caron-Boutet, qui conteste l'unilinguisme de l'Alberta et dont la décision de la Cour suprême est très attendue, plusieurs initiatives seront à surveiller dans la francophonie cet automne.

À la fin du mois, la Ville de Grande Prairie signera un accord pour faire partie du Réseau des villes francophones et francophiles d'Amérique. Le Rendez-vous de fondation aura lieu du 29 au 31 octobre 2015, à Québec.

L'ACFA régionale de Saint-Paul, en partenariat avec la municipalité, travaille à la création de plaques touristiques et informatives bilingues pour raconter l'histoire de Saint-Paul aux citoyens et visiteurs. L'ACFA régionale de Saint-Paul a aussi dans la mire de développer une offre de services de santé en français. « Il n'y a pas de répertoire des professionnels de la santé qui parlent français pour l'instant », a affirmé la directrice, Chantal Brière.

Du côté de l'ACFA de Centralta, le grand projet à surveiller est le centre d'interprétation de l'histoire franco-albertaine et métisse, à Saint-Albert. « On aimerait pouvoir faire vivre une expérience de pionniers francophones à nos visiteurs », a affirmé la directrice Cathy Pellerin.

Cela est sans compter le Francothon 2015, qui a lieu vendredi et dont les rassemblements ont lieu à Edmonton, Calgary, Saint-Isidore et Fort McMurray.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !