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Accord des ministres européens sur une répartition des migrants

Des migrants montent dans un train sous l'oeil vigilant d'un soldat hongrois à Magyarboly.

Des migrants montent dans un train sous l'oeil vigilant d'un soldat hongrois à Magyarboly.

Photo : Getty Images / Jeff J Mitchell

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les ministres de l'Intérieur de l'Union européenne ont voté mardi à Bruxelles, à une très large majorité, un plan de répartition de 120 000 migrants dans l'UE, en dépit de l'opposition des pays d'Europe de l'Est qui n'ont une fois de plus pas caché leur hostilité.

La République tchèque, la Slovaquie, la Roumanie et la Hongrie ont voté contre ce plan fortement soutenu par l'Allemagne et la France, a précisé sur Twitter le ministre tchèque, Milan Chovanec, qui juge le projet infaisable.

Nous allons bientôt réaliser que le roi est nu... C'est le sens commun qui a perdu aujourd'hui.

Milan Chovanec, ministre de l'Intérieur de la République tchèque

Cette réunion des ministres de l'Intérieur précédait un sommet extraordinaire des chefs d'État et de gouvernement des Vingt-Huit, prévu mercredi et où seront notamment discutés l'octroi d'une aide à la Turquie et aux autres pays du Proche-Orient qui hébergent des millions de réfugiés syriens et le renforcement du contrôle aux frontières extérieures de l'Union.

« Décision du conseil sur la relocalisation de 120 000 personnes adoptée aujourd'hui, par une large majorité des États membres », a dit sur Twitter le gouvernement luxembourgeois, qui préside actuellement l'UE.

« Nous aurions préféré trouver un consensus, mais nous n'y sommes pas parvenus et ce n'est pas par manque de volonté », a déclaré le ministre de l'Intérieur luxembourgeois.

Robert Fico, premier ministre slovaque, a déclaré que la volonté exacerbée d'imposer ce système de quotas avait creusé un fossé profond sur cette question sensible, prévenant que « tant qu'il serait premier ministre », la Slovaquie ne mettrait pas en oeuvre le système de quotas.

Mise en garde de la France 

En marge d'un déplacement à Londres et à la veille d'un Conseil européen extraordinaire consacré à la crise migratoire, le président français François Hollande les a mis en garde.

« Il y a des règles en Europe : quand on ne respecte pas le droit de la concurrence, le Pacte de stabilité, il y a des sanctions, ça existe, et donc ces pays se mettraient dans des situations où forcément, ce qu'ils reçoivent de l'Europe ne viendra plus », a-t-il déclaré à des journalistes.

On ne peut pas demander à l'Europe un soutien et refuser à l'Europe une solidarité. (...) Quand on est dans l'Union européenne, on ne vient pas simplement pour avoir des avantages, on vient aussi pour prendre sa part.

François Hollande, président français

Le chiffre de 120 000 personnes proposé par Bruxelles semble cependant lui-même déjà dépassé, près d'un demi-million de migrants et réfugiés, dont environ 40 % venant de Syrie, ayant franchi la Méditerranée depuis le début de l'année.

Cette vague qui sature les capacités d'accueil de pays comme la Grèce ou la Hongrie va contraindre les Vingt-Huit à réviser leurs objectifs à la hausse, a estimé mardi le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR).

Programme insuffisant?

Au rythme actuel de 6000 arrivées par jour, le chiffre de 120 000 sera atteint en seulement 20 jours, a souligné la porte-parole de l'agence onusienne à Genève.

« Un programme de relocalisation ne suffira pas à stabiliser la situation à ce stade de la crise », a prévenu Melissa Fleming en demandant à l'UE de renforcer ses capacités d'accueil de manière permanente.

Les responsables de l'exécutif européen n'ont pas caché ces derniers jours leur exaspération devant le spectacle de désunion qu'offrent les Vingt-Huit, en particulier l'opposition de plus en plus acrimonieuse entre l'Allemagne, favorable à des quotas de répartition obligatoires des demandeurs d'asile qui affluent sur son territoire, et les pays d'Europe de l'Est résolument hostiles à ce système.

La Commission européenne soutient le principe des quotas, alors que ses détracteurs jugent que la focalisation du débat sur cette question détourne l'UE de questions plus urgentes, comme l'attribution de l'aide à ceux qui en ont le plus besoin et la lutte contre les réseaux de trafiquants humains.

Un accord au niveau ministériel était indispensable pour que le sujet ne parasite pas le sommet européen de mercredi, où les chefs d'État et de gouvernement devront s'entendre sur des aides concrètes pour la Turquie, le Liban et la Jordanie, qui hébergent des millions de réfugiés, ainsi que pour les onze millions de Syriens déplacés dans leur propre pays.

Aide à la Turquie

« Nous avons le sentiment qu'après les événements des dernières semaines, tout le monde est davantage disposé à aider les réfugiés tant qu'ils sont hors d'Europe, donc nous voulons concrétiser tout cela », explique un responsable européen.

La Commission européenne a indiqué la semaine dernière qu'elle était prête à débloquer un milliard d'euros pour la Turquie, une somme cinq fois plus élevée que celle qu'elle a versée jusqu'à présent pour venir en aide aux deux millions de réfugiés syriens dans ce pays.

Le principal obstacle au déblocage de cette aide, qui proviendrait pour les deux tiers de fonds existants, est la contribution des États membres, a dit à Reuters un responsable européen.

En contrepartie d'une telle aide, destinée notamment à améliorer les services de santé, la Turquie doit s'engager à améliorer les conditions de vie des réfugiés, à lutter contre les réseaux de passeurs et à empêcher les départs vers la Grèce, a-t-il ajouté.

Ankara demande de son côté une aide financière, mais aussi une relance des négociations sur sa candidature à l'Union européenne. Pour répondre à ces attentes, les Vingt-Huit envisagent d'organiser un « mini-sommet » avec le président turc Recep Tayyip Erdogan le 5 octobre.

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