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Université Memorial : l’étudiant portera plainte à la Commission des droits de la personne

William Sears

William Sears

Photo : CBC

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'étudiant de l'Université Memorial à Terre-Neuve, qui a abandonné un cours parce que la professeure refusait d'utiliser un transmetteur FM, fera une plainte à la Commission des droits de la personne de Terre-Neuve-et-Labrador. 

C'est ce qu'a confié son père à la Presse canadienne. Il croit que son fils de 20 ans, William Sears, a été discriminé parce qu'il a des problèmes d'audition. « C'est arrivé à mon fils et à d'autres personnes avec ces problèmes, ça doit cesser », affirme Bill Sears.

La professeure, Ranee Panjabi, a évoqué des raisons religieuses pour expliquer son refus. Elle ne veut pas commenter, mais lors d'un incident similaire en 1996, elle avait expliqué que le port d'un tel appareil serait contraire à ses croyances hindoues.

En 1996, Ranee Panjabi avait mentionné qu'elle pratiquait une forme de mysticisme qui découle de l'hindouisme. Elle avait alors écrit que « le microphone ferait de l'interférence dans l'harmonique que je dois toujours ressentir entre mon moi intérieur et mon moi extérieur ». Elle ajoutait que « rien ne doit troubler l'identification de l'âme avec la personne ».

Des mesures disciplinaires demandées

William Sears, qui en est à sa troisième année d'études en histoire, dit qu'il n'est pas convaincu que la professeure refuse de l'accommoder pour des raisons bel et bien religieuses. Il dit qu'il tient à suivre ce cours sur l'histoire de l'espionnage, et que la situation lui cause bien du stress.

L'Université a indiqué jeudi qu'en vertu d'une entente conclue avec Mme Panjabi en 1996 cette dernière n'est pas tenue d'utiliser un transmetteur pour accommoder les étudiants qui ont un handicap auditif.

M. Sears est insatisfait de cette réponse de l'Université Memorial, et il réclame des mesures disciplinaires contre Ranee Panjabi.

Morgan Sears, sa soeur, qui est aussi une étudiante dans cette même université, comprend et respecte les droits de la personne liés aux croyances religieuses. Mais elle ajoute que ces droits ne devraient pas brimer le droit de son frère à recevoir une éducation. Mme Sears ajoute que Mme Panjabi est une employée de l'Université Memorial, et que ses croyances religieuses ne devraient pas entraîner des conséquences pour ses étudiants.

Trouver un compromis? 

Le professeur de droit à l'Université Laval, Louis-Philippe Lampron, ne croit pas que des mesures disciplinaires doivent être imposées contre Ranee Panjabi. Il croit plutôt que l'Université Memorial doit trouver un compromis pour être capable de protéger les droits fondamentaux de l'étudiant et de la professeure.

« En ce moment, il y a un effet contradictoire dans cette histoire », dit-il. M. Lampron souligne que l'institution accorde un accommodement à la professeure, mais que ça a pour effet de limiter un droit fondamental de l'étudiant, qui ne peut pas assister à son cours.

« Toute personne a droit à un accommodement, mais le principe est clair; un accommodement implique un compromis, autant de la part de la personne qui le demande que de la part de l'institution qui l'accorde », affirme M. Lampron.

Louis-Philippe Lampron ne qualifie pas ce cas « d'accommodement déraisonnable ».

Avec les informations de Meghan McCabe et Todd O'Brien

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