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Une mère de Regina compare le système de familles d'accueil aux pensionnats autochtones

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Constance Perras est mère de famille d'accueil depuis 11 ans.

Constance Perras est mère de famille d'accueil depuis 11 ans.

Photo : ICI Radio-Canada/Jacaudrey Charbonneau

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'expérience des enfants placés dans le réseau du système de famille d'accueil de la Saskatchewan se compare aux pensionnats autochtones, selon une mère de famille d'accueil à Regina.

En raison d'un manque de familles d'accueil, des enfants, souvent en bas âge, sont logés dans des hôtels. Au mois de juin, une équipe de CBC avait révélé que le ministère avait recours à cette solution pour pallier le manque de familles d'accueil. Selon le ministère des Services sociaux, 15 enfants sont encore logés ainsi à Regina et 5 à Prince Albert.

Pour remédier au problème, le gouvernement a décidé de louer des maisons à Regina pour placer certains de ces enfants. Des employés d'organismes communautaires s'occupent des jeunes, qui sont entre cinq et huit par maison.

Selon Garry Prediger du ministère des Services sociaux, il s'agit d'une stratégie temporaire. La période estivale a connu un nombre croissant d'appels de signalement de négligence envers les enfants, indique-t-il, et il y a également une diminution d'environ 5 % des familles d'accueil depuis plusieurs années dans la province, comme au pays.

Un parcours semé d'embûches

Constance Perras est mère de famille d'accueil depuis 11 ans. Sa mère était une survivante des pensionnats autochtones. L'enfance de Mme Perras n'a pas été très facile puisque sa mère n'a jamais grandi dans une famille.

Cette dernière a voulu devenir une bonne mère en s'inspirant d'autres modèles autour d'elle. Après avoir eu trois enfants biologiques, elle a décidé d'accueillir des enfants dans son foyer.

La route n'a pas été sans embûches. « Ces enfants sont traumatisés », explique-t-elle. Le plus gros problème qui pousse ces enfants à être placés en famille d'accueil, c'est l'abus d'alcool et de drogues qui entraîne la dépendance, selon elle.

Le problème récurrent du manque de familles d'accueil fait en sorte qu'on les surcharge et qu'on les épuise, dénonce Mme Perras. La mère de famille craint de voir une nouvelle génération d'enfants perdus créée par ce système intermédiaire. Ainsi, le gouvernement place des enfants dans des hôtels ou des maisons loin de leurs parents, de l'attention parentale, et souvent loin de leurs réserves dans des endroits gérés par des employés d'organisme.

Elle qualifie le système de défaillant et fait un lien avec les traumatismes subis dans les pensionnats autochtones. « On avait ces pensionnats qui surveillaient ces enfants. Ceux-ci ont grandi et ont des enfants eux-mêmes. Maintenant, cette nouvelle génération est dans ces foyers dans la ville et des organismes s'occupent d'eux [...] je vois un lien », affirme Mme Perras. C'est ainsi que les tragédies surviennent et on blâme les travailleurs sociaux et les familles d'accueil pour un problème beaucoup plus profond, dit-elle.

Une stratégie plus large recommandée

Des recommandations insistent pour favoriser une stratégie qui inclut les communautés autochtones et les familles. Le ministère dit pour sa part travailler de ce côté-là avec les communautés autochtones pour tenter de garder les enfants dans la famille rapprochée.

Un programme est d'ailleurs déjà en place avec trois familles depuis le mois d'août, indique M. Prediger du ministère des Services sociaux. Ces familles sont suivies par un organisme communautaire autochtone pour tenter d'offrir du soutien et de favoriser une réunion éventuelle.

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