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Coderre demande à Québec de réécrire son projet de loi contre les discours haineux

Le maire de Montréal, Denis Coderre (archives)
Le maire de Montréal, Denis Coderre (archives) Photo: La Presse canadienne / Paul Chiasson
La Presse canadienne

Le maire de Montréal, Denis Coderre, joint sa voix aux nombreux détracteurs du projet de loi 59 qui devra, selon lui, tenir davantage compte de la grande diversité culturelle de la métropole et de son besoin d'autonomie.

Québec devra donc refaire ses devoirs et réécrire son projet de loi de lutte contre les discours haineux pour obtenir l'aval du maire de Montréal, qui s'est présenté en commission parlementaire, mardi, avec en main une liste de 10 recommandations destinées à bonifier le projet de loi, d'abord en précisant la notion de « discours haineux ».

Le maire Coderre a dit que ce projet de loi ne serait pertinent que si Québec développe ce qu'il a appelé un « réflexe Montréal », parce que la métropole est le lieu où les tensions entre communautés et les incidents à caractère haineux risquent le plus de se produire.

Il a même mis en doute, dans sa forme actuelle, la constitutionnalité du projet de loi de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, qui fait l'objet d'une consultation en commission parlementaire.

M. Coderre, qui s'est fait le champion de l'équilibre entre ouverture et vigilance, a dit qu'il fallait surtout miser sur la prévention des gestes à caractère haineux et sur la formation des policiers.

À ce propos, le maire n'a pas attendu l'adoption du projet de loi pour annoncer son intention de créer une nouvelle unité au sein du service de police de Montréal, qui sera destinée uniquement à la prévention des crimes à caractère haineux et aux enquêtes sur ce type de crimes.

Il a aussi invité Québec à travailler de concert avec le nouveau Centre de prévention de la radicalisation et l'École nationale de police.

« La notion de liste, j'ai ben de la misère avec ça »

Il a dit juger que Québec s'apprêtait à attribuer trop de pouvoirs à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), qui pourra mener des enquêtes de son propre chef et rendre publique la liste des personnes sanctionnées par le Tribunal des droits de la personne pour avoir tenu ou diffusé des propos haineux ou incitant à la violence.

« La notion de liste, j'ai ben de la misère avec ça », a commenté le maire se disant soucieux de ne pas « stigmatiser » les citoyens ou « créer des imbroglios », surtout que plusieurs personnes peuvent porter le même nom.

Au lieu d'arriver avec une liste, donnez-moi donc des outils supplémentaires qui vont me permettre d'agir, soit en prévention, soit en réaction, quand une chose pourrait éventuellement arriver

Le maire Denis Coderre

Le maire Coderre en a une fois de plus appelé à une « nouvelle culture de gouvernance » accordant plus d'autonomie à Montréal, qui ne pourrait pas appliquer une telle loi sans avoir les coudées franches, a dit en substance le maire, en attente d'un nouveau statut particulier pour sa ville, assorti à la signature d'un nouveau pacte fiscal entre Québec et les municipalités.

L'opposition péquiste et l'opposition caquiste sont toutes deux d'accord avec l'idée d'accorder un statut particulier à Montréal.

De son côté, la Fédération des commissions scolaires est venue témoigner pour faire valoir que le projet de loi 59 n'était pas nécessaire, puisque les écoles avaient déjà tous les outils nécessaires pour contrer la violence, l'intimidation ou le discours haineux.

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