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Et si Montréal avait des navettes fluviales, comme à Göteborg?

Une navette fluviale à Goteborg, en Suède

Une navette fluviale à Goteborg, en Suède

Photo : ICI Radio-Canada/Jean-Sébastien Cloutier

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Comme Montréal, l'agglomération de Göteborg, en Suède, se trouve sur le bord d'un fleuve traversé par des ponts et un tunnel. Et comme Montréal, Göteborg est souvent aux prises avec des bouchons de circulation. Mais la ville suédoise a quelque chose que Montréal n'a pas : des navettes fluviales. 

Un texte de Jean-Sébastien CloutierTwitterCourriel

Première constatation : les navettes là-bas sont appréciées de la population.

Sept jours sur sept, du matin au soir, elles sont six à naviguer sur le fleuve Gota alv, qui a une largeur d'environ 300 mètres. Deux d'entre elles font constamment l'aller-retour et passent toutes les huit minutes, le temps approximatif de la traversée. Les quatre autres font six arrêts sur les deux rives du fleuve.

Chaque bateau peut accueillir 300 passagers et 80 vélos. Ils font partie du réseau de transport en commun de la ville et sont apparus dans le paysage il y a 25 ans en même temps que les nouveaux développements au bord de l'eau. Un de ces nouveaux développements est le quartier de Lindholmen.

Ce vendredi après-midi de la fin d'août, il y avait foule sur le quai pour monter à bord. C'est là que nous avons rencontré le vice-président de Vasttrafik, la société de transport locale.

« L'an dernier, nous avons eu 2,4 millions de passagers, soit en moyenne 8000 déplacements par jour de semaine et ça augmente. Les gens aiment beaucoup nos navettes. Nous avons un taux de satisfaction de 99 %. »

— Une citation de  Roger Vahnberg, vice-président de Vasttrafik
Des passagers embarquent à bord d'une navette fluviale à Göteborg, en Suède. Photo : ICI Radio-Canada/Jean-Sébastien Cloutier

Deuxième constatation : les navettes réduisent un peu la congestion routière

Aucune étude de la Ville ou de Vasttrafik ne semble démontrer l'impact des navettes fluviales sur les routes et les ponts de Göteborg. Par contre, on sait que le nombre de déplacements en bateaux représente à peu près 1 % de tous les déplacements en transport en commun dans une journée. Ce n'est pas énorme, mais c'est 1 % de moins dans la circulation, et ce n'est pas négligeable pour Göteborg.

On soutient que la majorité des usagers des navettes prendraient l'autobus pour traverser le fleuve et qu'il en faudrait beaucoup sur les ponts pour transporter 8000 personnes chaque jour. « Beaucoup de gens doivent traverser le fleuve et nous voulons être le plus écologiques possible », ajoute Roger Vahnberg.

À bord de chaque navette, les usagers peuvent profiter de dizaines de sièges pour se reposer et ont un accès au wi-fi. Certaines ont aussi un pont extérieur pour jouer au touriste par beau temps.

Les bateaux naviguent 12 mois par année et sont assez fréquentés en hiver qui, il faut le dire, est quand même moins dur à Göteborg qu'à Montréal. Là-bas, le fleuve ne gèle jamais complètement, contrairement aux rives du Saint-Laurent. Les températures hivernales du sud-ouest de la Suède sont aussi moins froides.

Göteborg, en Suède. Photo : ICI Radio-Canada/Jean-Sébastien Cloutier

Troisième constatation : les navettes coûtent cher

Le transport en commun de Göteborg est déficitaire, comme dans la majorité des villes. Là-bas, l'agglomération paie la moitié des coûts et Vasttrafik paie l'autre moitié.

Le service de navettes n'est pas rentable, bien au contraire. Les bateaux, exploités par un partenaire privé, coûtent 10 millions de dollars par année, y compris  les infrastructures. Vasttrafik a néanmoins décidé de rendre la traversée gratuite sur les deux navettes qui font l'aller-retour entre les deux côtés du fleuve.

L'autre circuit qui comprend six arrêts coûte environ 4 $ le voyage et les usagers peuvent utiliser le même billet qu'à bord des autobus et des tramways. Dans un avenir pas très lointain, Göteborg sait qu'elle aura besoin de plus de liens entre ces rives, mais elle n'est pas certaine de vouloir plus de navettes, même si l'idée n'est pas écartée. Elle songe même à un téléphérique.

« Les navettes coûtent cher. Il faut calculer l'essence et la main-d'oeuvre. En Suède, il faut deux ou trois employés par bateau. »

— Une citation de  Per Bergstrom Jonsson, porte-parole de la Ville de Göteborg

Alors, somme toute, est-ce que le bilan est positif? À Göteborg, on semble répondre que oui. « Ça met de la vie sur notre fleuve et on ne pourrait pas s'en passer », conclut-il.

Une navette fluviale à Göteborg, en Suède. Photo : ICI Radio-Canada/Jean-Sébastien Cloutier

Une option pour Montréal?

Montréal imitera-t-elle la ville suédoise? Tout pourrait dépendre d'une étude commandée il y a un an et dont on connaîtra les conclusions à la fin de l'année. Qui prendrait les bateaux? Combien coûteraient-ils? De quel genre d'infrastructures aurait-on besoin? Quel itinéraire prendraient-ils?

La mairesse de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, membre du comité exécutif, rêve depuis longtemps d'une navette reliant son secteur au Vieux-Port de Montréal. En juillet 2014, elle nous avait expliqué que ce genre de service serait très utile en période de pointe et permettrait à quelques milliers d'usagers de gagner une demi-heure pour aller au centre-ville.

Cette semaine toutefois, aucune entrevue. La Ville, de son côté, dit attendre les résultats de l'étude.

Le président de la Société de transport de Montréal (STM) Philippe Schnobb, lui, est clair. « Pas question qu'on achète des bateaux et qu'on devienne un opérateur [...]. On a déjà assez d'infrastructures à gérer », dit-il.

Il ajoute toutefois que la STM collabore à l'étude actuelle et qu'elle pourrait ajuster ses services si un partenaire privé embarquait dans l'aventure. Il se demande toutefois qui paierait pour d'éventuels déficits d'exploitation.

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