•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Travail sécuritaire NB : une société qu'il faut revoir de fond en comble selon l'ombudsman

Un travailleur sur un site de construction (archives)

Un travailleur sur un site de construction (archives)

Photo : La Presse canadienne / Aaron Lynett

Radio-Canada

L'ombudsman du Nouveau-Brunswick, Charles Murray, croit que la société de la Couronne Travail sécuritaire NB doit être repensée de fond en comble parce qu'elle n'agit plus avec équité auprès des travailleurs accidentés.

Un texte de Louis MillsTwitterCourriel

Dans une présentation au comité législatif qui fait une révision de l'indemnisation des travailleurs au N.-B., M. Murray conclut que Travail sécuritaire en est venue « à agir comme une compagnie d'assurances » plutôt que comme une entité qui doit veiller à la santé et à la sécurité des travailleurs et les indemniser lorsqu'ils se blessent.

Au lieu de cela, il est clair que Travail sécuritaire en est venue à voir les cotisations des employeurs comme « une prime qu'il faut tendre à minimiser ».

Raymond Poirier s'est souvent senti bien seul dans son combat contre Travail sécuritaire Nouveau-Brunswick. Cet ancien employé de papetière s'est blessé à un poignet avec des gestes répétitifs. Depuis quatre ans, il voit de près comment fonctionne cette agence provinciale. « C'est comme une compagnie d'assurance. Il dit faut qu'on protège les intérêts de nos investisseurs. C'est ce qu'il me disait souvent. Pis c'est ça qui me tracassait le plus. 

Tout comme l'ombudsman, Raymond Poirier en arrive à la même conclusion. Selon lui,Travail sécuritaire Nouveau-Brunswick doit changer. « C'est une job eux autres, y sont pas dedans, ils n'ont pas la mentalité, comment ce que c'est dur sur toi. Pis là, si tu protestes, la seule chose qu'ils disent...ben là ils disent si t'aimes pas ça, « appeal ». Pis là, ils te coupent ». 

L'avocat Michael MurphyAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'avocat Michael Murphy

Photo : Ici Radio-Canada / Michel Nogue

L'avocat Michael Murphy est l'un des critiques les plus virulents de Travail sécuritaire Nouveau-Brunswick. Selon cet ancien ministre libéral, le rapport de l'ombudsman fournit au gouvernement Gallant l'occasion rêvée de remanier l'agence de fond en comble.

« La culture au sein du Travail sécuritaire du Nouveau-Brunswick devrait être complètement changée. Y'a des personnes qui devraient être changées. On devrait avoir des réglements faits par le conseil des ministres qui indiquent comment devraient agir ces employés », avance t-il.

Travail sécuritaire est la cible de nombreuses plaintes de la part de travailleurs, dont plusieurs se rendent au bureau de l'ombudsman. Elle a d'ailleurs perdu les trois quarts de ses causes en appel devant le Tribunal d'appel des accidents au travail, note Charles Murray.

C'est là un chiffre alarmant. Si je vous dis que l'instance responsable de superviser les centaines de décisions que vous prenez chaque année vous déboute trois fois sur quatre, vous auriez raison de vous demander si ce que vous faites n'est pas profondément erroné.

Charles Murray, ombudsman du N.-B.

Pourtant, ce taux d'annulation de ses décisions n'a pas amené Travail sécuritaire à réviser ses façons de faire, selon Charles Murray, se contentant de conclure à « l'incapacité du Tribunal d'appel à comprendre [son] orientation et [son] mandat ».

Des travailleurs en détresse

La philosophie qui a cours à Travail sécuritaire est très néfaste pour les travailleurs blessés, selon l'ombudsman. Certains se découragent face aux obstacles dressés devant eux et renoncent à aller jusqu'au bout de leur demande d'indemnisation.

Là où Travail sécuritaire voit une accumulation de dossiers, pour le travailleur, « c'est sa vie tout entière qui est menacée. Ces décisions sont affaire de dignité, de qualité de vie et, dans certains cas, de vie tout court », a déclaré M. Murray devant le comité d'examen.

Un remaniement en profondeur

L'ombudsman du N.-B., Charles MurrayAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'ombudsman du N.-B., Charles Murray

Photo : www.ombudnb.ca

Ces constats montrent, selon Charles Murray, qu'un « remaniement en profondeur » s'impose à Travail sécuritaire NB. Il faut, dit-il, réviser les lignes directrices qui servent à orienter son travail « afin d'intégrer des notions modernes d'équité dans l'ADN de la société ».

Il reconnaît que cette révision pourrait mener à une augmentation du taux de cotisation de certains employeurs. Mais il s'agirait là, selon lui, du prix à payer pour réinjecter une dose d'équité dans le système d'indemnisation.

Selon le reportage de Michel Nogue

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Acadie

Société