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Réfugiés syriens : les critères de sélection des conservateurs jugés discriminatoires

Des réfugiés syriens en Serbie, le 24 août

Des réfugiés syriens en Serbie, le 24 août

Photo : Marko Djurica / Reuters

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dans sa gestion de la crise des réfugiés syriens, le Parti conservateur a indiqué qu'il accorderait la priorité aux minorités religieuses et ethniques. Aux yeux de l'Association québécoise des avocats et avocates en droit de l'immigration, ces critères de sélection, qui ont en fait été établis par le gouvernement en décembre dernier, sont discriminatoires.

Un texte de Sophie-Hélène LebeufTwitterCourriel

Interrogé par la presse, mardi, Stephen Harper a énoncé clairement la position de sa formation, expliquant que les minorités religieuses et ethniques étaient particulièrement vulnérables. La veille, le ministre sortant de l'Immigration, Chris Alexander, avait lui aussi martelé le même message.

Notre intention est d'assurer que nous avons comme priorité les personnes les plus vulnérables, de vrais réfugiés, surtout des minorités religieuses et ethniques qui sont les plus vulnérables parce qu'on parle ici des personnes d'une zone de combats terroristes.

Une citation de :Stephen Harper, chef du Parti conservateur

« On va assurer une vérification qui va protéger tout le temps la sécurité des Canadiennes et des Canadiens », a-t-il ajouté.

Stephen Harper en point de presse à MississaugaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Stephen Harper en point de presse à Mississauga.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Depuis la semaine dernière, ses adversaires, mais également certaines provinces et plusieurs grandes villes, comme Montréal et Calgary, l'ont pressé d'ouvrir rapidement les frontières canadiennes à un plus grand nombre de réfugiés syriens, une demande à laquelle il a opposé une fin de non-recevoir.

Déjà, lundi, l'argumentaire sécuritaire s'était frayé un chemin dans le discours de Stephen Harper, qui a fait valoir que le Canada ne pouvait pas se permettre de pratiquer une politique de « premiers arrivés, premiers servis ».

Avant de les accueillir, il faut s'assurer qu'ils ne posent pas une menace à la sécurité des Canadiens, a estimé le chef conservateur.

Le président de l'Association québécoise des avocats et avocates en droit de l'immigration, Jean-Sébastien Boudreault, reconnaît l'importance de l'enjeu sécuritaire. « Il faut faire attention, mais il faut agir », a-t-il répliqué en entrevue à ICI RDI. « C'est important d'agir rapidement », fait valoir l'avocat.

Selon Me Boudreault, la sélection de réfugiés en fonction de critères ethniques, culturels ou religieux, « c'est quelque chose qui ne s'est jamais fait » au Canada. Il n'hésite pas à parler de discrimination et trouve ironique que le gouvernement fasse ce qu'« on ne veut pas qui soit fait ici ».

Une des valeurs [canadiennes], c'est de ne pas faire de la discrimination basée sur la religion. C'est un peu troublant quand on voit que notre premier ministre s'en va dire : "Nous, on va en faire".

Une citation de :Me Jean-Sébastien Boudreault, président de l'Association des avocats et avocates en droit de l'immigration

« Je trouve que c'est inacceptable », lance-t-il.

Mulcair juge les conservateurs insensibles sur la question des réfugiés syriens

Lors d'un discours prononcé devant des militants réunis au Club Soda, à Montréal, le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, a accusé le gouvernement Harper d'être « cynique, cachottier, sans coeur et sans vision pour l'avenir de nos enfants et petits-enfants ».

« Nous l'avons constaté encore récemment dans le dossier des réfugiés syriens : Stephen Harper vit-il sur la même planète que nous? » a-t-il demandé.

C'est sans coeur : les offres d'aide fusent de partout, mais Stephen Harper fait la sourde oreille. Nous pouvons faire mieux, nous devons faire mieux. Nous allons faire mieux.

Une citation de :Thomas Mulcair, chef du NPD

La crise syrienne s'est immiscée avec force dans la campagne électorale, la semaine dernière, avec la publication de la photo du jeune Alan Kurdi, qui s'est noyé alors que sa famille tentait de fuir la Syrie. En pleurs, la tante du garçonnet, une citoyenne de Colombie-Britannique, a révélé que lui et sa famille auraient voulu venir au Canada.

En date du mois d'août, 1074 réfugiés syriens avaient été accueillis en vertu d'un engagement pris en janvier dernier, dont 188 parrainés par le gouvernement, 857 dans le cadre du programme de parrainage privé et 29 par le programme mixte des réfugiés désignés par un bureau des visas. Quelque 1300 réfugiés de plus avaient été accueillis dans le cadre d'un précédent engagement, datant de 2013.

Que proposent les partis?

  • Le Parti conservateur s'est engagé à accueillir 10 000 réfugiés syriens de plus au pays d'ici quatre ans, portant à 23 000 le nombre de réfugiés qui devraient venir de Syrie, mais également d'Irak, d'ici la fin 2018. Son parti s'est engagé à accélérer le processus et estime que la gestion de la crise passe par l'intervention militaire contre le groupe armé État islamique.
  • Le NPD voudrait accepter 10 000 réfugiés syriens d'ici la fin de l'année, puis 36 000 d'ici 2019.
  • Le Parti libéral propose d'accepter 25 000 réfugiés le plus rapidement possible.
  • Le Parti vert veut accueillir 50 000 réfugiés (aucun délai précisé).
  • Le Bloc québécois estime qu'il faut accueillir dès maintenant au moins 10 000 réfugiés.

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