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Crise des réfugiés : Harper invoque l'importance de « protéger notre sécurité »

Stephen Harper en point de presse à Scarborough, en Ontario.

Stephen Harper en point de presse à Scarborough, en Ontario.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pressé par ses adversaires, mais aussi par certaines provinces et plusieurs grandes villes d'ouvrir rapidement les frontières canadiennes à un plus grand nombre de réfugiés syriens, le premier ministre sortant, Stephen Harper, n'a pas l'intention de modifier son approche, invoquant notamment la sécurité nationale.

Le chef conservateur, qui faisait campagne à Scarborough, en Ontario, a répété lundi que son gouvernement s'occupait déjà de la situation et a affirmé que sa formation avait pris des engagements avant que la photo du petit Alan Kurdi, rejeté par les eaux sur une plage de Turquie, défraie les manchettes.

« Nous travaillons à accélérer le processus » d'admission, a-t-il déclaré, comme l'avait fait hier le ministre de l'Immigration, Chris Alexander. Pas question, toutefois, de revoir à la hausse le nombre de réfugiés admis au pays, a répété M. Harper.

« Je veux assurer aux Canadiens, aux Canadiennes, aux Québécois, aux Québécoises que c'est essentiel qu'on donne l'aide aux plus vulnérables, pas seulement aux first come, first served [premiers arrivés, premiers servis] », a-t-il ajouté, laissant entendre que certains des migrants pourraient représenter une menace à la sécurité nationale.

On doit connaître exactement qui sont ces personnes, et nous nous engageons à protéger notre sécurité dans ce processus.

Une citation de :Stephen Harper, chef du Parti conservateur

Et n'en déplaise au chef libéral, qui a lancé l'idée d'une rencontre entre les chefs de partis visant à trouver une solution concertée pour venir en aide aux réfugiés syriens, celle-ci ne deviendra pas réalité. Le chef conservateur a rapidement balayé du revers de la main cette proposition.

« Nous n'embarquerons pas dans des jeux partisans sur cet enjeu », a commenté M. Harper, réitérant la position de son parti sur la question.

Interrogé sur la demande de Québec d'accueillir 2450 réfugiés de plus que son objectif initial d'ici la fin de l'année, pour un total de 3650, le chef conservateur a affirmé que cela correspondait à la « proportion » des réfugiés que devrait accueillir la province en fonction du nombre de migrants que son parti avait déjà promis d'admettre.

Au début de la campagne électorale, Stephen Harper s'est engagé à accueillir 10 000 réfugiés syriens de plus au pays d'ici quatre ans, portant à 23 000 le nombre de réfugiés qui devraient venir de Syrie, mais également d'Irak, d'ici la fin 2018.

Il a répété que la participation canadienne à la coalition militaire contre le groupe armé État islamique était essentielle pour gérer la crise, faute de quoi il y aurait des millions de réfugiés supplémentaires.

En date du mois d'août, 1074 réfugiés syriens avaient été accueillis depuis un premier engagement pris en janvier dernier, dont 188 parrainés par le gouvernement, 857 dans le cadre du programme de parrainage privé et 29 par le programme mixte des réfugiés désignés par un bureau des visas. Quelque 1300 réfugiés de plus avaient été accueillis dans le cadre d'un précédent engagement, datant de 2013.

Harper pressé d'agir par Mulcair

Le chef du NPD, Thomas MulcairAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le chef du NPD, Thomas Mulcair

Plus tôt, le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, s'était montré ouvert à la tenue d'une rencontre, mais avait toutefois renvoyé la balle au premier ministre sortant, qui n'a jusqu'ici démontré « aucune réelle intention » d'agir.

« Moi, je veux bien rencontrer les autres chefs et je souhaite que ce soit moins partisan et qu'on travaille tous dans la même direction », a déclaré M. Mulcair, qui faisait campagne à Toronto. Or, les signaux envoyés par M. Harper ne sont « pas très rassurants », a-t-il soutenu.

« Si on a décidé de ne rien faire, on va trouver toutes sortes de prétextes. Si M. Harper voulait agir, il pourrait agir. Jusqu'à date, il n'a démontré aucune réelle intention de le faire », a-t-il répété.

Rencontrer les autres chefs, je n'ai rien contre, mais ce n'est pas ça qui peut changer [les choses]. C'est le premier ministre qui doit agir.

Une citation de :Thomas Mulcair, chef du Nouveau Parti démocratique

Le chef néo-démocrate veut maintenir la pression sur le premier ministre. Il a ajouté que son chef de cabinet avait d'ailleurs contacté celui de M. Harper.

« Mettre la partisanerie de côté »

Le chef du PLC, Justin TrudeauAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le chef du PLC, Justin Trudeau

L'idée d'une rencontre « avec le premier ministre et le chef de l'opposition » afin de trouver une approche concertée pour voir comment le Canada pouvait en faire davantage pour les Syriens qui fuient leur pays a été lancée dimanche après-midi par le chef libéral. En soirée, Justin Trudeau a envoyé une lettre en ce sens à Stephen Harper, Thomas Mulcair et à la chef du Parti vert, Elizabeth May.

« Nous devons mettre la partisanerie de côté et éviter de tirer parti de cette crise dans le but de nous faire du capital politique », leur a-t-il écrit.

En point de presse, lundi matin, il a répété que la situation était urgente.

Nous ne pouvons pas attendre au 19 octobre pour qu'un gouvernement commence à agir.

Une citation de :Justin Trudeau

Il a indiqué qu'il n'avait jusqu'ici reçu aucune réponse des chefs de parti, mais a dit espérer en recevoir « dans les jours à venir ».

Duceppe rappelle un exemple passé

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, qui ne faisait pas partie des destinataires de la lettre, a cependant renchéri sur l'urgence d'agir. « On ne peut pas attendre trois, quatre, cinq mois. Il faut agir immédiatement », a lancé celui dont la formation a proposé, la semaine dernière, une « trêve électorale » pour s'occuper sans attendre de la question des réfugiés.

Il a soutenu qu'il fallait s'inspirer de l'expertise du passé, évoquant l'exemple du Kosovo, à la fin des années 1990, lorsque le Canada a accueilli quelque 6000 réfugiés en six mois, « avec l'aide de la Croix-Rouge et de l'armée canadienne ». « Il y avait également une action militaire au Kosovo et de l'action humanitaire, qui allaient ensemble », a-t-il rappelé.

« Je trouve qu'on devrait avoir un débat non partisan sur cette question. C'est un débat humanitaire », a-t-il martelé.

Les partis d'opposition estiment que le Canada devrait accueillir davantage de réfugiés syriens.

Le Nouveau Parti démocratique propose de recevoir 10 000 réfugiés syriens parrainés par le gouvernement dès cette année, puis 9000 par an au cours des quatre années suivantes. Le Parti libéral préconise quant à lui d'en accueillir 25 000 d'ici la fin de l'année, mais son chef a plutôt évoqué la fin de l'année fiscale.

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