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Le gym et les repas gratuits au travail ont un prix

Des ingénieurs de Google au travail à Kirkland, près de Washington, le 28 octobre 2009. Les quelque 350 employés ont notamment accès au travail à un mur d'escalade et à un gymnase.

Des ingénieurs de Google au travail à Kirkland, près de Washington, le 28 octobre 2009. Les quelque 350 employés ont notamment accès au travail à un mur d'escalade et à un gymnase.

Photo : Getty Images / Getty Images/Stephen Brashear

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le modèle traditionnel du travail a éclaté avec la révolution des nouvelles technologies. Est-ce mieux pour autant?

Un texte de Danny BraünTwitterCourriel à Désautels le dimanche

Pour les travailleurs du web, l'heure n'est plus au 9 à 5, aux 40 heures par semaine et aux deux semaines de congé payé par année.

Ils recherchent des horaires flexibles, la possibilité de travailler où bon leur semble, quand ils le veulent, au nom de la qualité de vie, nouvel adage des générations Y et Z. Ils sont souvent informaticiens, programmeurs, éditeurs, graphistes et font rêver ceux et celles qui regardent passer le train technologique.

« Chez Google, nous avons une cuisine qui sert gratuitement des repas gourmets à nos employés. Il y a un gym, des fauteuils de massage, une salle de jeu, un studio de musique, des espaces vélo et un service de lessive à la disposition des employés. Les espaces de travail sont ouverts pour encourager la résolution de problèmes en équipe », explique Marie-Josée Lamothe, directrice de Google Québec.

Google arrive bon premier chaque année au palmarès des meilleurs endroits où travailler, selon le Best Place to Work Institute.

Les nouveaux esclaves?

Mais derrière cette façade sympathique se cachent souvent des conditions de travail et salariales qui sont bien loin du rêve. Précarité, accessibilité partout et en tout temps, plusieurs de ces travailleurs sont devenus les nouveaux esclaves de l'ère technologique.

Ils ont subi un net recul de leurs conditions de travail et des garanties traditionnellement défendues par les syndicats, qui sont à peu près absents de cette révolution technologique. Une des conséquences les plus directes pour ces travailleurs : l'épuisement professionnel.

François Lebel, ingénieur en logiciels à San Francisco, raconte qu'il est déjà passé par là. Écoutez son témoignage dans l'extrait ci-dessous.

J'essaie d'être un peu plus sage et de bien gérer mon temps pour être capable d'avoir une saine qualité de vie autant au travail que dans ma vie personnelle.

François Lebel, ingénieur en logiciels

Pour écouter cet extrait sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

L'ère des horaires plus flexibles

Mais tout est loin d'être sombre. La révolution 2.0 bouscule des schèmes de management qui datent de la révolution industrielle. Elle se déroule à un rythme effréné, et elle est irréversible.

Il y aurait moyen d'en profiter sans en subir les dérives, croit Peter Yared, fondateur de Sapho, une entreprise qui gère des systèmes informatiques, et auteur d'un blogue sur la révolution 2.0. Il était directeur des systèmes interactifs de l'information à CBS.

On voit des gens qui rentrent travailler même s'ils ne se sentent pas trop bien ou ne sont pas motivés cette journée-là. Et très souvent les gens prétendent travailler alors qu'en réalité ils ne travaillent pas. Ils vont parler avec leurs collègues, regarder Facebook. Ce serait bien mieux s'ils disaient : "vous savez quoi? Je ne rentre pas aujourd'hui et je travaillerai samedi à la place".

Peter Yared

Peter Yared explique que cette approche plus flexible est très nouvelle, et que les grandes compagnies ont beaucoup de difficulté à faire la transition. « C'est pour ça que vous retrouvez davantage ce phénomène dans les petites compagnies. » Écoutez ses propos dans l'extrait ci-dessous.

Pour écouter cet extrait sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

La clé : des employés motivés

Ce nouveau modèle serait applicable à d'autres secteurs que les nouvelles technologies, selon Greg Isenberg. Ce Montréalais d'origine, âgé de 26 ans, a déjà créé et vendu trois entreprises émergentes, dont 5By.

« Que ce soit une entreprise de récupération de métal ou de création de logiciels, vos employés doivent avoir le sentiment que ce qu'ils font est ce qu'il y a de meilleur depuis l'invention du pain tranché. Quand vous embauchez quelqu'un, vous devez vous demander : qu'est-ce qui motive cette personne? Et puis faites-lui une proposition qui tienne compte de ce qui la passionne », explique Greg Isenberg.

Écoutez le reportage de Danny Braün diffusé le 6 septembre à Désautels le dimanche sur ICI.Radio-Canada.ca.

Qu'est-ce qui est le plus important pour vous sur le plan des conditions de travail? Faites-nous part de vos commentaires ci-dessous.

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