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SkyGreece demande la protection de la cour contre ses créanciers

L'unique avion de la compagnie SkyGreece à l'aéroport Pearson de Toronto.

L'unique avion de la compagnie SkyGreece à l'aéroport Pearson de Toronto.

Radio-Canada

L'Office des transports du Canada avait donné jusqu'à 17 h, jeudi, au transporteur à rabais SkyGreece pour s'expliquer, à la suite de la suspension soudaine, il y a une semaine, de ses vols entre Toronto, Montréal et la Grèce.

Le transporteur aérien SkyGreece Airlines a plutôt demandé la protection de la cour contre ses créanciers au Canada.

Les avocats du transporteur établi à Toronto ont avisé l'Office des transports du Canada que la société entendait faire une proposition à ses créanciers en vertu de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité.

Selon l'entreprise, le processus de restructuration supervisé par la cour « s'assurera qu'à long terme, toutes les parties prenantes, incluant les passagers, soient traitées de façon équitables et reçoivent une juste compensation pour leurs réclamations ».

La décision de SkyGreece force l'interruption des procédures entamées contre la société lorsqu'un défenseur des droits des passagers, Gabor Lukacs, a déposé une réclamation auprès de l'Office des transports du Canada.

Selon l'Office, SkyGreece semblait être en « violation » des règles tarifaires internationales. L'agence fédérale expliquait que le transporteur ne pouvait pas se contenter de renvoyer le millier de clients touchés à leur agence de voyages. « En fait, certains passagers n'avaient peut-être même pas réservé leur billet auprès d'une agence de voyages », précise l'Office.

M. Lukacs avait fait une demande d'urgence pour protéger les passagers touchés par l'arrêt des activités, annoncé le 27 août, après plus d'une semaine de perturbations de service. Il exigeait aussi que l'office ordonne à SkyGreece de prévoir un fonds de sécurité de 8,7 millions $ pour dédommager les passagers.

Ernst & Young a été nommé comme syndic et s'occupera des communications entre les créanciers et les clients de SkyGreece. Le transporteur, fondé en 2012, avait amorcé ses activités en 2014 et ne comptait qu'un avion.

Le site web de SkyGreece n'est plus fonctionnel.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le site web de SkyGreece n'est plus fonctionnel.

Photo : SkyGreece

Critiques

L'Office des transports a lui-même été accusé de tarder à agir dans le dossier. Gabor Lukacs a affirmé que l'agence fédérale manquait de mordant.

La passagère montréalaise, Annie Picard, qui devait partir dans deux semaines, raconte qu'elle a dû réserver un autre billet, cette fois-ci avec Air Canada, en payant près de 200 $ de plus.

On aurait aimé que la réponse [de l'Office des transports] vienne plus rapidement.

Annie Picard, passagère

Elle souligne que bien d'autres clients de SkyGreece se sont carrément retrouvés coincés en Grèce ou au Canada, à la suite de l'annulation abrupte des vols.

L'Office n'explique pas dans son communiqué pourquoi il a décidé d'intervenir maintenant, mis à part le fait qu'il a reçu 15 plaintes de passagers, en plus de celle de M. Lukacs.

De son côté, le professeur de gestion à l'UQAM Mehran Ebrahimi doute de l'effet à court terme de l'ultimatum de l'Office des transports.

C'est pour se donner bonne conscience.

Mehran Ebrahimi, spécialiste du secteur aérien

Il souligne que même si l'Office des transports suspend le permis d'exploitation de SkyGreece, le transporteur n'a « pratiquement aucune marge de manoeuvre » financièrement.

 

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