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Le NPD peut-il créer 1 million de places en garderie rapidement? L'épreuve des faits

Le chef Thomas Mulcair à la rencontre de familles lors du Stampede de Calgary, le 4 juillet dernier. Sur la photo : le petit Elijah et son père, Rod Day.

Le chef Thomas Mulcair à la rencontre de familles lors du Stampede de Calgary, le 4 juillet dernier. Sur la photo : le petit Elijah et son père, Rod Day.

Photo : La Presse canadienne / Larry MacDougal

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La création d'un programme universel de garderies à 15 $ par jour est l'une des promesses clés du Nouveau Parti démocratique (NPD). Son chef, Thomas Mulcair, affirme qu'il pourrait mettre ce programme en place assez rapidement une fois élu. Est-ce réaliste ?

Un texte de Denis-Martin ChabotTwitterCourriel

« Des garderies à 15 $ par jour verront le jour dès notre élection. »

— Une citation de  Thomas Mulcair, chef du NPD

Vérification faite : ce n'est pas impossible, mais il faudra d'abord convaincre les provinces. 

Le NPD a pour ambition de créer d'ici huit ans 1 million de places en garderies, un projet de 5 milliards $. Jusqu'à 40 % de ces places seraient financées par les provinces, selon le parti.

La proposition a reçu un accueil mitigé jusqu'à maintenant. La plupart des provinces jonglent déjà avec des budgets déficitaires, dont l'Alberta, qui vient d'élire un gouvernement néo-démocrate. Cette année seulement, son déficit atteindra 6 milliards $. 

Le NPD précise que le partage des coûts de 60/40 est « une proposition pour s'assoir à la table de discussion ». « Effectivement, ça pourrait changer selon la province », ajoute-t-il. 

Des négociations difficiles à prévoir

Selon le directeur du Département de science politique de l'Université de Moncton, Roger Ouellette, il faudrait un gouvernement néo-démocrate majoritaire pour que se réalise cette promesse. Sinon, sachant qu'un autre parti pourrait prendre le pouvoir deux ans plus tard, les provinces risquent de refuser de s'engager dans des négociations. 

« À la lumière des expériences passées des négociations fédérales-provinciales, il est peu probable que cette promesse du NPD puisse voir le jour, du moins dans l'ensemble des provinces et territoires au cours d'un premier mandat. »

— Une citation de  Roger Ouellette

« [C'est] encore moins réaliste s'il s'agit d'un gouvernement minoritaire, dont la durée de vie dépasse rarement les 24 mois », ajoute-t-il.

Les programmes à coûts partagés sont généralement une pomme de discorde, rappelle pour sa part le professeur de l'Université Laval Réjean Pelletier. La raison est qu'au fil du temps, la part des provinces a tendance à augmenter et, en conséquence, celle d'Ottawa à diminuer, notamment en santé.

« Cela risque d'avoir un impact sur d'autres ententes fédérales-provinciales. Les provinces pourraient alors faire des pressions sur Ottawa. S'il veut son programme de garderie, il devra aussi augmenter ses transferts en santé. »

— Une citation de  Réjean Pelletier 

Un prix variable?

Le NPD  ne précise pas si son tarif de 5 $ par jour serait imposé à toutes les provinces.

Le Québec, qui a déjà son programme de garderies depuis plus de 15 ans, a un tarif de base moins élevé, à 7,30 $ par jour. Ce taux est modulé depuis le budget 2015 selon les revenus des parents et peut atteindre 20 $.

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