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  • Exclusif
  • Victimes métisses d'agression dans les écoles du Manitoba : la MMF réclame justice

    Le président de la Fédération des Métis du Manitoba, David Chartrand, dit que l'entente conclue reconnaît les droits des Métis.

    Photo : Sean Kilpatrick/Presse canadienne

    Radio-Canada

    Radio-Canada a appris que la Fédération des métis du Manitoba (MMF) dirige de nombreux anciens élèves métis qui auraient subi des sévices sexuels dans des écoles régies par le gouvernement du Manitoba vers un avocat de Winnipeg spécialisé dans l'indemnisation pour anciens élèves des pensionnats autochtones.

    Un texte de Jacques MarcouxTwitterCourriel

    La MMF veut ainsi voir une indemnisation des victimes métisses de sévices sexuels semblables à celle déjà accordée aux anciens élèves des pensionnats autochtones en 2007.

    « Nous voulons nous assurer que leurs voix soient entendues et qu'il existe un mécanisme par le biais duquel les victimes peuvent déposer des demandes d'indemnisation et aussi obtenir l'accès et des programmes d'aide sociale », explique André Carrier, membre du conseil d'administration de la MMF.

    M. Carrier dit que 70 membres de la fédération ont déjà signalé des cas d'agression, et que 30 d'entre eux ont déjà entamé des démarches juridiques. Selon les estimations de la MMF, de 500 à 1000 victimes d'agression au sein des écoles provinciales seraient encore vivantes.

    Deux poursuites civiles

    Deux poursuites au civil contre le gouvernement du Manitoba, l'archidiocèse de Winnipeg et les Soeurs de Notre-Dame des missions pour des allégations d'agressions sexuelles aux mains d'enseignants religieux à l'École Saint-Eustache dans les années 50 et 60 sont déjà devant les tribunaux.

    Dans les deux déclarations déposées devant la Cour du banc de la reine du Manitoba, deux anciens élèves métis, Eva Marie Larocque et Albert Joseph Larocque, allèguent qu'ils ont été victimes d'agression physique et sexuelle, tels que des attouchements et des rapports sexuels violents, de la part de « l'abbé U. Paquette et la soeur l'Assencion ». Tous les prétendus agresseurs nommés ne sont plus vivants.

    La MMF espère qu'une victoire dans ces deux premières poursuites pourrait établir un précédent en vue d'un règlement d'indemnisation pour toutes les victimes métisses.

    Israel Ludwig, l'avocat représentant les plaignants, explique qu'il poursuit les organismes responsables pour les anciens enseignants et aussi le gouvernement du Manitoba, qui s'acquitte de la gestion des écoles provinciales. 

    « Je souhaite qu'on arrive à obtenir un règlement à l'amiable. Ces victimes d'agression sont dans un état fragile, donc si ces réclamations se transforment en lutte juridique, les conséquences peuvent être désastreuses », dit Israel Ludwig, l'avocat représentant les plaignants.

    « C'est une occasion pour les victimes d'agression de mettre un terme à leur souffrance et aussi d'obtenir l'aide dont ils ont besoin », dit-il.

    Le ministère de la Justice du Manitoba dit qu'il ne commentera pas le dossier puisqu'il se retrouve devant les tribunaux. Les Soeurs de Notre-Dame des missions n'ont pas répondu aux appels de Radio-Canada. L'archidiocèse de Winnipeg n'a pas voulu commenter la situation. 

    Manitoba

    Justice