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Le demi, monnaie exclusive à la Gaspésie

Le reportage de Jean-François Deschênes

Une monnaie locale, le demi, circule depuis peu en Gaspésie. Il s'agit de billets ordinaires émis par la Banque du Canada qui ont été coupés en deux. Chaque morceau vaut la moitié de la valeur du billet initial.

Un texte de Brigitte DubéTwitterCourriel

Jusqu'ici, seulement quelques consommateurs et quelques commerçants acceptent les demis. Cette monnaie ne circule qu'en Gaspésie, ce qui permet de stimuler et de protéger l'économie locale, estiment ses utilisateurs.

Le commerçant qui l'accepte me fait une promesse : celle d'acheter local. C'est une économie parallèle, comme un pari qu'on fait pour notre économie. Il faut être au courant pour l'utiliser, ce qui crée un réseau étanche. C'est une façon de consolider notre argent à nous, ici.

Michelle Secours, commerçante de Caplan qui accepte le demi

Martin Zibeau, de Saint-Siméon, un utilisateur, fait remarquer qu'il est impossible d'accumuler les demis. « C'est une monnaie qui a besoin de rouler », mentionne-t-il.

Patrick Dubois, de Carleton-sur-Mer, ajoute que cette monnaie est complètement décentralisée. « Ça fonctionne par le bouche-à-oreille et c'est en développement. On ne sait pas combien de billets circulent ni combien de personnes les acceptent. Je connais cinq ou six commerces qui l'utilisent et tout autant de clients », estime-t-il.

C'est un peu une entente tacite entre commerçant et client.

Le commerçant me fait la promesse d'acheter local parce qu'il ne pourra pas acheter ailleurs.

Patrick Dubois

Selon Patrick Dubois, beaucoup de touristes ont été en contact avec le demi et vont probablement en parler chez eux. « J'ai hâte de voir si le demi ne va pas apparaître partout! » plaisante-t-il.

Tant que la monnaie est utilisée comme monnaie, il semble que l'utilisation du demi soit légale, présume Martin Zibeau.

À la limite, si on se retrouve dans le trouble, il suffirait de faire un appel à tous et de recoller les billets avec le même numéro de série et on pourrait ravoir la valeur. On peut toujours les reconstituer.

Martin Zibeau

Des Gaspésiens rêvaient de créer la piastre gaspésienne. Le demi en est peut-être un avant-goût.

Pas illégal, mais...

Selon la Banque du Canada, il n'est pas illégal d'écrire, d'apposer des marques sur des billets de banque ou de les mutiler.

Aucune disposition n'est prévue dans la Loi sur les banques ni dans le Code criminel à propos de la mutilation des billets de banque. Cependant, il existe des raisons importantes d'éviter pareilles pratiques. Des inscriptions sur des billets de banque ou leur mutilation peuvent nuire à la vérification des éléments de sécurité des billets et réduire leur durée de vie.

La Banque du Canada juge toutefois inapproprié d'écrire, d'apposer des marques sur les billets ou de les mutiler.

Remboursement des billets mutilés

Fait à noter, la Banque du Canada offre un service de remboursement « dans les cas appropriés, aux demandeurs qui présentent des billets contaminés ou mutilés autrement que par l'usure normale ».

Il est toutefois à noter que la Banque refuse de rembourser des billets mutilés « si elle a des raisons de douter, sur la base de recherches, de preuves ou du bon sens, de la validité de la demande, en tout ou en partie, ou encore si elle juge [...] qu'un ou plusieurs des éléments de sécurité des billets ont été supprimés ou modifiés, ou encore que ces derniers ont été modifiés ou endommagés délibérément ou de façon systématique par un procédé dont on pouvait vraisemblablement s'attendre à ce qu'il ait pour effet de les abîmer, par exemple l'application de teinture ou encore un lavage ou traitement chimique. »

S (Nouvelle fenêtre)ource : Politique en matière de remboursement des billets de banque canadiens contaminés ou mutilés (Banque du Canada)  (Nouvelle fenêtre)
(Nouvelle fenêtre)

D'après un reportage d'Isabelle Larose

Est du Québec

Économie