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L'Égypte adopte une loi antiterroriste controversée

Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi pendant le sommet de la Ligue arabe.

Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi pendant le sommet de la Ligue arabe.

Photo : Amr Dalsh / Reuters

Reuters

Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a promulgué une nouvelle loi antiterroriste pour créer des tribunaux spéciaux et fournir des protections juridiques aux membres des forces de l'ordre chargés de la mettre en oeuvre.

Cette loi précise aussi l'éventail des peines prévues pour les activités terroristes, qui vont de cinq ans de prison à la peine de mort.

Elle offre un bouclier juridique aux policiers et aux militaires contre d'éventuelles poursuites liées à l'obligation d'un usage proportionné de la force « dans l'exercice de leur mission ».

Confronté aux violences d'islamistes radicaux, notamment dans le Sinaï, Abdel Fattah Al-Sissi a promis en juillet un renforcement de l'arsenal antiterroriste après la mort du procureur général d'Égypte dans un attentat à la voiture piégée au Caire.

Créer ou diriger une organisation qualifiée d'« entité terroriste » par les autorités sera passible de la peine de mort ou de la réclusion à perpétuité, ce qui équivaut en Égypte à 25 ans de prison. L'appartenance à une telle organisation sera passible de 10 ans de prison.

Le financement d'une « organisation terroriste » pourra valoir la prison à vie. L'incitation à la violence, notamment « la promotion d'idées incitant à la violence », entraînera une peine comprise entre cinq et sept ans de prison, tout comme la création ou l'utilisation de sites internet qui répandent de telles opinions.

Les journalistes encourront une amende s'ils contredisent la version des autorités au sujet d'une attaque terroriste. Cette partie de la loi a été amendée après l'indignation internationale soulevée par le projet initial, qui prévoyait un emprisonnement.

Les violences islamistes se sont intensifiées en Égypte depuis qu'Abdel Fattah Al-Sissi, alors chef de l'armée, a renversé en juillet 2013 le président élu Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, à la suite de vastes manifestations contre ce dernier.

La confrérie islamiste, qui se dit pacifique, est désormais qualifiée d'« organisation terroriste » par les autorités égyptiennes, qui ont en outre lancé une répression tous azimuts contre ses partisans et ses dirigeants, dont Mohamed Morsi, lui-même condamné à mort.

En février, Abdel Fattah Al-Sissi a promulgué une précédente loi antiterroriste élargissant les possibilités d'interdiction d'organisations accusées de saper l'unité nationale ou de troubler l'ordre public.

Égypte : retour à l'ordre établi. Notre dossier

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