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Un an après, Ferguson commémore la mort de Michael Brown

Un an après, des gens se réunissent à Ferguson pour commémorer la mort de Michael Brown, cet adolescent noir tué par un policier blanc.

Un an après, des gens se réunissent à Ferguson pour commémorer la mort de Michael Brown, cet adolescent noir tué par un policier blanc.

Reuters

Plusieurs centaines de personnes ont participé dimanche aux rassemblements organisés à Ferguson, dans la banlieue de St. Louis, un an jour pour jour après la mort d'un adolescent noir tué par un policer blanc qui a ravivé la question raciale dans tous les États-Unis.

Sous le slogan « Black Lives Matter », des manifestants s'étaient réunis dès samedi à la mémoire de Michael Brown et pour protester contre les homicides dont sont victimes des membres de la communauté noire lors d'interpellations policières.

Darren Wilson, le policier blanc auteur des coups de feu mortels, n'a pas été inculpé par la justice.

Les rassemblements se sont pour l'essentiel déroulés sans incident, mais plusieurs coups de feu ont été tirés dimanche alors qu'un millier de personnes se rendaient en cortège vers une église.

La police locale a annoncé qu'une personne avait été blessée. Les coups de feu ont vraisemblablement été tirés depuis une voiture. Aucun lien n'a été formellement établi avec la manifestation qui se déroulait au même moment.

Plus tôt dans la journée, la foule avait observé quatre minutes et demie de silence, symbole des quatre heures et demie durant lesquelles le corps de l'adolescent est resté au sol, le 9 août 2014. Deux colombes ont été ensuite relâchées et les participants ont commencé à défiler en silence pour honorer Michael Brown et les autres victimes de violences policières.

Un adolescent noir tué au Texas

Un demi-siècle après les grands rassemblements du mouvement des droits civiques, la mort du jeune homme a suscité un vif débat aux États-Unis sur les violences policières à l'encontre des minorités et, au-delà, relancé la question raciale.

D'autres bavures policières, dans des villes comme New York et Baltimore, ont produit les mêmes scènes de colère et de protestation qu'à Ferguson l'été dernier et conduit des organisations à dénoncer un « racisme institutionnalisé », différent des actes racistes isolés comme l'assassinat de neuf paroissiens dans une église afro-américaine de Charleston, en juin dernier en Caroline du Nord.

« Il y a tellement de meurtres partout dans ce pays. Les gens sont fous, ici et ailleurs. Il faudra beaucoup de temps avant que les plaies se referment », a déclaré Yvette Harris.

Rencontrée dans les rues de Ferguson, cette militante noire de la région de St. Louis est la fondatrice de l'association Mothers Against Senseless Killings, qu'elle a créée après la mort de son fils, victime en 2001 d'un règlement de comptes entre gangs.

Au Texas, un autre adolescent noir, Christian Taylor, a été tué vendredi par un policier blanc qui intervenait sur un cambriolage signalé dans une concession automobile de la ville d'Arlington.

Le jeune homme, qui n'était pas armé, a été abattu par un policier de 49 ans, Brad Miller, qui était encore en formation au sein des services de la police. Les services de la médecine légale ont établi que la victime avait été atteinte au cou, au torse et à l'abdomen.

« Cet événement n'est pas un acte isolé. Il s'est produit alors que notre pays se débat avec les questions de justice sociale, d'inégalités, de racisme et d'infractions policières », a déclaré devant la presse le chef de la police d'Arlington, Will Johnson.

Veillée à la bougie à la mémoire de Christian TaylorAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Veillée à la bougie à la mémoire de Christian Taylor

Photo : La Presse canadienne / Louis DeLuca/The Dallas Morning News via AP

La question des droits civiques

Dans un rapport sur la mort de Michael Brown rendu public en mars dernier, le département de la Justice réclamait de profondes réformes au sein de la police et du système judiciaire local, dénoncés pour leurs préjugés raciaux systématiques qui, selon l'Attorney General (ministre de la Justice) Eric Holder, y ont créé un « environnement toxique ».

Au-delà des violences policières, le débat a aussi porté sur les discriminations. À plusieurs reprises dans l'année écoulée, Barack Obama, le premier président noir de l'histoire des États-Unis, est intervenu dans le débat.

Participant en mars au cinquantième anniversaire de la marche pour les droits civiques organisée en 1965 à Selma, en Alabama, il avait ainsi affirmé que le combat contre les discriminations aux États-Unis avait fait des progrès, mais qu'il n'était toujours pas terminé.

D'après le Parti démocrate, la formation d'Obama, les républicains réclament des mesures plus strictes sur l'identification des électeurs sous prétexte de combattre la fraude électorale, mais dans l'intention véritable de dissuader les minorités d'aller voter.

Samedi, dans son allocution hebdomadaire, Barack Obama a de nouveau pris la défense du Voting Rights Act. Promulguée quelques mois après la marche violemment réprimée de Selma, cette loi la loi tirait un trait sur les atteintes au droit de vote de la population noire.

« Cinquante ans après le Voting Rights Act, il existe encore bien trop de barrières contre le vote, et de trop nombreuses personnes tentent d'en ériger de nouvelles », a-t-il dit.

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