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Blitz conservateur à l'approche de la campagne électorale

Denis Lebel

Denis Lebel

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À quelques jours du déclenchement des élections fédérales, une douzaine de ministres du gouvernement conservateur de Stephen Harper sillonnent le pays pour annoncer l'octroi de financements pour divers projets, souvent locaux, mais importants pour les communautés concernées.

Le lieutenant politique du premier ministre Harper au Québec, Denis Lebel, a par exemple annoncé jeudi que son gouvernement versera des dizaines de millions à 13 entreprises et organismes pour que 65 000 foyers du Québec obtiennent des services Internet haute vitesse.

En après-midi, il se trouvait à Montréal pour une autre annonce concernant le 150e anniversaire de la Confédération et le 375e anniversaire de Montréal, qui seront tous deux célébrés en 2017.

Mercredi, le ministre Lebel avait annoncé à lui seul des investissements d'environ 600 000 $ dans trois projets distincts à titre de ministre responsable de Développement économique Canada pour les régions du Québec.

En Ontario, la ministre de la Santé Rona Ambrose a aussi annoncé jeudi l'attribution de près de 1 million de dollars pour « améliorer le potentiel piétonnier » de la ville de St. Thomas.

Son collègue Greg Rickford, ministre des Ressources naturelles du Canada, a annoncé l'attribution de trois contrats totalisant 95 millions de dollars dans le cadre d'un projet de gestion de déchets radioactifs dans les municipalités de Port Hope et de Clarington.

Les conservateurs n'ont plus que quelques jours pour procéder à de telles annonces. Selon nos informations, Stephen Harper demandera dimanche ou lundi au gouverneur général David Johnston de dissoudre le Parlement.

Par ailleurs, Stephen Harper sera dans la circonscription de Mont-Royal, dimanche soir, où se présentera le candidat conservateur Robert Libman. Selon la porte-parole du Parti conservateur, Catherine Loubier, la soixantaine de candidats conservateurs de la province sont tous invités à l'événement, et la plupart y seront.

Pourquoi une campagne si longue?

Le scrutin aura lieu le 19 octobre.

À supposer que Stephen Harper donne bel et bien le coup d'envoi dimanche ou lundi, les Canadiens assisteront à la plus longue campagne de l'histoire canadienne.

A priori, ce choix d'une campagne électorale de 11 semaines constitue un avantage pour les troupes conservatrices puisque, comme l'explique le politologue et professeur de sciences politiques de l'Université Laval Louis Massicotte, le parti de M. Harper est celui qui dispose des plus grandes ressources financières.

En vertu des règles qui prévalaient auparavant, il s'agissait d'un problème pour le Parti conservateur. Mais, d'expliquer M. Massicotte, le premier ministre a changé les règles avec la loi C23 qui a été adoptée l'an dernier.

M. Harper s'est donné la capacité de pouvoir dépenser beaucoup plus, en jouant non pas sur le montant mais sur la durée de la campagne électorale. Il a fait en sorte que le plafond de dépenses augmente en même temps que la durée. Et, si c'est 74 ou 79 jours au lieu des 37 habituels, ça veut dire que le plafond va être doublé.

Une citation de :Louis Massicotte, politologue et professeur de sciences politiques à l'Université Laval

Une arme à double tranchant

Autant ce choix d'une longue campagne peut s'avérer avantageux pour les conservateurs, autant il peut se retourner contre eux, prévient Louis Massicotte.

Il y a d'abord le danger que les contribuables désapprouvent cette décision dont ils feront les frais : « Le danger est que les gens réagissent très mal au déluge publicitaire que ça va impliquer, explique le professeur de l'Université Laval. Ils vont voir aussi que le coût de la campagne sera beaucoup plus élevé pour le contribuable ».

Car cet argent dépensé par les partis politiques et les candidats va être remboursé à hauteur de 50 % pour les partis et à hauteur de 60 % pour les candidats.

Ensuite, autre péril, la perspective que survienne un imprévu qui nuirait aux conservateurs.

Toutes les recherches l'indiquent, l'argent n'est qu'une variable dans une équation beaucoup plus complexe. On ne sait jamais ce qui peut sortir dans une campagne électorale.

Une citation de :Louis Massicotte, politologue et professeur de sciences politiques à l'Université Laval

À la dernière élection provinciale, le Parti québécois avait dépensé plus que ses principaux adversaires, affirme M. Massicotte. « Et on sait comment ça s'est terminé », dit-il.

Avec les informations de La Presse canadienne

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