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Impossible de négocier la paix avec les séparatistes kurdes, dit Erdogan

Une double offensive de la Turquie qui place l'OTAN dans une position délicate
Reuters

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a jugé impossible mardi de poursuivre le processus de paix avec les séparatistes kurdes, entamé à la fin 2012.

« Il est impossible pour nous de poursuivre le processus de paix avec ceux qui menacent notre unité nationale », a déclaré le chef de l'État lors d'une conférence de presse organisée avant son départ pour une visite en Chine.

Il a également préconisé que les responsables politiques liés à des « groupes terroristes » soient privés de leur immunité et poursuivis en justice.

Quelques heures après cette intervention, l'armée turque annonçait que des chasseurs F-16 avaient mené de nouvelles frappes contre des positions du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans la province de Sirnak, dans le sud-est du pays, près de la frontière irakienne, en représailles à une attaque contre une patrouille de la gendarmerie.

Le PKK est considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, les États-Unis, le Canada et l'Union européenne.

Quant au parti d'opposition prokurde HDP (Parti démocratique du peuple), qui a effectué une percée aux législatives du mois dernier, il a été récemment accusé par Erdogan de liens avec le PKK.

Depuis l'attentat-suicide imputé au groupe armé État islamique (EI) qui a fait 32 morts le 20 juillet à Suruç, la Turquie a lancé des raids contre l'EI en Syrie et les camps du PKK en Irak, car les séparatistes kurdes ont lancé après l'attentat plusieurs attaques de représailles contre des policiers accusés de collaboration avec l'EI.

Le PKK estime désormais que la trêve qu'il observe depuis mars 2013 pour permettre des négociations de paix est vide de sens, mais n'est pas allé jusqu'à en annoncer formellement la rupture.

Soutien de l'OTAN

Dans un communiqué publié mardi, le groupe armé kurde accuse le président turc de chercher à affaiblir le HDP avant de probables élections anticipées.

« Il (Erdogan) tente de faire ce qu'il n'a pas obtenu lors des élections du 7 juin [...] Voilà pourquoi il prend ces mesures aujourd'hui », dit le PKK, qui accuse Erdogan de vouloir « écraser » le mouvement politique kurde « afin de créer un système autoritaire et hégémonique ».

Certains Kurdes estiment qu'en cherchant un conflit ouvert  avec le PKK, Tayyip Erdogan cherche à raviver la flamme du nationalisme turc et regagner au passage la confiance de son électorat. 

Lors des élections législatives du 7 juin, Erdogan a vu l'AKP (Parti de la justice et du développement), le parti islamo-conservateur qu'il a fondé, perdre sa majorité absolue et le HDP entrer massivement au Parlement. Mais des observateurs prédisent de nouvelles élections anticipées à l'automne.

Les Kurdes représentent environ 20 % des 77 millions de Turcs.

À sa conférence de presse, Tayyip Erdogan a également jugé que la création d'une « zone de sécurité » dans le nord de la Syrie permettrait le retour en territoire syrien de 1,7 million de réfugiés actuellement hébergés par la Turquie.

Le gouvernement turc a fait savoir lundi qu'il discutait avec les États-Unis de la création d'une telle zone de sécurité.

À Bruxelles, les pays membres de l'OTAN ont apporté leur soutien à la Turquie dans sa lutte contre les insurgés en Syrie et en Irak, mais plusieurs nations ont exhorté Ankara à ne pas faire dérailler le processus de paix avec les Kurdes par un recours excessif à la force militaire.

International