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Thunder Bay, capitale canadienne du meurtre à répétition

Scène de crime.

Scène de crime.

Photo : Yvon Thériault

Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Avec 11 homicides l'an dernier, Thunder Bay décroche le titre peu enviable de capitale canadienne du meurtre pour la troisième fois en cinq ans. La ville du nord-ouest de l'Ontario n'a d'ailleurs jamais quitté les cinq premières positions du classement depuis 2009.

Avant de se hisser au sommet du classement en 2010, Thunder Bay avait pourtant connu un répit relatif au cours des 15 années précédentes. Si le nombre d'homicides varie généralement entre un et sept meurtres annuellement, le classement de la ville à l'échelle nationale évolue aussi en fonction du nombre d'homicides commis ailleurs, dans la trentaine de régions métropolitaines recensée par Statistique Canada.

Thunder Bay, capitale canadienne du meurtre en :

  • 2014, avec 11 meurtres
  • 2012, avec 7 meurtres
  • 2010, avec 5 meurtres
  • 1995, avec 5 meurtres
  • 1993, avec 5 meurtres
  • 1992, avec 7 meurtres  

    Statistiques des crimes, infractions détaillées, d'après les données de Statistique Canada

Thunder Bay compte environ 120 000 résidents. De ce nombre, Statistique Canada évaluait à plus 10 000 la population autochtone de la région en 2006, soit environ 8 %. Presque quatre Autochtones sur dix à Thunder Bay vivaient alors sous le seuil de faible revenu.

La violence et la dépendance aux drogues et à l'alcool sont particulièrement problématiques dans cette ville du nord-ouest ontarien. Il s'agit de premières pistes pour trouver une solution au problème, selon le maire Keith Hobbs, croyant cependant qu'il est impossible d'empêcher complètement les humains de se tuer entre eux. 

L'ancien policier ajoute que sa ville en fait déjà beaucoup pour corriger la situation et que ses efforts seront éventuellement récompensés. Pourtant, le bilan s'alourdit.

Parmi les régions métropolitaines recensée par Statistique Canada, Thunder Bay, avec Guelph et Saint-Jean de Terre-Neuve, sont les moins peuplées, ce qui met une fois encore la ville du nord-ouest sous le feu des projecteurs avec un nombre aussi élevé de meurtres. 

« Ça démontre qu'en tant que communauté, Thunder Bay a du chemin à faire afin de trouver une solution à ce problème de criminalité », estime pour sa part l'agent Chris Adams de la police locale.

La police de Thunder Bay note cependant que rares sont les crimes qui n'ont pas été élucidés. Seulement trois des 56 meurtres commis entre 1998 et 2014 ne sont pas des affaires classées. 

2014, année à oublier

La coordonnatrice d'un conseil de prévention du crime à Thunder Bay n'est pas surprise par les données de 2014, qui montrent aussi que les crimes violents sont généralement en hausse. « Plus les crimes sont sévères, plus ça pèse dans la balance. Avec 11 meurtres l'an dernier, c'était difficile de faire autrement », croit Lee-Ann Chevrette. 

Elle ne peut cependant pas expliquer pourquoi sa ville a enregistré un aussi grand nombre de crimes violents en 2014. Thunder Bay souffre pourtant des mêmes difficultés sociales qu'ailleurs, comme la pauvreté, l'itinérance, la maladie mentale et la dépendance aux drogues et à l'alcool.

Quand un meurtre est commis, il est trop tard. C'est pourquoi il faut miser sur la prévention.

Lee-Ann Chevrette, Conseil de prévention du crime de Thunder Bay

Lee-Ann Chevrette précise qu'un grand nombre de groupes à Thunder Bay s'attaquent au problème, à commencer par le sien. « Le but, c'est zéro meurtre et zéro violence », ajoute-t-elle.

Le conseil de prévention du crime à Thunder Bay compte 32 membres dans 18 secteurs, comme la police, les services aux jeunes et aux autochtones ou encore ceux spécialisés en prévention et traitement des dépendances aux drogues et à l'alcool.

Jusqu'à présent, la police de Thunder Bay ne rapporte qu'un seul homicide en 2015. « C'est un de trop », estime cependant Lee-Ann Chevrette.

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Ontario