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Candidature olympique : Toronto est divisée

Le centre-ville de Toronto

Le centre-ville de Toronto

Photo : PC/AARON HARRIS

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Alors que Toronto a jusqu'à la mi-septembre pour présenter sa candidature pour les Jeux olympiques de 2024, il n'est pas certain que la majorité des conseillers municipaux appuierait un tel projet.

Un texte de Michel BolducTwitterCourriel

Le président du Comité olympique canadien, Marcel Aubut, a dit que la balle était dans le camp de la Ville.

De son côté, le président du comité organisateur des Jeux panaméricains, David Peterson, pense que Toronto pourrait se servir des Panam comme tremplin pour les Olympiques.

Toutefois, nombre de conseillers s'opposent à l'idée ou ont des doutes. Radio-Canada a sondé les 44 échevins torontois. Parmi les 20 répondants, 9 étaient pour une candidature olympique, 5, contre et 6 demeuraient indécis.

[Les Olympiques] amènent beaucoup d'infrastructures, mais au bout du compte, on est coincés avec la facture. Montréal paie encore pour les Jeux de 1976.

Une citation de :Jim Karygiannis, conseiller municipal

De son côté, le conseiller Michael Thompson pense qu'il ne reste pas assez de temps pour étudier la question avant la mi-septembre, mais que « la possibilité existe pour d'autres JO ».

Le maire de Toronto, John Tory, en compagnie d'un porteur de la flamme des Panam (archives).Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le maire de Toronto, John Tory, en compagnie d'un porteur de la flamme des Panam (archives).

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Sa collègue Shelley Carroll affirme, elle, que Toronto devrait plutôt continuer à étudier la faisabilité d'une candidature pour l'Exposition universelle de 2025.

Le maire reste vague

De son côté, le maire John Tory refuse de commenter avant la fin des Jeux panam, dimanche, affirmant que ce serait « conjectural ». Mais il ne ferme pas la porte.

J'ai vu un grand succès [dans les] Jeux panam. Après [les Panam], ce sera le temps de considérer les possibilités.

Une citation de :John Tory, maire de Toronto

Son maire adjoint, Denzil Minnan-Wong, lui, ne cache pas ses intentions. « Je serais pour une candidature [olympique], si le financement adéquat est en place », dit-il. Un dossier de candidature pourrait coûter 50 millions de dollars. Par ailleurs, Toronto devrait obtenir l'appui des gouvernements provincial et fédéral.

Néanmoins, le maire adjoint précise que le Comité international olympique a assoupli ses règles pour rendre les JO plus abordables, en matière d'installations, notamment. Selon lui, la métropole canadienne pourrait former des partenariats avec d'autres villes, comme c'est le cas pour les Panam, dont les épreuves ont lieu un peu partout dans les régions de Toronto et de Hamilton. 

Pour sa part, la première ministre ontarienne, Kathleen Wynne, raconte qu'elle a rencontré M. Aubut. Elle le décrit comme un homme « enthousiaste ». Toutefois, elle veut attendre elle aussi la fin des Panam avant de discuter d'une possible candidature olympique.

Des sites démontables :

Conscient des critiques au sujet du coût de plus en plus prohibitif de l'organisation des JO, le Comité international olympique (CIO) met désormais « davantage l'accent sur l'utilisation de sites existants ainsi que d'installations temporaires et démontables quand la nécessité d'un legs à long terme n'existe pas ou n'est pas justifiée ». Par ailleurs, les villes intéressées n'ont pas de frais d'inscription à payer. Le comité olympique national de toute ville intéressée a jusqu'au 15 septembre afin de déposer une candidature pour 2024. Les candidates devront par la suite présenter un plan détaillé, qui sera évalué par une commission du CIO. Le nom de la ville hôte pour les JO de 2024 sera annoncé à l'été 2017.

Adversaires

Le maire de Boston, Marty Walsh, convoite lui aussi les JO de 2024.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le maire de Boston, Marty Walsh, convoite lui aussi les JO de 2024.

Photo : AP/Elise Amendola

Paris, Boston, Rome, Hambourg et Budapest sont déjà en lice pour 2024.

Toutefois, selon nombre d'observateurs, la conjoncture est bonne pour Toronto, parce que les JO d'été précédents, en 2020, auront lieu à Tokyo, au Japon. La tradition d'alternance entre l'est et l'ouest du monde ferait donc en sorte que ce serait au tour de l'Amérique d'accueillir les Olympiques en 2024.

Par ailleurs, la candidature de Boston a été critiquée pour son manque de détails, entre autres. Cela dit, il reste à voir si Toronto pourrait faire mieux en un mois et demi.

L'ancien premier ministre ontarien David Peterson croit que Toronto « a une chance ». Il ajoute que plusieurs membres du Comité olympique l'ont incité à déposer une candidature. Quant à lui, le Comité olympique canadien refuse de commenter avant la fin des Panam.

La 3e serait la bonne?

La Ville Reine a présenté, en vain, sa candidature à deux reprises pour les JO au cours des 25 dernières années. La métropole canadienne a perdu contre Atlanta pour les Jeux de 1996 et Pékin, pour ceux de 2008. À l'époque, l'ex-maire Mel Lastman avait soulevé la controverse en déclarant qu'il ne voulait pas aller au Kenya pour faire la promotion de la candidature de Toronto, parce qu'il craignait de finir dans la marmite de cannibales.

*Avec la collaboration de Lyne-Françoise Pelletier

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