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L'épandage d'herbicides au N.-B. soulève des craintes

Épandage d'herbicide

Les effets des herbicides sont visibles à gauche.

Photo : CBC/Shane Fowler

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des douzaines de résidents du Nouveau-Brunswick réagissent avec colère à l'épandage d'herbicide par la société provinciale d'énergie à proximité de leur propriété.

Le but de l'épandage est de dégager le terrain sous les lignes électriques. Cette opération inquiète des résidents de Wirral, Tracy, Hoyt et Fredericton Junction.

« Je vois ma communauté se faire empoisonner, lance Shane Kelly, dont la famille habite près d'une zone d'épandage. Ça me rend malade et ça me fait peur. »

Des plantes mortes se trouvent sous des lignes électriques à Wirral. Des résidents affirment que l'épandage à cet endroit a eu lieu l'automne dernier. « C'est dégoûtant », affirme Peter Hogan, un résident. Il ne voit aucune différence entre cela et l'agent orange.

Lundi après-midi, plus d'une vingtaine de résidents ont manifesté devant le bureau du député progressiste-conservateur Jeff Carr, à Fredericton Junction. Ils s'opposent à l'épandage d'herbicides. Le député Carr a reconnu que les gens ont le droit de s'en préoccuper. Il a déclaré que l'épandage d'herbicide est effrayant.

Vision Max est l'un des produits épandus dans la région. Selon la documentation qui l'accompagne, il est considéré comme étant nocif s'il est inhalé ou s'il entre en contact avec la peau. Dans un tel cas, il faut enlever les vêtements contaminés, rincer la peau et consulter un centre antipoison ou un médecin.

Jennifer Graham, du ministère de l'Environnement des Gouvernements locaux, confirme que la société d'énergie est autorisée à épandre le Vision Max.

Dans un courriel, Énergie N.-B. assure que le produit est dilué, et que sa concentration est alors considérée comme étant « essentiellement non-toxique pour les humains et la faune ». L'épandage a lieu lorsque le vent est faible et lorsqu'il ne pleut pas. Des affiches installées à proximité indiquent les produits utilisés et la date de l'épandage. 

Les autorités recommandent aussi aux gens de ne pas se présenter sur le terrain en question moins de 12 heures après l'épandage.

Énergie N.-B. affirme que son programme d'épandage respecte toutes les règles en la matière, et que le produit est approuvé par Santé Canada.

« La sécurité est une priorité chez Énergie NB, à la fois pour le public et pour nos employés. Nous sommes guidés par nos législateurs et régulateurs. Ce produit est utilisé à de très faibles concentrations dans les zones ciblées. Nous allons continuer de suivre les études scientifiques et de respecter les directives des gouvernements fédéraux et provinciaux sur ces produits et nous allons adapter nos méthodes si les consignes de sécurité changent. Nous sommes extrêmement dévouées à assurer la sécurité de nos employés, entrepreneurs et le grand public - et nous allons toujours mener nos activités de cette façon », peut-on lire dans le communiqué de la société Énergie N.-B. envoyé à Radio-Canada Acadie.

Opposition à un ingrédient du Vision Max

Le chef du Parti vert, David Coon, milite depuis longtemps pour une interdiction du Vision Max au Nouveau-Brunswick.

« Le ministre de l'Environnement au Nouveau-Brunswick a le pouvoir d'annuler l'utilisation commerciale ou à l'échelle industrielle de pesticides. L'ingrédient actif est le glyphosate. Un panel de chercheurs a prouvé qu'il est un cancérigène probable », affirme David Coon.

Le glyphosate sert aussi à l'industrie forestière. Dans la région de Kedgwick, l'industrie l'utilise pour éliminer les feuillus au profit de l'épinette.

Un groupe de citoyens dénonce les effets de ce produit sur la santé. Betty St-Pierre en fait partie. Elle exprime de vives inquiétudes.

« Les compagnies ont fait venir des spécialistes qui nous disent que l'arrosage n'est pas dangereux. Le Centre international de la recherche sur le cancer, une division de l'Organisation mondiale de la santé située à Genève, en Suisse, annonce que le glyphosate pose un risque de cancer chez l'humain. Nous autres, ils nous arrosent depuis des années, et on a le plus haut taux de cancer », lance Betty St-Pierre.

Les gens n'oublient pas l'agent orange

Selon le député Jeff Carr, il est difficile de rassurer les gens étant donné l'histoire de l'épandage dans la province.

Des douzaines de Néo-Brunswickois ont été indemnisés par le gouvernement fédéral pour les problèmes de santé dont ils souffrent à la suite de l'épandage de l'agent orange. En 2007, 100 millions de dollars ont été annoncés pour aider les gens qui souffrent de l'agent orange à la base militaire de Gagetown et dans ses environs.

Toutes les familles dans la région ont été touchées d'une manière ou d'une autre, ajoute le député Carr. Selon lui, certains résidents ne seront jamais convaincus que l'épandage d'herbicides est sécuritaire.

Avec les informations de Shane Fowler et d'Émilie Vallières

Avec les informations de CBC

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Acadie