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L'avenir de la Maison Alcan soulève la controverse

Les bâtiments de la Maison Alcan sur la rue Sherbrooke, à Montréal

Les bâtiments de la Maison Alcan sur la rue Sherbrooke, à Montréal

Photo : Google Maps

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des urbanistes et des architectes se portent à la défense de la Maison Alcan, qu'ils perçoivent comme un trésor architectural en plein coeur de Montréal. Ils se désolent de savoir que cet édifice, qui a conservé ses façades historiques, sera défiguré par une immense tour.

Dans la foulée du déménagement du siège social de Rio Tinto Alcan dans la tour Deloitte, en 2016, les nouveaux propriétaires du complexe situé à l'intersection des rues Sherbrooke et Stanley veulent en démolir une partie et construire une tour commerciale de 30 étages.

Une aberration aux yeux de ses défenseurs, dont fait partie Martin Drouin, professeur en études urbaines et touristiques à l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

Construite dans les années 1980, la Maison Alcan, qui a gagné de nombreux prix, a intégré des façades d'immeubles patrimoniaux à un complexe moderne. 

À l'époque, explique M. Drouin, c'était l'une des premières fois qu'un acteur privé décidait « de réhabiliter des édifices de cette ampleur pour construire son siège social ». Une tour de 30 étages viendra détruire l'harmonie du secteur, ajoute-t-il.

« Ce qu'on contredit, c'est l'esprit de la maison Alcan, c'est l'esprit d'une architecture à échelle humaine, d'un design urbain près du piéton », renchérit le directeur de l'École d'urbanisme de l'Université McGill, Raphaël Fischler.

Représentation artistique de ce à quoi ressemblera le site de la Maison Alcan.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Représentation artistique de ce à quoi ressemblera à termes le site de la Maison Alcan.

Photo : Arrondissement de Ville-Marie

L'architecte Adrian Sheppard, professeur à l'École d'architecture de l'Université McGill, a même claqué la porte du comité municipal d'aménagement urbain Jacques-Viger, dont la majorité des membres ont approuvé le projet.

Celui-ci témoigne de la « vitalité retrouvée du centre-ville de Montréal », estime pour sa part Richard Bergeron, responsable de la stratégie pour le centre-ville au conseil exécutif de la Ville de Montréal. 

Les promoteurs ont besoin de l'approbation de l'arrondissement Ville-Marie pour dépasser la limite de 65 mètres de hauteur dans la zone, et tout indique qu'ils l'obtiendront. Les citoyens du secteur avaient quelques jours pour réclamer un référendum sur le projet, mais, en plein été, personne ne s'est manifesté.

Eliot Perrin, registraire à la Société historique du lac St-Louis, dont les bureaux se trouvent en face de la Maison Alcan, déplore que cette démarche n'ait pas été publicisée.

« La consultation publique s'est faite dans les règles de l'art », rétorque M. Bergeron, qui a déjà été membre de la Commission sur la mise en valeur du territoire, l'aménagement urbain et le transport collectif.

L'arrondissement Ville-Marie doit donner son feu vert le 9 septembre.

Avec des informations de Marie-Ève Maheu et de Mathieu Dion

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