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Exode vers le privé : les médecins ont eu « peur » du projet de loi 20

Un stéthoscope de médecin.

Photo : Getty Images/ Carl Court

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le nombre record de médecins qui ont choisi cette année de se désaffilier du régime public est une « conséquence directe » du projet de loi 20, avance le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), Louis Godin.

« C'est une tendance qui était déjà là, qui a été exacerbée par le projet de loi 20 parce que c'était une approche très, très totalitaire et sans précédent de la part du ministre [de la Santé, Gaétan Barrette] », souligne-t-il.

Depuis le début de l'année 2015, sept spécialistes et 44 omnipraticiens ont choisi de quitter le régime public pour se diriger vers la pratique privée, révélait mardi le quotidien Le Devoir. C'est deux fois plus que la moyenne annuelle des 10 dernières années.

On était convaincus que ça arriverait. On le dit depuis le début.

Une citation de :Louis Godin, président de la FMOQ

L'omnipraticienne et présidente de Médecins québécois pour un régime public (MQRP), Isabelle Leblanc, abonde dans le même sens.

« Le projet de loi 20 a fait peur à tout le monde, je pense que c'est pour ça qu'il y a une grande augmentation de gens qui ont décidé d'aller vers le privé », plaide-t-elle.

« Dès qu'on déstabilise le système, ça fait une ouverture. Les patients ont encore plus de difficulté à avoir accès à des soins de santé, alors ça crée une ouverture pour le privé », poursuit-elle.

De son côté, l'opposition péquiste presse le ministre Barrette de rétablir les ponts avec les médecins pour éviter un exode vers le privé. La porte-parole du Parti québécois en matière de santé, Diane Lamarre, suggère au ministre d'examiner la possibilité de recourir à l'article 30 de la Loi sur la RAMQ pour suspendre la transition des médecins vers le privé.

Mais une mesure aussi radicale ne plaît pas au président de la FMOQ. M. Godin pense que la tendance actuelle à la hausse est un phénomène plutôt ponctuel.

Quelles solutions? 

Comme elle œuvre dans le milieu de l'enseignement, la Dre Leblanc constate que les résidents sont sollicités par le privé alors qu'ils n'ont pas encore quitté les bancs d'école. Elle demande maintenant au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, d'agir afin de freiner cet exode vers le privé.

C'est sûr que si le ministre décidait de faire une consultation auprès des médecins, des infirmières et des travailleurs du milieu de la santé, on pourrait trouver une solution.

Une citation de :Isabelle Leblanc, présidente de MQRP

De son côté, Louis Godin est « convaincu » que la nouvelle entente survenue en mai avec le ministre Barrette ramènera « un bon nombre » de médecins vers le régime public. Ceux qui se sont dirigés au privé en 2015 ont pris leur décision avant que soit conclue cette entente qualifiée d'« historique », soutient-il.

« Ce qui est important, c'est de s'assurer qu'au cours des prochaines années, on mette complètement de côté ce projet de loi [...] et que les conditions que le ministre s'est engagé à poser, à mettre de l'avant, qu'elles soient au rendez-vous », suggère-t-il.

Le ministre de la Santé et la FMOQ se sont engagés en mai à fournir un médecin de famille à tous les Québécois d'ici le 31 décembre 2017. L'idée des quotas, incluse dans le projet de loi, a été mise de côté.

Le cabinet du ministre de la Santé réagit

« Le ministre assure un suivi continu dans ce dossier », a précisé mardi le cabinet de Gaétan Barrette. Il rappelle que le ministre a le pouvoir d'agir pour « assurer l'accessibilité et la gratuité des services », en forçant un médecin qui évolue dans le privé à facturer ses patients selon la grille tarifaire de la RAMQ. Ces patients peuvent ensuite se faire rembourser par Québec. En date du 17 juillet 2015, 1,8 % des médecins travaillent hors régime.

Avec les informations de La Presse canadienne

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