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Résidence Cooke : les préposés ont besoin d'aide, selon l'auteure de la vidéo

Enquête dans une résidence

La femme qui a filmé un homme gisant sur le sol après être tombé de son lit au Centre d'hébergement Cooke n'en veut pas aux préposés du centre. Elle désire au contraire les aider en dénonçant ces délais « inacceptables ». 

Johanne Panneton allait visiter sa mère, âgée de 85 ans, au centre d'hébergement Cooke, à Trois-Rivières, mercredi dernier, quand elle a constaté que deux résidents étaient au sol, sans personne pour les aider à se relever.

Johanne Panneton, auteure de la vidéo à la résidence CookeJohanne Panneton, auteure de la vidéo à la résidence Cooke Photo : ICI Radio-Canada

Après avoir parcouru le corridor afin d'aller voir les deux personnes pour leur offrir du soutien, Mme Panneton a décidé de filmer la situation, malgré la panique qui l'agitait. Une décision prise après avoir précédemment constaté d'autres manquements.

J'ai décidé de filmer parce qu'on m'avait dit dans le passé : "donnez-nous les preuves et on va essayer de faire quelque chose quand il arrive un incident comme celui-là". 

Johanne Panneton

En point de presse, le président du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Martin Beaumont, a indiqué qu'une enquête administrative avait été lancée, mais a défendu son personnel qui, selon lui, a agi dans les normes. Il a jugé convenable le délai d'intervention.

Pour moi, un délai d'intervention de deux minutes, avec une clientèle qui se retrouve dans son milieu de vie, me paraît acceptable.

Martin Beaumont, président, CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec

Mme Panneton soutient toutefois que les patients étaient en détresse depuis au moins cinq à dix minutes lorsqu'elle a commencé à filmer. Selon elle, même si le ratio d'un préposé pour 13 usagers a été respecté, cette façon de faire n'est « pas humaine ». 

Une vidéo qui génère un flot de réactions

Rosaire Hamelin, président du syndicat du personnel auxiliaire au CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec, déplore le manque de personnel et la lourdeur de la tâche qu'ils doivent accomplir.

Moi je pense que des conditions pareilles sont inacceptables. Il faut que quelqu'un réagisse, faut trouver des solutions, parce que ça n'a plus de sens.

Rosaire Hamelin, président du Syndicat québécois des employées et employés de service du CSSS de Trois-Rivières

Le directeur général du regroupement provincial des comités des usagers, Pierre Blain, a constaté que les lits étaient trop élevés pour permettre à une personne d'en descendre aisément. Il estime qu'il y a un problème à la résidence Cooke. 

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, Régine Laurent, déplore le fait que cet incident ne soit pas une exception à l'échelle nationale. 

Imaginez la souffrance morale d'une personne qui se demande quand quelqu'un va venir...

Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec

Mme Laurent a affirmé que sa Fédération veut travailler de pair avec le gouvernement pour trouver des solutions en regardant les besoins des patients, mais dénonce les coupes appliquées selon « cette fameuse norme qui est du mur-à-mur ». Elle a aussi évoqué une population vieillissante « qu'on a l'obligation de traiter de façon respectueuse et humaine. »

Des ratios critiqués

Michel Lemellin, président de la Fédération professionnelle des préposés aux bénéficiaires du Québec (FPBQ), s'est dit préoccupé, mais pas surpris. Selon lui, le nombre de de résidents à prendre en charge par chaque préposé est non seulement exagéré, mais également rarement respecté.

Voici une image tirée de la vidéo filmée dans la résidence Cooke, mercredi dernier.Voici une image tirée de la vidéo filmée dans la résidence Cooke, mercredi dernier. Photo : Johanne Panneton

M. Lemellin fait état d'une division entre sa Fédération et le gouvernement du Québec relativement aux ratios : « Pour eux, le ratio actuel est acceptable. Pour nous, le ratio est inacceptable. Si on fait un comparatif entre 1990  et 2000, en un avant-midi, on avait cinq patients : trois cas lourds, deux cas légers à prendre en charge, donc on pouvait donner de la qualité. Aujourd'hui, on parle de sept, parfois quatorze patients en charge au niveau des besoins fondamentaux. »

M. Lemellin se dit rassuré par le fait que le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Gaétan Barrette, ait demandé une enquête pour faire la lumière sur la situation au Centre d'hébergement Cooke.

Société