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Accidents ferroviaires : le BST n'envoie pas toujours un enquêteur, pourquoi?

Huit wagons ont déraillé

Huit wagons ont déraillé

Photo : Daniel Blanchette Pelletier

Radio-Canada

Le Bureau de la sécurité des transports (BST) du Canada n'enquêtera pas sur le déraillement d'un train du Canadien National près de Fort Frances vendredi. Il s'agit du deuxième accident ferroviaire consécutif dans le Nord de l'Ontario où les enquêteurs du BST ne sont pas envoyés sur place.

Un texte de Daniel Blanchette PelletierTwitterCourriel

Alors que le train du CN se dirigeait vers l'est du pays, quatorze wagons ont quitté la voie ferrée près de la petite communauté de Barwick. L'un d'eux s'est même perforé, déversant jusqu'à 45 000 litres de distillat de pétrole dans l'environnement.

Le BST ne pourrait pas enquêter sur tous les déraillements de train.

L'enquêteuse du BST, Nathalie Lepage

Aucun enquêteur du Bureau de la sécurité des transports ne s'est rendu non plus dans un parc provincial à l'ouest de Sudbury, où a déraillé un train de la Huron Central Railway en juin. Les deux accidents ont cependant été ajoutés à la base de données interne du BST.

Quelque 1500 déraillements ou autres accidents ferroviaires surviennent en moyenne chaque année au Canada. Avec seulement une vingtaine d'enquêteurs, le Bureau de la sécurité des transports est incapable d'enquêter sur chacun d'un. « Il faut choisir les évènements sur lesquels enquêter, habituellement ceux dont peuvent ressortir le plus grand nombre de leçons de sécurité », explique Nathalie Lepage.

L'enquêteuse principale au BST ajoute que lorsque des accidents sont semblables, seul l'un d'eux fait l'objet d'une enquête. D'autres facteurs, comme l'ampleur de la catastrophe ainsi que l'impact sur l'environnement et l'humain, entrent aussi en jeu.

Entre les mains des compagnies ferroviaires

La compagnie Huron Central sur le site de son déraillement dans la région de SudburyAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le compagnie Huron Central sur le site de son déraillement dans la région de Sudbury

Photo : Radio-Canada/Daniel Blanchette Pelletier

« Sans enquête, on ne sait pas ce qui a causé le déraillement », déplore le député fédéral de Nickel Belt, Claude Gravelle.

Quand le BST n'enquête pas, les compagnies ferroviaires analysent cependant elles-mêmes les causes de leurs accidents. C'est inquiétant, selon le député néo-démocrate.

« Je ne pense pas qu'on puisse se fier aux compagnies privées, qui se gèrent d'abord et avant tout en gardant leurs profits en tête, déplore Claude Gravelle. Ce n'est pas une bonne chose pour les Canadiens touchés par ces déraillements. »

Le Bureau de la sécurité des transports précise cependant qu'il revoit le travail des entreprises ferroviaires, même en n'allant pas sur place. « S'il y a des choses qui clochent, on va les appeler et consulter leurs dossiers », assure Nathalie Lepage.

Le ministère des Transports de l'Ontario, lui, n'a que la responsabilité d'informer son homologue fédéral lors d'un déraillement. Il surveille ensuite la situation et gère la fermeture de routes, si nécessaire. « Le rôle du ministère n'est pas d'enquêter sur l'accident en lui-même », indique son porte-parole Ajay Woozageer par courriel.

La sécurité ferroviaire n'en demeure pas moins au sommet de ses priorités et interpelle fréquemment le gouvernement fédéral à ce sujet.

La députée provinciale de Nickel Belt, France Gélinas, déplore cependant le manque d'enquête indépendante. Elle s'inquiète du fait que le BST n'enquête pas systématiquement sur un accident ferroviaire. La néo-démocrate ajoute qu'il y a trop de déraillements dans le Nord de l'Ontario pour ne pas les analyser plus en détail.

Trois accidents ferroviaires font toujours l'objet d'une enquête dans le Nord

Le manque d'entretien est souvent au coeur des déraillements de train, selon le député Claude Gravelle. Les récents rapports du BST, sur deux accidents près de Fort Frances et White River, tendent à lui donner raison.

Trois enquêtes du Bureau de la sécurité des transports sont toujours ouvertes dans le Nord de l'Ontario, notamment pour les deux déraillements majeurs, survenus à moins d'un mois d'intervalle cet hiver près de Gogama. Les conclusions préliminaires indiquent aussi que des défaillances sur la voie ferrée seraient à l'origine de la catastrophe.

Le BST enquête par ailleurs sur un autre accident à Nipigon.

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