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Assiste-t-on au retour du ciné-parc?

Un ciné-parc en Indiana, aux États-Unis.
Un ciné-parc en Indiana, aux États-Unis. Photo: KYLE GRANTHAM
Radio-Canada

Combien de fois a-t-on annoncé la mort des ciné-parcs au Québec? L'été 2015 pourrait toutefois marquer un tournant pour cette industrie, qui constate un engouement retrouvé pour cette formule de divertissement typiquement nord-américaine.

Un texte de Félix-Antoine ViensTwitterCourriel

Les exploitants de ciné-parcs sont unanimes. Les deux premiers mois de la saison estivale ont été un succès.

« Ça va très bien malgré la température, explique André Monette, propriétaire depuis 1987 du Ciné-Parc Saint-Hilaire, sur la Rive-Sud dans la région de Montréal. On est en voie de connaître notre meilleure saison depuis notre ouverture. »

La pluie est l'ennemi juré des ciné-parcs. Si quelques journées ont été gâchées en mai et en juin, les conditions météo ont été dans l'ensemble clémentes.

La programmation a également joué en faveur des propriétaires de ciné-parcs. Films catastrophes, superhéros et divertissements pour la famille; le public a été servi.

« On a des films appropriés [pour le ciné-parc] cette année », se réjoui Daniel Séguin, de Cineplex, jadis le plus important acteur dans l'industrie au Canada et qui ne gère aujourd'hui plus que le Ciné-parc Odéon de Boucherville. « Ça a commencé avec Avengers en mai, puis on a eu Monde jurassique et Sens dessus dessous. La température et le genre de films sont les deux facteurs importants. »

Les ciné-parcs font partie de l'imaginaire de l'Amérique depuis la Deuxième Guerre mondialeLes ciné-parcs font partie de l'imaginaire de l'Amérique depuis la Deuxième Guerre mondiale Photo : iStock

L'attrait du vintage et du bon marché

Pendant l'âge d'or des ciné-parcs au milieu des années 80, une trentaine de cinémas en plein air opéraient partout au Québec. Depuis la fermeture, en septembre dernier, de l'établissement de Saint-Nicolas, sur la rive sud du fleuve dans la région de Québec, seulement cinq ciné-parcs existent encore dans la province, dont quatre dans la grande région de Montréal.

Les coûts de la conversion numérique, la valeur élevée des terrains et une désaffection générale pour le cinéma sur grand écran ont convaincu la plupart des propriétaires de fermer leurs portes.

Un changement semble toutefois se dessiner dans l'industrie. Selon les propriétaires de ciné-parc, beaucoup de jeunes parents qui n'ont pas fréquenté les ciné-parcs depuis quelques années veulent faire vivre cette expérience empreinte de nostalgie.

« Le goût d'aller au ciné-parc est souvent lié à la première visite quand on est jeune, ajoute Daniel Séguin. On y est allé avec ses parents, et plus tard, on veut le faire découvrir à ses propres enfants. »

Pour voir cette carte sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre)

« L'attrait du côté vintage du ciné-parc y est pour beaucoup, renchérit Jean-Yves Martel, qui a relancé le Ciné-Parc Orford l'été dernier avec deux associés. Mais avec la nouvelle technologie, il s'agit aujourd'hui d'une expérience complètement différente. Le numérique, c'est 5 à 10 fois mieux que la pellicule. Et le son est bien meilleur avec les systèmes de qualité qu'on a dans les voitures aujourd'hui. »

Finies donc les projections floues et la perte de définition dans les scènes de films sombres. Le prix abordable d'une sortie au ciné-parc est un argument de plus pour le jeune public.

« Avec l'été et les vacances, on privilégie les films pour enfants. Beaucoup de familles fréquentent le ciné-parc, c'est une sortie pas très chère, elles peuvent apporter leur propre nourriture. Les jeunes de 5, 6 ou 7, ça leur fait de beaux souvenirs. »

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