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Le bruit des concerts au parc Jean-Drapeau pourrait être réduit dès cette semaine

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La juge Corriveau de la Cour supérieure du Québec pourrait décider dès vendredi de limiter le volume des concerts au parc Jean-Drapeau. Elle a pris la cause en délibéré après avoir entendu mercredi les arguments qui opposent la Ville de Saint-Lambert à la Ville de Montréal et son partenaire Evenko.

Un texte de Thomas GerbetTwitterCourriel

Saint-Lambert demande à la Cour supérieure d'imposer une limite de 95 dB sur les lieux du spectacle afin que la pression sonore aux résidences de ses citoyens ne dépasse pas les 60 dB. Des niveaux de bruit de 108 dB ont été enregistrés sur le parterre d'un concert l'été dernier et 68 dB à une résidence de Saint-Lambert.

L'avocat de la ville de banlieue, Alain Chevrier, demande que soit rétablie la limite de bruit qu'imposait Montréal avant l'été 2014, soit 60 dB à la résidence du plaignant. Il affirme que c'est à la demande d'Evenko que Montréal ne fixe plus de limites aux spectacles de l'île Sainte-Hélène.

On ne demande pas un arrêt des spectacles, mais une diminution du niveau de bruit.

Alain Chevrier, avocat de Saint-Lambert

Saint-Lambert fait valoir que, en raison des basses fréquences, les citoyens du quartier résidentiel situé à moins de 2 kilomètres du parc Jean-Drapeau souffrent de pertes de sommeil et de conséquences néfastes sur leur confort et leur bien-être. Par ailleurs, l'avocat Alain Chevrier accuse les défenderesses d'avoir orienté les haut-parleurs des concerts vers la Rive-Sud.

Saint-Lambert cible les événements musicaux qui se déroulent entre 19 h et 23 h. Voici quelques exemples :

  • Full Flex Express Tour (10 juillet)
  • Osheaga (du 31 juillet au 2 août)
  • Heavy Montréal (du 7 au 9 août)
  • ÎleSoniq (14 et 15 août)

La Ville de Montréal se défend

L'avocat de la Ville de Montréal rejette les arguments de Saint-Lambert voulant que le bruit des concerts constitue un contaminant au regard de la loi sur la qualité de l'environnement. « Ce n'est pas un contaminant ordinaire », fait-il valoir. « Le droit est inexistant » à ce propos, mentionne-t-il, précisant que le bruit peut être nuisible à certains citoyens et pas pour d'autres.

L'avocat de la Ville de Montréal plaide aussi qu'il n'y a pas de caractère d'urgence à cet enjeu puisque les plaintes existent depuis plusieurs années. Selon lui, baisser le son pourrait avoir un impact sur la « réputation » et l'« image » de Montréal auprès des artistes internationaux.

Saint-Lambert a comptabilisé 75 activités bruyantes l'été dernier, dont plusieurs le jour, comme le Piknik Électronik. Mais la cause ne concerne pas le Grand Prix de Formule 1 et les feux d'artifices qui, bien que bruyants, sont le jour pour le premier et d'une durée limitée pour le second.

Les arguments d'Evenko

« Le bruit n'est pas un caprice d'artiste », a dit l'avocat d'Evenko. Il explique que les artistes veulent contrôler la console pour modifier le son selon le moment du spectacle, le bruit ambiant et les cris de la foule.

« Les artistes exigent une puissance entre 105 et 120 dB », affirme l'avocat. Il a présenté un affidavit du directeur de tournée de Madonna et un autre de celui de U2 qui exigent un minimum de 102 dB. « Ils ne peuvent pas jouer à 95 dB », affirme-t-il. De toute façon, selon lui, la foule elle-même dépasse parfois le bruit de 95 dB.

L'avocat invoque aussi l'impact du vent et des conditions atmosphériques sur le volume perçu.

Il affirme par ailleurs, données à l'appui, que des sons de plus de 60 dB ont été enregistrés à Saint-Lambert à des moments où il n'y avait pas de spectacle au parc Jean-Drapeau.

Société