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Après la Grèce, faut-il aussi s'inquiéter de la Chine?

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les effets de la correction boursière en Chine dépassent les frontières du pays et s'ajoutent à l'inquiétude des investisseurs, déjà préoccupés par les tumultes de la crise grecque. Mais qu'arrive-t-il à l'économie chinoise? Décryptage en cinq questions.

Un texte d'Éric LaroucheTwitterCourriel

1. Comment la Chine en est-elle arrivée là?

Les forts taux de croissance ne sont plus au rendez-vous. La Chine connaîtra cette année la plus faible progression de son produit intérieur brut (PIB) depuis 30 ans, soit 6,8 %, selon le Fonds monétaire international (FMI).

Pour consulter ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

Plusieurs raisons expliquent le repli de la croissance chinoise. La morosité de l'économie mondiale pèse sur celle de la Chine, un pays exportateur, surtout depuis la crise financière de 2008-2009. En plus du ralentissement de la production, le marché immobilier chinois est en cause.

Après une surchauffe dans les années 2000, ce secteur se dégonfle et des investisseurs se tournent massivement, surtout depuis l'an dernier, vers les bourses. En mars seulement, 5 millions de comptes de courtage ont été ouverts en Chine.

Environ 80 % des investisseurs à la Bourse de Shanghai sont de petits épargnants qui, la plupart du temps, ont une connaissance très limitée de la finance.

De plus, les baisses répétées des taux d'intérêt ont incité des investisseurs à emprunter pour investir, alimentant la spéculation.

Avant la correction boursière de la mi-juin, l'indice Shanghai Composite avait bondi de 150 % en un an, mais cette envolée ne correspondait en rien à ce qui se passait dans l'économie réelle du pays. Une correction était inévitable.


2. Pourquoi l'indice Shanghai Composite dégringole-t-il?

Des investisseurs sont devenus nerveux après l'annonce de mesures pour restreindre des transactions. Certains ont vendu leurs titres, engendrant un mouvement devenu incontrôlable. En trois semaines, la Bourse de Shanghai a perdu plus de 30 % de sa valeur.

Pour consulter ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre)

À la mi-juin, la Commission chinoise de régulation des marchés financiers annonçait vouloir limiter les emprunts des particuliers qui investissent en bourse. Le lendemain, les cours commençaient leur descente.


Des investisseurs devant les cours de la Bourse de ShanghaiAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des investisseurs devant les cours de la Bourse de Shanghai

Photo : Reuters / Aly Song

3. Comment Pékin soutient-il le marché financier?

Pour aider son économie et tenter de faire remonter les bourses, la Chine a abaissé une fois de plus ses principaux taux d'intérêt, fin juin, tout en réduisant le ratio des réserves obligatoires pour les banques, espérant ainsi favoriser le crédit et simuler la consommation interne.

La Commission de régulation des marchés financiers a aussi assoupli ses règles restreignant les emprunts pour les investisseurs et a abaissé les frais de transactions boursières. Les introductions en bourse ont aussi été arrêtées pour l'instant.

Pendant ce temps, plus de 1300 entreprises chinoises ont suspendu leur cotation pour tenter de se protéger de la correction boursière. Elles représentent environ 40 % de la capitalisation boursière du pays. Les plus importantes firmes de courtage ont également indiqué qu'elles n'allaient pas vendre leurs actions et investir au moins 120 milliards de yuans (environ 25 milliards de dollars) pour en acquérir d'autres.

En huit mois, la Banque centrale chinoise a réduit à quatre reprises ses principaux taux d'intérêt, sans parvenir pour autant à relancer sa croissance.


4. Quelles sont les répercussions ailleurs dans le monde?

Tout dépendra si les bourses chinoises continuent à baisser ou si les investisseurs y voient des occasions d'affaires.

Essentiellement, les pertes touchent des investisseurs chinois. Seulement 5 % des capitaux de la Bourse de Shanghai sont détenus par des étrangers, ce qui limite les risques de contagion ailleurs dans le monde.

Courtiers à la Bourse de New YorkAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Courtiers à la Bourse de New York

Photo : Reuters / Lucas Jackson

Toutefois, l'économie chinoise pourrait en subir les contrecoups si la situation se détériorait. « Ce qui est préoccupant, c'est que l'explosion de cette bulle pourrait franchement affecter une croissance chinoise qui est déjà en train de ralentir », estiment des experts de la maison de courtage Charles Schwab, et la Chine est souvent vue comme l'un des moteurs de l'économie mondiale.

« La confiance des investisseurs envers les marchés étant brisée, il est très difficile de dire quand le marché va se stabiliser et se remettre de sa récente chute. »

— Une citation de  Zhang Qi, analyste chez Haitong Securities

Selon l'analyste Zhang Qi, l'indice Shanghai Composite pourrait rebondir d'environ 5000 points, aux alentours des 4000 points, dès le mois prochain. Quoi qu'il en soit, même lorsque les cours boursiers chinois se redresseront, les faiblesses de l'économie du pays resteront, notamment l'endettement élevé et une croissance insuffisante. D'autres réformes seront nécessaires.


5. Peut-on comparer la situation en Chine à celle de la Grèce?

Non. La Grèce peine à se relever d'une profonde récession qui a duré plusieurs années. Le pays est lourdement endetté et le chômage touche un travailleur sur quatre.

Même si sa croissance ralentit, la Chine continue à afficher une progression de son PIB. L'État occupe toujours une grande place dans l'économie chinoise et le pays, contrairement à la Grèce, qui est dans la zone euro, peut contrôler ses taux directeurs et influer sur le taux de change de sa monnaie pour pousser l'activité économique.

Pour voir le graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici. (Nouvelle fenêtre)

Avec les informations de Bloomberg, Agence France-Presse, et Reuters

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