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L'industrie du taxi doit se moderniser, dit Poëti

Les explications de Jean-Sébastien Cloutier
Radio-Canada

Le sommet du taxi s'est ouvert par une mise en garde du ministre des Transports, Robert Poëti, aux représentants de l'industrie : le statu quo doit faire place à l'innovation.

« Je ne vous ai pas réunis aujourd'hui pour parler de transport illégal, a-t-il lancé. L'objectif de la journée est de changer la menace en opportunité, tout simplement. »

Selon lui, l'objectif de cette rencontre réclamée autant par les citoyens que par les représentants du taxi doit servir à « offrir un meilleur service à la population et [à] fidéliser la clientèle ».

Comprenez-moi bien, le statu quo n'est plus une option viable.

Robert Poëti, ministre des Transports

Des représentants d'entreprises de taxi, des aéroports et des partis politiques à l'Assemblée nationale participent au sommet. En tout, plus d'une vingtaine d'organisations y sont représentées. 

Et si UberX ne fait pas partie de cette liste, il risque d'être l'éléphant dans la pièce. Le ministre Poëti s'est d'ailleurs senti obligé de rappeler sa position sur le transport illégal.

« Je l'ai dit à plusieurs reprises et je le redis aujourd'hui encore une fois pour que ce soit bien clair entre nous : comme ministre des Transports, je m'oppose vigoureusement au transport illégal sous toutes ses formes », a-t-il rappelé.

UberX permet à des individus de proposer des trajets à des citoyens dans leurs propres véhicules, et ce, sans permis. L'arrivée de l'entreprise a provoqué la colère des chauffeurs de taxi, qui y voient une concurrence déloyale.

Selon le ministre, 250 voitures ont été saisies depuis le début de l'année. Mais si la répression reste un outil à la disposition des autorités, « ce n'est pas le seul, et ce n'est peut-être pas le meilleur ».

Pour la députée péquiste Martine Ouellet, ce n'est toutefois pas suffisant. « Le ministre ne fait que répéter qu'il s'oppose à UberX, mais ne pose aucun geste concret pour l'arrêter une fois pour toutes. Il doit intervenir avant que la situation ne dégénère, comme c'est actuellement le cas en France », a-t-elle déclaré. 

La techno, un nouvel incontournable

L'ensemble des discussions du sommet se déroule à portes closes. Mais, parmi les sujets abordés, il y a la nécessité – ou non – de créer une association professionnelle, pour les chauffeurs de taxi, la tarification, la sécurité des passagers, ainsi que la mise en place de la Politique sur l'industrie du taxi à Montréal, rendue publique l'automne dernier.

Cette politique prévoit notamment de rendre obligatoire la possibilité de payer par voie électronique dans tous les taxis ainsi que l'installation de caméras de surveillance et d'écrans interactifs.

Pour le président de la Chambre de commerce de Montréal, Michel Leblanc, l'inclusion de la technologie dans le transport par taxi est devenue un incontournable.

Ce qu'on entend aujourd'hui, c'est encore un reste de déni. Ce n'est pas clair si tout le monde dit qu'on va bouger vite, mais la plupart des gens dans cette salle sont conscients de [l’importance de] l'innovation technologique.

Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce de Montréal 

Selon lui, une application comme celle d'UberX, qui permet d'enregistrer un mode de paiement et favorise le covoiturage, fait partie de la solution. 

« UberX joue la carte très arrogante où on n'a pas besoin de se conformer aux règles, ajoute M. Leblanc. Ça, je ne pense pas que ça va être la voie de l'avenir. Mais il y a quelque chose dans l'autopartage, le covoiturage, le covoiturage même organisé par une application. Ça, je pense que c'est la voie de l'avenir. »

Si UberX occupe la majorité des discussions en coulisses, il ne faut pas oublier le problème de la situation financière des chauffeurs, affirme le président du Regroupement des propriétaires et chauffeurs de taxi de Montréal, Max-Louis Rosalbert. 

« Le transport illégal, c'est le pire, mais il faut penser à tous les problèmes qu'on avait et puis tenir compte surtout des artisans. La situation est très, très mauvaise », explique-t-il. 

L'arrivée du service Uber provoque des tensions avec le milieu du taxi partout dans le monde. Les chauffeurs de taxi dénoncent la concurrence des diverses dénominations du service Uber. Les taxis de Paris ont tenu une journée de grève et de manifestations qui a tourné à l'affrontement avec les forces de l'ordre.

Société