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Le patron du CHUM Jacques Turgeon démissionne

Les précisions de Sébastien Bovet

Nouveau coup de théâtre au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM). Jacques Turgeon, qui avait décidé de rester à la tête du CHUM après avoir démissionné en mars dernier, quittera finalement ses fonctions de président-directeur général à compter du 4 septembre 2015.

M. Turgeon avait dénoncé l'ingérence du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, dans le processus de nomination du nouveau chef du département de chirurgie.

Le ministre l'avait finalement convaincu de rester.

M. Turgeon a annoncé sa décision au ministre Barrette hier. 

En dépit des événements des derniers mois, je quitte le CHUM avec le sentiment du devoir accompli. Le CHUM est en bon ordre et le nouvel hôpital accueillera son premier patient à l'été 2016 comme prévu.

Jacques Turgeon

M. Turgeon explique avoir accepté l'offre d'une entreprise américaine du domaine de la santé, afin d'y poursuivre son travail en recherche et développement, entrepris il y a plus de trente ans. Jacques Turgeon affirme qu'il pourra ainsi travailler à l'amélioration de la qualité de vie des patients et à la réduction des hospitalisations.

« Dommage », dit Gaétan Barrette

Par voie de communiqué, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a déclaré « cette nouvelle est dommage pour le CHUM et je souhaite à M. Turgeon beaucoup de succès dans la poursuite de ses projets », a réagi M. Barrette par voie de communiqué. « M. Turgeon reste en poste jusqu'au début septembre, conformément à son contrat d'embauche, ce qui alloue le temps requis pour trouver un nouveau président-directeur général qui saura continuer les démarches dans la transition vers le nouveau CHUM ».

La direction du CHUM affirme qu'elle ne commentera pas la démission de Jacques Turgeon.

Un processus de nomination controversé

Le mois dernier, le commissaire à l'éthique a innocenté le ministre Barrette en concluant que ce dernier n'était pas intervenu de manière « abusive » dans le processus de nomination du chef de département de chirurgie, un poste prestigieux dans un établissement tel que le CHUM. 

La nomination controversée se trouvait au centre de la querelle ayant opposé le ministre à Jacques Turgeon, à l'époque directeur général du CHUM. Comme l'a relaté le commissaire à l'éthique, ce dernier « est sincère lorsqu'il dit avoir été placé devant un ultimatum du ministre ». En effet, Jacques Turgeon a toujours maintenu que Gaétan Barrette lui avait promis de le reconduire dans ses fonctions à condition qu'il maintienne en poste le chef du département de chirurgie, le Dr Patrick Harris.

Gaétan Barrette affirme de son côté qu'il n'a jamais posé une telle condition à M. Turgeon.

Il est à noter qu'après avoir accepté de revenir à la tête du CHUM, Jacques Turgeon avait été nommé pour trois ans président-directeur général de l'institution dans la foulée des changements apportés par la loi 10. Il occupait auparavant le poste de directeur général.

Pas de sanction

Au terme de son enquête menée à huis clos, le commissaire à l'éthique affirmait que « les éléments recueillis au cours de l'enquête ne sont pas concluants au sujet d'une manière abusive d'agir [...] ». En d'autres mots, même en ayant passé au peigne fin les divers éléments ayant mené à la crise, Jacques Saint-Laurent n'a pu déterminer avec précision ce qui s'était passé, les témoignages qu'il a recueillis étant trop contradictoires. Il n'a recommandé aucune sanction à l'encontre du ministre Barrette.

De l'avis du député péquiste de Verchères, Stéphane Bergeron, Gaétan Barrette s'est placé en situation de conflit d'intérêts « tentant d'influencer la décision du directeur général Jacques Turgeon et du conseil d'administration du CHUM ».

Retour à la case départ

Au CHUM, le comité de sélection qui devait nommer le nouveau chef du département de chirurgie du CHUM a rejeté de manière unanime les trois candidatures. Parmi elles, celle du Dr Patrick Harris, qui occupait ce poste depuis plusieurs années. C'est donc le retour à la case départ après des mois de controverse.

La porte-parole du CHUM, Irène Marcheterre, refuse de parler de désaveu des candidats en lice. Puisque toutes les discussions du comité de sélection ont eu lieu à huis clos, il a été impossible de savoir ce qui a motivé les huit membres du comité de sélection.

Société