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3000 sans-abri à Montréal

L'itinérance à Montréal

Radio-Canada

La Ville de Montréal possède maintenant un portrait plus précis du phénomène de l'itinérance sur son territoire. Un dénombrement mené le 24 mars dernier, avec l'aide de centaines de bénévoles, révèle que 3016 personnes se trouvaient en situation d'itinérance cette nuit-là.

C'est 10 fois moins de sans-abri que les estimations souvent avancées par les milieux communautaires, qui faisaient état de 30 000 itinérants à Montréal.

La ville compterait ainsi moins d'itinérants pour 10 000 habitants que Vancouver (sans sa région métropolitaine), Edmonton, Calgary et Toronto.

Quelques faits saillants du recensement : 

  • 76 % des personnes en situation d'itinérance sont des hommes
  • 54 % de personnes qui sont dans des logements de transition sont des femmes
  • 44 % des personnes en situation d'itinérance sont nées à Montréal, et 16 % ailleurs au Québec
  • 16 % de la population itinérante sont des immigrants alors qu'ils représentent 33,2 % de la population de Montréal
  • 10 % des itinérants recensés sont des Autochtones, alors que ceux-ci forment 0,56 % de la population montréalaise
  • Les anciens combattants représentent 6 % des personnes dénombrées.

Les chiffres révélés mardi par le maire Denis Coderre ne comptabilisent toutefois pas ce qu'on appelle l'« itinérance cachée », c'est-à-dire les personnes hébergées chez des amis ou qui ont passé la nuit dans des motels ou des maisons de chambres, sans avoir de domicile fixe. Il y aurait environ 300 personnes dans cette situation à Montréal, selon le rapport.

Fin mars, une armée de 1000 bénévoles et intervenants a sillonné la métropole pour faire le décompte des personnes en situation d'itinérance et recueillir des informations à leur sujet. En plus des rues, ils sont allés dans les stations de métro, les refuges, les maisons de transition, ainsi que dans des centres commerciaux et des restaurants ouverts 24 heures sur 24.

Le Centre de recherche de l'Institut universitaire en santé mentale Douglas avait été mandaté par la Ville de Montréal pour réaliser le recensement « Je compte MTL 2015 », en partenariat avec le YMCA et cinq grands refuges pour sans-abri.

Quelque 1500 questionnaires détaillés ont été remplis. Ils nous permettent notamment d'apprendre que les principales causes de l'itinérance sont des problèmes financiers, de dépendance aux drogues et à l'alcool et des problématiques liées à la violence. 

Des données pour mieux lutter contre l'itinérance

La Ville de Montréal souhaitait avoir des données fiables sur lesquelles elle baserait son plan d'action pour lutter contre l'itinérance, présenté en 2014

« Le dénombrement des personnes en situation d'itinérance était l'une des priorités de notre Plan d'action montréalais en itinérance 2014-2017 », a déclaré M. Coderre. « Les résultats des travaux menés par l'équipe de l'Institut Douglas offrent un portrait clair du phénomène d'errance à Montréal. Ces données sont précieuses dans la mesure où elles nous permettront à la fois de mieux comprendre la réalité de l'itinérance et d'agir plus efficacement afin de l'endiguer. »

Le maire a également souligné les multiples visages de l'itinérance et l'importance d'élaborer des stratégies selon les diverses problématiques. Par exemple, les itinérants avec des problèmes de toxicomanie nécessitent des interventions différentes de ceux qui ont des relations conflictuelles avec l'autorité, dit le rapport.

La présence d'un grand nombre d'anciens combattants (6 %) révèle aussi une autre facette de l'itinérance, probablement liée à des syndromes post-traumatiques, selon le maire Coderre.

« Pour bien gérer un phénomène aussi complexe que l'itinérance, il faut d'abord pouvoir le mesurer », a ajouté la responsable de l'itinérance au sein du comité exécutif de la Ville de Montréal, Monique Vallée. « En utilisant dans le futur une méthodologie comparable, nous pourrons vérifier si le phénomène est croissant ou décroissant et moduler notre action en conséquence. »

L'itinérance n'est pas uniquement l'affaire de l'administration municipale, estime toutefois le maire Coderre. « Il faut travailler avec le communautaire. Il faut travailler avec les organismes qui s'occupent de l'intégration des immigrants, [les organismes] qui sont voués à toute la question autochtone, [ceux] qui travaillent au niveau du logement social. »

La deuxième phase du plan d'action 2014-2017 de la Ville consiste à désigner un protecteur des personnes en situation d'itinérance. Ce dernier devra évaluer les mesures mises en place pour venir en aide aux sans-abri, en plus de formuler des recommandations à l'administration de la Ville.

Société