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Après le non, trois scénarios pour l’avenir de la Grèce

Un Grec regarde les journaux

Photo : Reuters / Christian Hartmann

Radio-Canada

Un troisième plan d'aide, un divorce à l'amiable ou une sortie désorganisée de la Grèce de la zone euro : voilà trois hypothèses de ce qui pourrait se produire au cours des prochaines semaines. Le message des Grecs a été clair : « oxi », non aux réformes d'austérité dictées par les créanciers. L'avenir du pays, lui, reste incertain.

Un texte d'Éric LaroucheTwitterCourriel

Le gouvernement grec et les principaux partis d'opposition espèrent toujours en arriver à une entente avec les créanciers « dans le cadre européen ». D'ailleurs, le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a démissionné, avançant que les négociations se dérouleront mieux sans lui. Un sommet de la zone euro est prévu mardi à Bruxelles.

Le temps presse pour Athènes. Sans l'assistance financière de ses créanciers, la Grèce n'est pas parvenue à rembourser 1,6 milliard d'euros au Fonds monétaire international (FMI) le 1er juillet, et sa prochaine échéance, une dette de 3,5 milliards d'euros à la Banque centrale européenne, est le 20 juillet.

D'après le FMI, la Grèce aura besoin d'au moins 50 milliards d'euros au cours des trois prochaines années.


1. UN TROISIÈME PLAN D'AIDE

« La porte est toujours ouverte » à un accord avec Athènes, a déclaré Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière allemande, Angela Merkel. Mais l'Europe est-elle prête à renégocier la dette grecque pour garder le pays dans la zone euro?

Fin juin, le gouvernement grec était d'accord pour mettre en place une série de réformes réclamées par ses créanciers, dont le report de deux ans de l'âge de la retraite, le gel des pensions et un renforcement de la lutte contre la fraude fiscale et la contrebande, mais il réclamait aussi un allégement des conditions de remboursement de sa dette, 322 milliards d'euros, soit l'équivalent de 174,9 % de son PIB à la fin de 2014.

En 2012, la Grèce avait bénéficié d'un plan d'allégement de sa dette. Un autre rééchelonnement de la dette est l'une des options envisageables. Concrètement, les échéances des remboursements pourraient être reportées ou les taux d'intérêt, revus à la baisse. Toutefois, il semble peu probable que les créanciers, l'Allemagne en tête, acceptent d'effacer une partie de la dette grecque.

Pour consulter ce graphique sur l'endettement de la Grèce sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre)


2. UN DIVORCE À l'AMIABLE

Si les pourparlers échouent quant à un autre plan de soutien, les dirigeants européens et la Grèce pourraient s'entendre sur une sortie du pays de la zone euro, mais Athènes resterait dans l'Union européenne. Le pays compterait sur le soutien technique et politique de l'Europe, mais sans la monnaie unique.

En ramenant la drachme et avec une devise dévaluée, les exportations seraient stimulées, tout comme le tourisme. En contrepartie, les produits importés seraient plus chers et le pouvoir d'achat des Grecs, réduit. Pendant ce temps, la banque centrale de Grèce injecterait des billets dans le système monétaire pour éviter la faillite.

Le secteur bancaire grec continuerait à bénéficier du soutien de la Banque centrale européenne (BCE). Athènes et ses créanciers devraient préalablement s'être entendus sur la restructuration de la dette grecque.

Pour consulter ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre)

Le « Grexit »?

Pour parler de la sortie éventuelle de la Grèce de la zone euro, des médias utilisent depuis quelques mois l'expression « Grexit », qui vient de la contraction de Greece et exit.


3. UNE SORTIE DÉSORGANISÉE DE LA ZONE EURO

Sans accord, la Grèce ne parviendra pas à rembourser la BCE au 20 juillet. Si Athènes ne paie pas, l'institution pourrait réduire, puis suspendre ses liquidités aux banques grecques.

En l'absence du soutien de la BCE, les banques grecques, qui étaient toujours fermées lundi pour éviter une fuite des capitaux, seront confrontées à la faillite. Athènes ne parviendra pas à les sauver ni à payer ses fonctionnaires et les prestations des retraités.

L'une des solutions pour la Grèce serait d'émettre des reconnaissances de dette auprès de sa population, qui deviendrait une espèce de monnaie parallèle. Pendant ce temps, l'euro continuerait à se déprécier par rapport aux autres devises. L'économie grecque s'enfoncerait.

Les pays de la zone euro peuvent exercer des pressions financières pour inciter la Grèce à abandonner l'euro, mais ils ne peuvent pas juridiquement l'exclure. 

Athènes

Des gens boivent sur une terrasse à Athènes, capitale grecque.

Photo : Reuters / Jean-Paul Pelissier

À terme, la Grèce pourrait choisir de retourner à la drachme : monnaie dévaluée, baisse du pouvoir d'achat, exportations et tourisme à la hausse. Le pays ne serait pas pour autant en mesure de rembourser ses créanciers.

La banque d'investissement Natixis estime que si la Grèce fait un défaut de paiement sur l'ensemble de sa dette, abandonne l'euro et dévalue sa nouvelle monnaie de 30 %, le pouvoir d'achat des Grecs diminuerait de 10 %, mais le PIB du pays augmenterait de 3 %, tiré par les progressions des exportations et du tourisme.

Reste à voir les effets de contagion qu'aurait un tel scénario sur l'ensemble de l'Europe. 

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Le Monde

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