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Appuis au gouvernement grec dans les rues de Montréal

Le reportage de Pascal Robidas
Radio-Canada

Plus de 200 personnes se sont rassemblées cet avant-midi devant le consulat de la Grèce au centre-ville de Montréal pour appuyer le camp du non dans le cadre du référendum qui se tiendra demain. 

De nombreux Montréalais d'origine grecque ont participé à cette manifestation organisée par des syndicats et Québec solidaire pour démontrer leur soutien envers le gouvernement du premier ministre Alexis Tsipras, qui appelle la population à rejeter les mesures d'austérité exigées par les créanciers internationaux de la Grèce.

Drapeaux grecs et pancartes à la main, les manifestants ont scandé haut et fort leur appui au camp du non. Pour eux, le peuple grec doit se tenir debout face à l'Europe et refuser de nouvelles mesures d'austérité.

« Ça fait cinq ans que les mesures d'austérités ont commencé et les choses sont pires qu'avant », dit Ilias Hondronicolas la foule. « Tous les Grecs, ils ont des problèmes, ils n'ont pas de travail. Donc, on doit faire quelque chose pour montrer que c'est assez », lance George Lemontzoglou.  

Pour eux, une victoire du non n'est pas synonyme de l'expulsion de la Grèce de la zone euro. Les manifestants pensent plutôt que le gouvernement d'Alexis Tsipras aura un meilleur rapport de force avec ses créanciers pour négocier une entente jugée satisfaisante par Athènes.

Je pense que les Grecs vont voter avec le coeur. Pour la majorité, ils n'ont plus d'argent, ils n'ont rien à perdre, pis ils ne vont pas se vendre à l'Europe.

La manifestante Angela Kallianiotis

Québec solidaire appuie la démarche du gouvernement grec.

Pour le député Amir Khadir, l'austérité étouffe l'économie en Grèce comme ici, au Québec. « Il y a un entêtement de la part des ayatollahs de l'austérité comme Angela Merkel, comme un peu M. Couillard et M. Coiteux aujourd'hui de refuser ce qui est l'évidence, c'est-à-dire que l'austérité ne marche pas. »

Mais le référendum grec n'aura pas l'effet d'un coup de baguette magique.

Selon l'économiste Mathieu Bédard, sa légitimité pourrait être contestée par l'Europe. « C'est un peu comme si vous étiez surendetté et que vous disiez à vos créanciers "attendez, je vais organiser un référendum avec les membres de ma famille pour savoir si je vous paye ou pas". »

La Grèce déchirée

Si à Montréal, c'est le camp du non qui s'affiche, en Grèce, les récents sondages montrent un pays profondément divisé.

Vendredi, le quotidien grec Ethnos donnait le oui gagnant à 44,8 % contre 43,4 % pour le non. Ce sondage, réalisé par un institut respecté, Alco, fait toujours état d'environ 12 % d'indécis. Une autre enquête d'opinion publiée dans le journal Agvi met le non à 43 % contre 42,5 % pour le oui.

Ces coups de sonde marquent un revirement dans les intentions de vote. Jusqu'à vendredi, la seule enquête d'opinion complète à avoir été publiée depuis l'annonce du référendum donnait le non en tête, avec 54 %, et 33 % pour le oui.

D'après le reportage d'Olivier Bachand

Société