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À l'approche du référendum, la Grèce plus que jamais déchirée sur l'Europe

Le premier ministre grec Alexis Tsipras s'adresse à la foule lors d'un rassemblement pour le non, à Athènes, vendredi 3 juillet.

Le premier ministre grec Alexis Tsipras s'adresse à la foule lors d'un rassemblement pour le non, à Athènes, vendredi 3 juillet.

Photo : Jean-Paul Pelissier / Reuters

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

En Grèce, la plus haute juridiction administrative a levé vendredi le dernier obstacle qui se posait à la tenue du référendum dans deux jours.

Le Conseil d'État a en effet rejeté le recours déposé par deux citoyens pour faire déclarer illégal ce scrutin. Un vote crucial par lequel la population acceptera ou rejettera les demandes de ses créanciers européens pour qui le salut économique du pays passe par une nouvelle cure d'austérité.

Dans leur requête au tribunal, les deux citoyens avaient argué que la Constitution du pays interdit que les questions budgétaires soient soumises à un référendum, que la question posée est vague et trop complexe et que la campagne référendaire de neuf jours est trop courte.

L'un des deux citoyens est un ex-juge du Conseil d'État qui, selon les médias, est dans le camp du oui et proche du parti de droite Nouvelle Démocratie. Le gouvernement de gauche radicale d'Alexis Tsipras, lui, pousse de tout son poids les Grecs à voter non. 

La contestation des deux particuliers a tourné court lorsque le juge du Conseil d'État, Nikos Sakellariou a déclaré que « le référendum allait se dérouler normalement ».

Les deux camps mobilisent leurs sympathisants

Les partisans du oui et du non au référendum de dimanche ont organisé vendredi soir deux grandes manifestations à Athènes, rassemblant chacune des milliers de personnes, alors que les sondages donnent ces options au coude à coude.

Les partisans du non étaient au moins 50 000 dans le centre d'Athènes. « Nous savons que les bailleurs de fonds nous fermeront la porte si nous disons non, mais nous devons nous battre », déclarait dans la foule un retraité de 65 ans, Irini Stavridou. « Nous devons nous battre, pas seulement pour la Grèce mais pour tous les peuples d'Europe. »

Le but du non c'est de renforcer le gouvernement dans ces négociations et ne plus avoir d'austérité.

Une citation de :Anastasia, enseignante pour le non

Des dizaines de milliers de partisans du oui se sont retrouvés quant à eux dans le stade Kallimarmaro.

« Je préfère voter oui, avoir encore quelques années d'austérité devant moi pour que mon enfant ait un meilleur avenir », affirme Marina Peppa, économiste de 45 ans au chômage.

« Nous sommes ici pour soutenir notre identité européenne. Nous avons conscience que l'austérité est dure, mais sans sacrifice, sans montrer aux autres notre volonté, nous allons être exclus et nous retrouver tout seul », analyse de son côté Mary Papadopoulou. Cette comptable de 37 ans regrette de voir « beaucoup de ses amis » tentés par le non.

Des partisans du oui rassemblés à Athènes, vendredi 3 juilletAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des partisans du oui rassemblés à Athènes, vendredi 3 juillet

Photo : Marko Djurica / Reuters

Un revirement dans les intentions de vote

L'issue du vote est loin d'être certaine, car de récents sondages prédisent des résultats contrastés.

Vendredi, le quotidien grec Ethnos donnait le oui gagnant à 44,8% contre 43,4% pour le non. Ce sondage, réalisé par un institut respecté, Alco, fait toujours état d'environ 12 % d'indécis.

Il montre aussi que 74 % des Grecs souhaitent le maintien de leur pays dans la zone euro, contre 15 % qui réclament le rétablissement d'une « monnaie nationale » et 11 % qui ne se prononcent pas.

Une autre enquête d'opinion publiée dans le journal Agvi met le non à 43 % contre 42,5 % pour le oui.

Ces coups de sonde marquent un revirement dans les intentions de vote. Jusqu'à présent, la seule enquête d'opinion complète à avoir été publiée depuis l'annonce du référendum donnait le non en tête, avec 54 %, et 33 % pour le oui.

Un garçon tient une affiche sur laquelle on peut lire : « non à la peur » lors d'une manifestation anti-austérité à Athènes, vendredi 3 juillet. Photo : REUTERS/Yannis Behrakis

La question soumise aux électeurs est la suivante :

« Le plan d'accord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international lors de la réunion de l'Eurogroupe du 25/06/12, qui comprend deux parties et constitue leur proposition commune, doit-il être accepté?

Le premier document est intitulé "Réformes pour l'achèvement du programme actuel et au-delà" et le second, "Analyse préliminaire de la soutenabilité de la dette". Non accepté/NON ; accepté/OUI ».


Vendredi, dans une allocution télévisée, le premier ministre Tsipras s'est voulu rassurant, estimant que l'avenir de la Grèce dans la zone euro n'était pas lié au vote et que les négociations avec les créanciers internationaux de la Grèce se poursuivraient après la consultation.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, Associated Press, et Le Monde

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