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Référendum en Grèce : remontée du oui

Scène de vie quotidienne à Athènes, touchée par la crise financière

Scène de vie quotidienne à Athènes, touchée par la crise financière

Photo : Marko Djurica / Reuters

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À deux jours du référendum en Grèce, le pays est plus divisé que jamais. Un nouveau sondage donne une légère avance au oui, avec 44,8 %, contre 43,4 % pour le non. Les électeurs doivent décider dimanche s'ils acceptent ou rejettent les propositions des créanciers internationaux, notamment destinées à juguler une dette équivalente à 180 % du produit intérieur brut (PIB) du pays.

Ce coup de sonde marque un revirement dans les intentions de vote. Jusqu'à présent, la seule enquête d'opinion complète à avoir été publiée depuis l'annonce du référendum donnait le non en tête, avec 54 %, et 33 % pour le oui.

Le sondage, réalisé par un institut respecté, Alco, et publié par le journal Ethnos, fait toujours état d'environ 12 % d'indécis.

Il montre aussi que 74 % des Grecs souhaitent le maintien de leur pays dans la zone euro, contre 15 % qui réclament le rétablissement d'une « monnaie nationale » et 11 % qui ne se prononcent pas.

Pour 43 % des électeurs, le scrutin de dimanche est aussi une consultation sur l'appartenance de la Grèce à la zone euro. Et 61 % des sondés pensent qu'une victoire du non accroîtra le risque d'une sortie de la Grèce de la zone euro.

Les Grecs sont aussi divisés sur le bien-fondé d'un tel référendum : 46 % pensent qu'il s'agit d'une mauvaise chose; 44 % sont de l'avis contraire.

Tsipras s'appuie sur le FMI

Vendredi, le premier ministre grec, Alexis Tsipras, a de nouveau appelé ses concitoyens à rejeter les propositions des créanciers internationaux lors du vote de dimanche, en s'appuyant sur le rapport du Fonds monétaire international (FMI) publié hier.

Le FMI y avance que le marasme des Grecs est tel qu'il faut alléger l'« insoutenable » dette du pays et injecter de l'argent frais. Une approche qui déroge de la nouvelle ronde de mesures d'austérité préconisées par les leaders européens, l'Allemagne en tête.

« Hier, un événement d'une importance politique majeure s'est produit », a dit Alexis Tsipras dans une allocution télévisée, au dernier jour de la campagne référendaire. « Le FMI a publié un rapport sur l'économie de la Grèce fournissant une justification majeure au gouvernement grec en ce qu'il confirme l'évidence : la dette grecque n'est pas viable. »

La position du FMI consiste à permettre à Athènes de ne pas rembourser sa dette pendant une période de grâce de 20 ans; et de ne pas avoir à faire de paiement final sur cette dette d'ici 2055. Le FMI estime également qu'il faut sur-le-champ relancer l'économie grecque par un fonds d'aide de 10 milliards d'euros à court terme et 50 milliards d'euros d'ici trois ans.

Sur la légitimité du référendum

De son côté, Valdis Dombrovskis, commissaire européen chargé de l'euro et du dialogue social, estime vendredi dans une entrevue au journal allemand Die Welt que le référendum grec n'est ni factuellement ni juridiquement correct, et qu'il serait faux de penser qu'une victoire du non renforcera la position de la Grèce aux négociations.

Il faudra sans doute plusieurs semaines pour mettre au point un troisième plan d'aide à la Grèce, ajoute-t-il, en assurant que l'Union européenne s'emploie à maintenir ce pays dans la zone euro.

Les critiques de ce commissaire européen envers les conditions de tenue du référendum ne sont pas les premières à voir le jour. Le Conseil de l'Europe a d'ores et déjà estimé que cette consultation n'était pas conforme à ses normes minimales en la matière.

Le Conseil d'État, tribunal administratif suprême grec, doit se prononcer aujourd'hui sur la constitutionnalité du référendum. Deux citoyens grecs cherchent à obtenir la suspension de la consultation, qu'ils estiment non constitutionnelle et illégale, en arguant que la campagne est trop courte, que la Constitution interdit que les questions budgétaires soient soumises dans un référendum, et plus généralement que la question posée est vague et trop complexe.

Nombre de Grecs pourraient bien ne pas être en mesure de voter, soit parce qu'ils se trouvent à l'étranger et doivent rentrer au pays pour participer, soit parce qu'ils n'ont pas assez d'argent pour se rendre dans leur circonscription, en raison des limitations imposées aux retraits d'argent.

Avec les informations de Reuters

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