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Scandale du CUSM : disparition d'Arthur Porter

L'annonce de la mort d'Arthur Porter suscite des doutes au pays
Radio-Canada

Arthur Porter, l'ex-directeur du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) accusé de fraude, est mort dans la nuit de mercredi dans un hôpital de Panama, selon sa femme et son médecin. L'homme de 59 ans souffrait d'un cancer du poumon.

Arthur Porter avait été hospitalisé en mai pour subir des tests.

C'est son biographe officiel, Jeff Todd, qui a annoncé sa mort par voie de communiqué. Il dit avoir appris la nouvelle d'un ami d'Arthur Porter, le Dr Karol Sikora, actuellement en Angleterre.

Pamela Porter, la femme d'Arthur Porter, a affirmé à CBC que deux de leurs filles sont en route pour le Panama pour rapatrier son corps.

Il serait mort vers 23 h mardi, heure de Panama, dans un centre spécialisé dans le traitement du cancer, où il a passé les quatre dernières semaines.

Il confirme le décès, mais n'a pas vu le corps

Le médecin traitant et ami d'Arthur Porter, le Dr Roberto Lopez, chef du service de cancérologie à l'Instituto Oncologico Nacional de Panama, a signé le certificat de décès, bien qu'il n'ait pas vu son corps.

En entrevue téléphonique à Radio-Canada, le Dr Lopez dit qu'il soignait Arthur Porter depuis un an avec un traitement spécial, mais que son cancer du poumon s'était finalement étendu aux os et au foie.

Arthur Porter a été arrêté le 27 mai 2013 à l'aéroport du Panama, au moment où il était en transit, grâce à un mandat d'arrêt du Canada. Il était emprisonné depuis et contestait son avis d'extradition vers le Canada. Il était accusé d'avoir accepté 22,5 millions de dollars en pots-de-vin pour donner le contrat de construction du nouveau CUSM à la firme d'ingénierie SNC-Lavalin.

M. Porter, oncologue de profession, s'était lui-même diagnostiqué un cancer en 2012. Il affirmait suivre un traitement avec un médicament expérimental qu'il s'autoadministrait en prison.

Le commissaire spécial des Nations unies sur la torture, Juan Mendez, avait affirmé plus tôt cette année que les droits de M. Porter pourraient avoir été violés en prison au Panama. Le pays l'aurait gardé dans des conditions dégradantes et inhumaines en lui refusant l'accès à des soins médicaux.

Le Panama a affirmé en mars dernier qu'Arthur Porter a refusé à plusieurs reprises, et même par écrit, d'être transféré dans un hôpital public pour recevoir un diagnostic et des soins médicaux.

L'avocat d'Arthur Porter a répliqué que c'était le Canada qui avait refusé qu'Arthur Porter soit transféré dans un hôpital, de crainte qu'il ne s'évade.

Un parcours controversé

Originaire de la Sierra Leone, Arthur Porter a étudié la médecine à l'Université de Cambridge, au Royaume-Uni. Il est arrivé au Canada en 1980. Il a d'abord travaillé à Edmonton puis à London, avant d'occuper un poste dans un hôpital de Détroit, aux États-Unis, en 1991.

Il devient directeur du CUSM en 2004. Il faisait partie du Conseil privé de la reine depuis 2008, après que Stephen Harper l'eut nommé membre du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS). Il a été nommé président du CSARS en 2010, puis a abandonné cette fonction en 2011, peu avant sa démission de son poste de directeur du CUSM, fin 2011, dans la foulée d'allégations de mauvaise gestion.

À la suite du scandale du CUSM, M. Porter s'est établi aux Bahamas, où il dirigeait une clinique d'oncologie.

Sept autres personnes sont accusées dans la même affaire, dont son bras droit à l'époque, Yanaï Elbaz, l'ex-président-directeur général de SNC-Lavalin Pierre Duhaime, l'ancien vice-président de la firme de génie Riadh Ben Aïssa ainsi que Jeremy Morris, un administrateur de la société Sierra Asset Management.

Arthur Porter était père de quatre filles.

Pamela Porter a plaidé coupable à deux chefs d'accusation de recyclage des produits de la criminalité en lien avec l'affaire de son mari. Elle a été condamnée à 2 ans moins 1 jour d'emprisonnement et à une année de probation. En plaidant coupable, Pamela Porter s'est évité un procès.

Les autorités canadiennes devront tenter d'avoir une confirmation officielle du décès d'Arthur Porter, afin de mettre fin aux procédures d'extradition intentées contre lui.

Le CUSM a publié un très bref communiqué pour offrir ses condoléances à la famille d'Arthur Porter. « Le CUSM n'émettra aucun autre commentaire », peut-on lire.

Grand Montréal

Société