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Réduction des pesticides néonicotinoïdes : les producteurs de grains réclament le report des nouvelles règles

Yves Garez possède plusieurs centaines de milliers d'abeilles.

Yves Garez possède plusieurs centaines de milliers d'abeilles.

Photo : Radio-Canada/Vincent H. Turgeoin

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'Association des producteurs de grains de l'Ontario entame des procédures judiciaires pour faire reporter l'entrée en vigueur des nouvelles règles provinciales visant à réduire les pesticides de type néonicotinoïdes.

Un texte d’Andréanne BaribeauTwitterCourriel

Annoncé au début du mois, le règlement doit entrer en vigueur le 1er juillet, mais les producteurs jugent qu'il leur sera difficile de s'y plier à temps pour la prochaine saison des semences. Selon les nouvelles règles, un cultivateur qui voudrait planter des semences traitées aux néonicotinoïdes sur plus de 50 % de ses champs l'an prochain doit d'abord faire évaluer la présence de parasites.

Il s'agit d'un non-sens, selon Eric Gillespie, l'avocat qui représente l'Association des producteurs de grains de l'Ontario. La plupart des champs ont déjà été ensemencés avec des graines traitées au pesticide, dit-il, il faudra donc attendre au printemps prochain pour faire l'évaluation des parasites.

Ça ne laissera pas suffisamment de temps aux cultivateurs pour commander leurs semences et les recevoir à temps pour la prochaine saison.

Eric Gillespie, l'avocat qui représente l'Association des producteurs de grains de l'Ontario

L'Association demande à la Cour supérieure de reporter l'entrée en vigueur du règlement au moins jusqu'au printemps prochain. Le bureau du ministre de l'Environnement et de l'Action en matière de changement climatique n'a pas voulu commenter le dossier, puisque celui-ci se trouve devant les tribunaux. Toutefois, un porte-parole rappelle que la province a mené des consultations et apporté plusieurs modifications au règlement initial, qui vise ultimement à protéger les insectes pollinisateurs.

Apiculteur déçu

Tom Congdon, un apiculteur du sud-ouest ontarien, est quant à lui déçu de la position adoptée par l'Association des producteurs de grains. Il dit avoir déjà perdu 30 % de ses colonies d'abeilles ce printemps, ce qu'il attribue aux traces de néonicotinoïdes retrouvées dans ses ruches.

Il croit que les nouvelles règles provinciales représentent un pas dans la bonne direction, mais s'inquiète des effets à long terme des néonicotinoïdes dans l'environnement, même une fois que leur utilisation sera réduite.

Près de 100 % des semences de maïs et environ 60 % de celles de soya en Ontario sont traitées aux néonicotinoïdes. La province cherche à réduire ces chiffres de 80 % d'ici deux ans.

Pour la saison 2016, la province offre une exemption aux cultivateurs qui planteront des semences traitées sur moins de 50 % de leurs champs: ceux-ci n'auront pas besoin d'une évaluation des parasites.

Mais dès 2017, un rapport complet sera requis avant toute utilisation du pesticide ainsi qu'une preuve que le cultivateur a suivi une formation sur la lutte antiparasitaire intégrée.

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